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Parathormone intacte (PTH)

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. La PTH intacte est mesurée dans l’exploration des troubles du métabolisme phosphocalcique, notamment lorsque sont évaluées une hypocalcémie, une hypercalcémie ou une maladie rénale chronique; les résultats dépendent de la génération et de la méthode du dosage. Les intervalles publiés sont donc spécifiques à la méthode, à la population et aux critères de sélection; des intervalles adultes liés à l’âge et au statut en vitamine D ont été rapportés, ainsi qu’un intervalle distinct dans une cohorte ivoirienne.

À quoi sert cet examen

La mesure de la PTH est utilisée dans le bilan des troubles parathyroïdiens et dans l’évaluation de l’hypocalcémie, de l’hypercalcémie et de la maladie rénale chronique avec trouble minéral et osseux; elle peut aussi contribuer à l’évaluation périopératoire d’une chirurgie thyroïdienne ou parathyroïdienne [s5].

La PTH circulante comprend la forme biologiquement active 1–84 et des fragments; les fragments C-terminaux ont une clairance rénale plus lente et peuvent être davantage présents dans l’insuffisance rénale terminale, ce qui contribue aux différences entre méthodes [s1,s5].

Les dosages de deuxième génération dits « intact PTH » et de troisième génération PTH 1–84 ne sont pas interchangeables: dans 481 échantillons sud-africains, la médiane était de 9,85 pmol/L avec le dosage intact de deuxième génération contre 8,51 pmol/L avec le dosage PTH 1–84 de troisième génération, avec une corrélation r = 0,994 mais un biais moyen de 18,5 % [s5].

Valeurs de référence

Population et méthodeValeur ou intervalleUnité et conditions
Adultes de 18 à 95 ans, population cosmopolite de l’ouest de l’Angleterre; Abbott Architect i2000SR, dosage iPTH de deuxième génération; eGFR ≥60 mL/min, 25-hydroxyvitamine D >50 nmol/L, calcium ajusté à l’albumine et phosphate dans leurs intervalles de référence [s2]18–45 ans: 1,6–8,6; 46–60 ans: 1,8–9,5; 61–80 ans: 2,0–11,3; 81–95 ans: 2,3–12,3 [s2]pmol/L; intervalles d’âge dérivés par la méthode indirecte refineR à partir des 2,5e et 97,5e percentiles [s2]
Adultes apparemment sains aux États-Unis, 21–83 ans; 490 échantillons évaluables; dosage Elecsys PTH par immunoessai électrochimiluminescent [s3]Statut 25(OH)D ≥30 ng/mL: médiane 31,9, intervalle 17,9–58,6; >20 à <30 ng/mL: médiane 35,5, intervalle 17,0–60,4; ≤20 ng/mL: médiane 39,8, intervalle 19,5–86,4 [s3]pg/mL; intervalles = 2,5e–97,5e percentiles; la population initiale comptait 653 adultes, dont 56,7 % de femmes, 68,2 % de personnes blanches/caucasiennes et 28,6 % de personnes noires/afro-américaines [s3]
Donneurs de sang sains en Italie, 18–68 ans; 108 inclus pour le dosage de troisième génération et jusqu’à 78 pour le dosage intact de deuxième génération [s1]Dosage intact de deuxième génération: 10–57; dosage de troisième génération: 4,6–26,8 [s1]pg/mL; IRMA Total Intact PTH Scantibodies pour la deuxième génération et CLIA DiaSorin Liaison pour la troisième génération [s1]

Le laboratoire doit faire foi pour l’interprétation d’un résultat: les intervalles sont dépendants de la méthode, de la population de référence et des critères de sélection; les intervalles ci-dessus ne remplacent pas l’intervalle validé par le laboratoire utilisant le dosage [s1,s2,s4,s5].

Population et méthodeIntervalle de référenceUnité et précision
240 adultes sains d’Abidjan, Côte d’Ivoire; dosage PTH de troisième génération Fujirebio Lumipulse, participants avec statut phosphocalcique de référence [s4]6,1–35,8 [s4]pg/mL; intervalle non paramétrique, avec IC à 90 % pour la borne basse 5,4–8,0 et la borne haute 31,4–40,9 [s4]
Les mêmes 240 adultes ivoiriens; dosage PTH intact de deuxième génération Roche Elecsys [s4]15,9–71,7 [s4]pg/mL; IC à 90 % pour la borne basse 14,3–19,1 et la borne haute 64,4–84,2 [s4]

Dans cette cohorte ivoirienne, la borne supérieure du dosage de troisième génération était proche de celle observée chez des Caucasiens, tandis que celle du dosage intact de deuxième génération était plus élevée; ces données illustrent qu’un intervalle africain ne doit pas être transposé entre méthodes [s4].

Population et méthodeIntervalle de référenceUnité
215 enfants et adolescents sains âgés de 2,0 à 18,7 ans; dosage de la PTH intacte par immunoradiométrie à deux sites [s6]16,0–59,0 [s6]ng/L [s6]

Interprétation

Dans l’étude américaine, la PTH était plus élevée lorsque le statut en 25-hydroxyvitamine D était déficient: médiane 39,8 pg/mL avec 25(OH)D ≤20 ng/mL contre 31,9 pg/mL lorsque 25(OH)D était ≥30 ng/mL; l’étude rapportait une relation inverse significative entre PTH et 25(OH)D [s3].

Dans l’étude Abbott, la PTH augmentait avec l’âge dans les quatre partitions adultes; elle était aussi plus élevée chez les femmes que chez les hommes, mais des intervalles spécifiques à l’âge et au sexe n’ont pas pu être dérivés en raison de la taille limitée des sous-groupes [s2].

Dans la cohorte ivoirienne, la diminution de la fonction rénale était considérée comme un facteur pouvant augmenter la PTH lors de l’établissement d’un intervalle de référence; les résultats de patients hémodialysés étaient rapportés séparément et ne constituent pas un intervalle de sujets sains [s4].

Facteurs qui faussent le résultat

La génération et la spécificité du dosage modifient le résultat: les dosages de deuxième génération peuvent reconnaître certains fragments C-terminaux, tandis que les dosages de troisième génération ciblent plus spécifiquement les quatre premiers acides aminés de la PTH; les résultats doivent donc être interprétés avec la méthode utilisée [s1,s4,s5].

La PTH est instable dans le sang; dans l’étude sud-africaine, les échantillons étaient recueillis dans des tubes EDTA et inclus s’ils avaient été conservés entre 2 et 8 °C pendant au plus 48 heures, puis les deux méthodes étaient réalisées sur le même site [s5].

Pour établir un intervalle de référence, le statut en 25(OH)D, la fonction rénale, l’âge, le sexe, le statut ménopausique, l’indice de masse corporelle, l’origine de la population et la méthode analytique peuvent modifier la distribution observée; l’étude ivoirienne excluait notamment la carence en vitamine D et tenait compte de la fonction rénale [s2,s4].

Dans l’étude italienne, l’âge était positivement corrélé aux valeurs de PTH avec les deux méthodes; le calcium était négativement corrélé à la PTH uniquement avec le dosage de troisième génération, tandis que la 25(OH)D n’était pas corrélée aux valeurs de PTH dans cette série [s1].

Ne pas comparer directement des résultats obtenus avec des générations ou des méthodes différentes; le laboratoire doit préciser la méthode et utiliser son propre intervalle validé [s2,s4,s5].

Sources

  1. Censi S; Iacobone M; Simmini S; Manso J; Franceschet G; Plebani M; Frigo AC; Zaninotto M; Torresan F; De Silvestro G; Scaroni C; Mian C; Camozzi V.. PTH: Redefining Reference Ranges in a Healthy Population—The Role of Interfering Factors and the Type of Laboratory Assay (2020)
  2. Kalaria T; Lawson AJ; Duffy J; Agravatt A; Harris S; Ford C; Gama R; Webster C; Geberhiwot T.. Age-specific Reference Intervals of Abbott Intact PTH—Potential Impacts on Clinical Care (2024)
  3. Yalla N; Bobba G; Guo G; Stankiewicz A; Ostlund R.. Parathyroid hormone reference ranges in healthy individuals classified by vitamin D status (2019)
  4. Cavalier E; Sagou Yayo E; Attoungbre-Hauhouot ML; Konan JL; Yao-Yapo C; Monnet D; Gnionsahé A; Souberbielle JC; Delanaye P.. Vitamin D, bone alkaline phosphatase and parathyroid hormone in healthy subjects and haemodialysed patients from West Africa: impact of reference ranges and parathyroid hormone generation assays on the KDIGO guidelines (2019)
  5. Nhlapo N; Jacob D; Khoza S; Maphayi MR.. Comparison of second and third-generation parathyroid hormone assays at a tertiary hospital in South Africa (2025)
  6. Saggese G; Baroncelli GI; Bertelloni S.. Determination of intact parathyrin by immunoradiometric assay evaluated in normal children and in patients with various disorders of calcium metabolism (1991)