pH urinaire
Examen biologique : Fonction rénale et urines. Le pH urinaire mesure l’acidité ou l’alcalinité de l’urine et peut contribuer à l’évaluation du risque lithiasique et de troubles de l’équilibre acido-basique. Son interprétation dépend du contexte, du moment et des conditions de prélèvement ainsi que de la méthode; l’intervalle du laboratoire exécutant fait foi.
À quoi sert cet examen
Le test mesure le niveau d’acidité urinaire; il peut être demandé dans l’évaluation du risque de calculs urinaires, d’une acidose tubulaire rénale ou lorsque l’efficacité de certains médicaments dépend du caractère acide ou alcalin de l’urine [s1].
Le pH urinaire contribue à l’évaluation du risque lithiasique, car l’acidité ou l’alcalinité modifie la solubilité de constituants des calculs; il ne suffit pas, à lui seul, à établir une cause ou un diagnostic [s6].
La bandelette réactive estime le pH par lecture colorimétrique; une étude comparative en clinique rénale a trouvé des écarts entre bandelette et électrode, cette dernière servant de méthode de référence dans l’étude [s1,s3].
Valeurs de référence
| Population et portée [s1,s5] | pH urinaire [s1,s5] | Interprétation de la plage [s1,s5] |
|---|---|---|
| Plage générale publiée, sans stratification par âge ou sexe dans ces pages [s1,s5] | 4,6–8,0 [s1,s5] | MedlinePlus et UCSF Health rapportent cette plage générale; UCSF précise que les intervalles peuvent varier entre laboratoires [s1,s5]. |
Cette plage est un repère général, non un intervalle validé pour une méthode ou une population locale particulière; l’intervalle du laboratoire qui réalise l’analyse fait foi [s5].
Seuils de décision et gravité
| Repère contextuel [s6] | Valeur rapportée [s6] | Contexte et limite [s6] |
|---|---|---|
| Facteur associé à la formation de calculs d’acide urique [s6] | pH < 5,5 [s6] | Le Core Curriculum cite ce repère avec un faible volume urinaire et une hyperuricosurie; ce n’est pas une limite universelle de référence du pH urinaire [s6]. |
| Facteur favorisant les calculs de phosphate de calcium [s6] | pH généralement ≥ 6,2 [s6] | Repère rapporté dans le contexte de lithiases phosphocalciques, souvent avec hypocitraturie; ce n’est pas une limite universelle de référence [s6]. |
| Repère d’évaluation d’une acidose métabolique dans un bilan lithiasique [s6] | pH > 6,0 [s6] | Associé par la source à une suspicion d’acidose tubulaire rénale dans ce contexte; le pH isolé ne pose pas le diagnostic [s6]. |
Interprétation
Un pH urinaire bas peut être associé à une diarrhée, une acidose métabolique — notamment une acidocétose diabétique — ou au jeûne prolongé; ces associations ne suffisent pas à poser un diagnostic [s1].
Un milieu urinaire plus acide favorise la faible solubilité de l’acide urique et de la cystine, et peut ainsi être associé à la formation de calculs de ces types [s6].
Un pH urinaire élevé peut être associé à une acidose tubulaire rénale, une insuffisance rénale, une infection urinaire, des vomissements ou une aspiration gastrique; ces associations ne suffisent pas à poser un diagnostic [s1].
Un pH urinaire plus alcalin réduit la solubilité du phosphate de calcium et de la struvite et peut favoriser la formation de calculs correspondants [s6].
Facteurs qui faussent le résultat
L’alimentation peut modifier le résultat: MedlinePlus rapporte une hausse possible après une alimentation riche en fruits, légumes ou produits laitiers autres que le fromage, et une baisse possible avec une alimentation riche en poisson, viande ou fromage [s1].
Des médicaments peuvent influencer le résultat, notamment l’acétazolamide, le chlorure d’ammonium, le mandélate de méthénamine, le citrate de potassium, le bicarbonate de sodium et les diurétiques thiazidiques; ne pas interrompre un traitement sur la seule base de cette fiche [s1].
L’échantillon doit être analysé rapidement: le délai, l’absence de maîtrise de la température et l’absence de conservation appropriée lorsque l’analyse est retardée peuvent réduire la qualité des résultats d’urinalyse; l’exposition à l’air peut faire augmenter le pH par perte de CO₂ [s2,s3].
Le résultat varie selon la méthode: dans une étude de clinique rénale, la bandelette et l’électrode n’étaient pas toujours concordantes, ce qui limite l’interprétation de mesures par bandelette lorsqu’une précision accrue est requise [s3].
Le moment et le type de recueil comptent pour l’évaluation lithiasique: une étude comparant les urines à jeun et les recueils de 24 heures a rapporté une variabilité individuelle, de sorte qu’un échantillon ponctuel ne remplace pas nécessairement le recueil demandé dans ce contexte [s4].
Sources
- MedlinePlus Medical Encyclopedia. Urine pH test (2025)
- Joris Delanghe; Marijn Speeckaert. Preanalytical requirements of urinalysis (2014)
- Tsong Kwong; Caroline Robinson; Deborah Spencer; Oliver J. Wiseman; Fiona E. Karet Frankl. Accuracy of urine pH testing in a regional metabolic renal clinic: is the dipstick accurate enough? (2013)
- Giovanna Capolongo; Khashayar Sakhaee; Charles Y. C. Pak; Naim M. Maalouf. Fasting versus 24-h urine pH in the evaluation of nephrolithiasis (2011)
- UCSF Health. Urine pH test (2025)
- Shani Shastri; Jiten Patel; Kamalanathan K. Sambandam; Eleanor D. Lederer. Kidney Stone Pathophysiology, Evaluation and Management: Core Curriculum 2023 (2023)