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Phosphate urinaire

Examen biologique : Fonction rénale et urines. Le dosage du phosphate urinaire mesure la quantité de phosphate éliminée dans l’urine et peut contribuer à l’exploration d’un déséquilibre phosphaté sanguin, de calculs urinaires et de troubles rénaux ou parathyroïdiens. En cas d’hypophosphatémie, l’excrétion urinaire s’interprète avec des prélèvements sanguins concomitants et la créatinine dans l’évaluation du transport tubulaire.

À quoi sert cet examen

Le dosage mesure la quantité de phosphate présente dans un échantillon urinaire; la procédure présentée par MedlinePlus repose sur une collecte de 24 heures [s1].

Associé à d’autres examens, il peut aider à rechercher une cause à un taux sanguin de phosphate élevé ou bas, à évaluer si l’excrétion urinaire contribue à des calculs rénaux, et à explorer des problèmes rénaux ou parathyroïdiens [s1].

Pour évaluer le transport tubulaire en cas d’hypophosphatémie, le phosphate urinaire se mesure avec la créatinine urinaire et s’interprète avec le phosphate et la créatinine sanguins afin d’estimer la réabsorption tubulaire ou le TmP/GFR; le résultat urinaire isolé ne suffit pas à cette évaluation [s2,s3].

Seuils de décision et gravité

Dans une revue consacrée à l’évaluation de l’hypophosphatémie, une excrétion urinaire de phosphate supérieure à 100 mg/24 h, une fraction d’excrétion du phosphate supérieure à 5 %, ou un TmP/GFR inférieur à 2,1 mg/dL sont rapportés comme repères de perte rénale de phosphate dans ce contexte; la revue précise que les valeurs usuelles de TmP/GFR dépendent de l’âge et du sexe. Ces repères ne constituent pas un intervalle général pour un dosage urinaire isolé [s4].

Interprétation

Une faible excrétion urinaire peut s’observer lorsque le rein conserve le phosphate; en cas d’hypophosphatémie, un apport insuffisant ou une absorption intestinale réduite peuvent aussi influencer l’interprétation. Les recommandations avertissent que ces situations peuvent abaisser artificiellement le TmP/GFR jusqu’à normalisation du phosphate sanguin [s3,s4].

En présence d’hypophosphatémie, une excrétion urinaire qui reste élevée au regard du phosphate sanguin peut conduire à explorer une perte rénale de phosphate; son interprétation s’appuie sur des mesures concomitantes de sang et d’urine et sur les indices de réabsorption tubulaire [s2,s4].

Facteurs qui faussent le résultat

Pour une collecte de 24 heures, il faut écarter la première miction au début, recueillir toutes les mictions pendant la période puis inclure la miction de fin; MedlinePlus indique de conserver le récipient au réfrigérateur ou dans une glacière avec de la glace. Une collecte incomplète ou mal minutée peut compromettre l’estimation de l’excrétion quotidienne [s1,s6].

Pour le TmP/GFR, les recommandations décrivent des prélèvements de phosphate et de créatinine sur urine ponctuelle à jeun et sur sang; le protocole de consensus chez l’adulte précise une urine du deuxième matin, recueillie deux heures après la première miction, avec prélèvement plasmatique à jeun [s2,s3,s5].

L’excrétion urinaire dépend du contexte nutritionnel et rénal. Dans une étude de patients atteints de maladie rénale chronique, le phosphate urinaire de 24 heures ne reflétait pas de façon fiable l’apport ou l’absorption alimentaires; il ne doit donc pas être assimilé à lui seul à une mesure de l’apport alimentaire chez ces patients [s6].

Sources

  1. MedlinePlus. Phosphate in Urine: MedlinePlus Medical Test (2026)
  2. Erik A. Imel; Michael J. Econs. Approach to the Hypophosphatemic Patient (2012)
  3. Dieter Haffner et al.. Clinical practice recommendations for the diagnosis and management of X-linked hypophosphataemia (2019)
  4. Justine Bacchetta; Isidro B. Salusky. Evaluation of hypophosphatemia: lessons from patients with genetic disorders (2012)
  5. Iacopo Chiodini et al.. Areas of uncertainty on the diagnosis, treatment, and follow-up of hypophosphatemia in adults: an Italian Delphi consensus (2024)
  6. Elizabeth R. Stremke et al.. Twenty-Four-Hour Urine Phosphorus as a Biomarker of Dietary Phosphorus Intake and Absorption in CKD: A Secondary Analysis from a Controlled Diet Balance Study (2018)