Africa Medical DataUne plateforme de santé pour tous

Procalcitonine cardiaque (non standard; à ne pas confondre avec PCT infectieuse)

Examen biologique : Lipides et risque cardiovasculaire. Les études cardiovasculaires consultées mesurent la procalcitonine circulante (PCT) dans le sérum ou le plasma comme biomarqueur inflammatoire contextuel; elles l'étudient dans les syndromes coronariens, l'insuffisance cardiaque aiguë et la stratification du risque cardiovasculaire chez des adultes diabétiques, sans établir un intervalle de référence propre à une « PCT cardiaque ». Les résultats sont dépendants du contexte, du moment du prélèvement et de la méthode; dans un syndrome coronarien aigu, une étude a trouvé une valeur prédictive pour l'infection bactérienne mais pas pour les événements indésirables à long terme.

À quoi sert cet examen

Dans les articles consultés, la PCT est dosée dans le sang et étudiée comme biomarqueur inflammatoire associé à des contextes cardiovasculaires; une revue rapporte des travaux chez des patients avec dyspnée, insuffisance cardiaque possible, endocardite suspectée ou syndrome coronarien aigu. [s1,s2]

Dans une cohorte rétrospective monocentrique de 477 adultes soumis à une coronarographie, la PCT était plus élevée dans les groupes syndrome coronarien aigu et syndrome coronarien chronique que chez les témoins aux artères coronaires normales; l'exactitude diagnostique était modérée et les seuils issus de cette étude sont exploratoires. [s1]

Chez 80 adultes diabétiques de type 2 suivis à Yaoundé au Cameroun, la PCT sérique était modérément corrélée au score de risque cardiovasculaire ADVANCE; l'étude l'a présentée comme un marqueur potentiel de stratification dans cette population, et non comme un test diagnostique individuel. [s3]

Dans une étude de 569 patients avec syndrome coronarien aigu, la PCT prédisait l'infection bactérienne à l'admission, mais n'était pas un prédicteur indépendant du décès, de l'infarctus du myocarde ou de l'accident vasculaire cérébral à un an. [s5]

  • Dans une cohorte de 141 patients avec infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST, sans signe clinique d'infection, la PCT n'était pas corrélée à la taille de l'infarctus ni à l'obstruction microvasculaire aux temps étudiés. [s6]
  • Dans une étude préliminaire de 10 patients en choc cardiogénique après infarctus avec sus-décalage du segment ST, sans infection au prélèvement, la PCT a été mesurée quotidiennement pendant le séjour en unité de soins cardiaques intensifs; la petite taille de cette étude limite l'extrapolation. [s7]

Valeurs de référence

Les chiffres ci-dessous sont des résultats d'études adultes et non un intervalle de référence universel pour un dosage « cardiaque »; le laboratoire doit faire foi pour la méthode et la population étudiées. [s1,s2,s3,s4,s6]

Population ou contexte [s1]PCT observée [s1]Précision de population et de temps [s1]
Population saine [s2]<0,05 µg/L [s2]Valeur décrite par la revue pour une population saine [s2]
Syndrome coronarien aigu [s1]0,320 ng/mL (0,18–0,60) [s1]Médiane (intervalle interquartile) chez 190 adultes de la cohorte de coronarographie [s1]
Syndrome coronarien chronique [s1]0,320 ng/mL (0,17–0,52) [s1]Médiane (intervalle interquartile) chez 202 adultes de la cohorte de coronarographie [s1]
Témoins avec artères coronaires normales [s1]0,160 ng/mL (0,05–0,24) [s1]Médiane (intervalle interquartile) chez 85 adultes de la cohorte de coronarographie [s1]
Infarctus avec sus-décalage du segment ST, 24 h après intervention [s6]0,07 µg/L (<0,06–0,11) [s6]Médiane (intervalle interquartile) chez 141 patients sans signe clinique d'infection [s6]
Infarctus avec sus-décalage du segment ST, 48 h après intervention [s6]0,07 µg/L (<0,06–0,09) [s6]Médiane (intervalle interquartile) chez les mêmes 141 patients sans signe clinique d'infection [s6]
Insuffisance cardiaque aiguë sans infection respiratoire ou autre infection pertinente [s4]0,10 ± 0,03 ng/mL [s4]Moyenne ± erreur standard de la moyenne chez 125 patients; 89,9 % des patients avec insuffisance cardiaque aiguë de l'étude [s4]

L'étude africaine vérifiée a inclus 80 adultes diabétiques de type 2 suivis en consultation dans un hôpital tertiaire de Yaoundé, au Cameroun; la PCT et la CRP ont été mesurées par une méthode ELISA quantitative à haute sensibilité. [s3]

Sous-population de l'étude camerounaise [s3]PCT sérique [s3]Population et unité [s3]
Ensemble des 80 participants [s3]1,96 ng/mL (1,341–2,834) [s3]Médiane (intervalle interquartile), adultes diabétiques de type 2 [s3]
Risque cardiovasculaire faible à intermédiaire, score 0–20 [s3]1,45 ng/mL (1,01–1,98) [s3]Médiane (intervalle interquartile), n=30 [s3]
Risque cardiovasculaire élevé, score >20 [s3]2,48 ng/mL (1,80–3,04) [s3]Médiane (intervalle interquartile), n=50 [s3]
Femmes [s3]2,48 ng/mL (1,765–3,015) [s3]Médiane (intervalle interquartile) [s3]
Hommes [s3]1,42 ng/mL (0,860–1,872) [s3]Médiane (intervalle interquartile) [s3]

Seuils de décision et gravité

Les seuils suivants sont propres aux cohortes, aux méthodes et aux objectifs de chaque étude; ils ne constituent pas des seuils universels de « PCT cardiaque » ni des critères diagnostiques à appliquer hors de leur contexte. [s1,s3,s4,s5]

Objectif et population [s1]Seuil ou comparaison [s1]Résultat rapporté [s1]
Syndrome coronarien aigu, cohorte de 190 adultes [s1]Seuil optimal 0,25 ng/mL [s1]AUC 0,791; sensibilité 82,4 %; spécificité 65,3 % [s1]
Syndrome coronarien chronique, cohorte de 202 adultes [s1]Seuil optimal 0,30 ng/mL [s1]AUC 0,763; sensibilité 89,4 %; spécificité 54,0 % [s1]
Pronostic à 120 jours dans l'insuffisance cardiaque aiguë [s4]>0,08 ng/mL comparé à ≤0,08 ng/mL [s4]Mortalité toutes causes plus élevée au-dessus de 0,08 ng/mL chez les patients sans infection; p du log-rank=0,0001 [s4]
Détection d'un risque cardiovasculaire élevé chez les adultes diabétiques de type 2 au Cameroun [s3]Seuil de PCT 2 ng/mL [s3]Sensibilité 64 % et spécificité 80 % pour identifier un score de risque cardiovasculaire élevé [s3]
Infection bactérienne chez 569 patients avec syndrome coronarien aigu [s5]Meilleur seuil 0,165 ng/mL [s5]AUC 0,68; sensibilité 50 %; spécificité 82 % [s5]

Interprétation

  • Dans la cohorte de coronarographie, la médiane de PCT était supérieure dans les groupes syndrome coronarien aigu et syndrome coronarien chronique que chez les témoins aux artères coronaires normales. [s1]
  • Dans l'insuffisance cardiaque aiguë, une PCT >0,08 ng/mL était associée à une mortalité toutes causes plus élevée à 120 jours, y compris chez les patients sans infection identifiée. [s4]
  • Chez les adultes diabétiques de type 2 de l'étude camerounaise, la PCT médiane était plus élevée dans le groupe à risque cardiovasculaire élevé que dans le groupe à risque faible ou intermédiaire, et elle était modérément corrélée au score de risque cardiovasculaire. [s3]
  • Chez les patients avec infarctus avec sus-décalage du segment ST sans signe clinique d'infection, la PCT mesurée à 24 et 48 heures n'était pas corrélée à la taille de l'infarctus ni à l'obstruction microvasculaire; une élévation ne doit donc pas être interprétée isolément comme une mesure de l'étendue de la lésion myocardique. [s6]

Facteurs qui faussent le résultat

  • Le statut infectieux est un facteur majeur de contexte: dans l'étude du syndrome coronarien aigu, la PCT prédisait l'infection bactérienne, tandis que les études STEMI et de choc cardiogénique retenaient l'absence d'infection au prélèvement. [s5,s6,s7]
  • Dans l'insuffisance cardiaque aiguë, les auteurs indiquent qu'une infection non reconnue ne pouvait pas être totalement exclue malgré le bilan réalisé; la PCT doit donc être interprétée avec les données cliniques et microbiologiques. [s4]
  • Le moment du prélèvement modifie l'interprétation: l'étude STEMI a mesuré la PCT à 24 et 48 heures après l'intervention et ne fournit pas de dynamique subaiguë ou chronique; l'étude de choc cardiogénique la mesurait quotidiennement. [s6,s7]
  • Les méthodes analytiques différaient selon les études: analyseur Cobas 8000 avec sensibilité fonctionnelle de 0,06 µg/L dans l'étude STEMI, immunoanalyse électrochimiluminescente Roche MODULAR E170 dans l'étude du syndrome coronarien aigu, et ELISA quantitatif à haute sensibilité dans l'étude camerounaise. [s3,s5,s6]
  • Les situations non infectieuses susceptibles de modifier la PCT comprennent notamment, selon la revue coronarienne, un traumatisme, une maladie auto-immune ou une infection infraclinique; ces facteurs n'étaient pas entièrement exclus dans son étude rétrospective. [s1]

Sources

  1. Ozan Sakarya, Burak Toprak, Rıdvan Bora. Procalcitonin in acute and chronic coronary syndromes: Diagnostic biomarker of coronary inflammation (2025)
  2. Junpei Li et al.. A Review of Novel Cardiac Biomarkers in Acute or Chronic Cardiovascular Diseases: The Role of Soluble ST2 (sST2), Lipoprotein-Associated Phospholipase A2 (Lp-PLA2), Myeloperoxidase (MPO), and Procalcitonin (PCT) (2021)
  3. Jean-Claude Katte et al.. Procalcitonin Correlates With Cardiovascular Risk Better Than Highly Sensitive C-Reactive Protein in Patients With Type 2 Diabetes in Sub-Saharan Africa: Results From a Cross-Sectional Study (2021)
  4. Fabrice F. Darche et al.. Low-Level Elevations of Procalcitonin Are Associated with Increased Mortality in Acute Heart Failure Patients, Independent of Concomitant Infection (2021)
  5. Rita Pavasini et al.. Procalcitonin Predicts Bacterial Infection, but Not Long-Term Occurrence of Adverse Events in Patients with Acute Coronary Syndrome (2022)
  6. Martin Reindl et al.. Association of Myocardial Injury With Serum Procalcitonin Levels in Patients With ST-Elevation Myocardial Infarction (2020)
  7. C. Picariello et al.. Kinetic of procalcitonin in patients with cardiogenic shock following acute myocardial infarction: preliminary data (2010)