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Prolactine

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le dosage sérique de prolactine mesure une hormone peptidique de l’antéhypophyse impliquée notamment dans le développement mammaire et la lactation; l’interprétation dépend de la population, du sexe, de l’âge, de la grossesse ou lactation et de la méthode analytique. La prolactine circulante existe sous des formes monomérique, dimérique et macroprolactine; la réactivité variable des immunodosages et la macroprolactine peuvent modifier le résultat rapporté.

À quoi sert cet examen

Le dosage mesure la concentration de prolactine dans le sérum. La prolactine est sécrétée par l’adénohypophyse et exerce principalement une fonction mammaire de stimulation et de maintien de la lactation après l’accouchement. [s1,s4]

  • Il peut être demandé dans l’évaluation biologique d’une concentration élevée de prolactine ou de manifestations compatibles telles que galactorrhée, hypogonadisme, infertilité, céphalée ou anomalie du champ visuel; ces manifestations ne suffisent pas à elles seules à déterminer la cause du résultat. [s4]
  • La grossesse et la lactation sont des contextes physiologiques associés à une augmentation de la prolactine et doivent être distingués des autres contextes lors de l’interprétation. [s1,s4]
  • Le dosage total peut être complété par une recherche de macroprolactine lorsque le résultat paraît discordant avec le contexte, car la macroprolactine peut être reconnue de façon variable par les immunodosages. [s3,s4,s5]

Valeurs de référence

L’intervalle du laboratoire et de la méthode employée prévaut. Les intervalles ci-dessous proviennent de populations et de méthodes précises et ne doivent pas être transposés à une autre plateforme sans vérification locale. [s1,s4]

Population et mesureMéthode ou plateformeIntervalle de référencePopulation étudiée
Femmes adultes, prolactine totale [s3]Elecsys Prolactin II, Cobas 8000 [s3]4,5–25,6 ng/mL; intervalle paramétrique à 95 % [s3]Donneuses saines, 18–55 ans, n=120 [s3]
Hommes adultes, prolactine totale [s3]Elecsys Prolactin II, Cobas 8000 [s3]4,0–16,5 ng/mL; intervalle paramétrique à 95 % [s3]Donneurs sains, 18–60 ans, n=120 [s3]
Femmes adultes, prolactine monomérique après précipitation PEG [s3]Elecsys Prolactin II, Cobas 8000; sérum traité par PEG 6000 [s3]3,5–18,4 ng/mL; intervalle paramétrique à 95 % [s3]Donneuses saines, 18–55 ans, n=120 [s3]
Hommes adultes, prolactine monomérique après précipitation PEG [s3]Elecsys Prolactin II, Cobas 8000; sérum traité par PEG 6000 [s3]2,5–13,8 ng/mL; intervalle paramétrique à 95 % [s3]Donneurs sains, 18–60 ans, n=120 [s3]
Hommes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]ADVIA Centaur [s2]61–196 mIU/L [s2]Hommes sains, n=53 [s2]
Femmes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]ADVIA Centaur [s2]66–278 mIU/L [s2]Femmes saines, n=93 [s2]
Hommes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Elecsys [s2]63–245 mIU/L [s2]Hommes sains, n=53 [s2]
Femmes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Elecsys [s2]75–381 mIU/L [s2]Femmes saines, n=93 [s2]
Hommes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Access [s2]70–301 mIU/L [s2]Hommes sains, n=53 [s2]
Femmes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Access [s2]92–469 mIU/L [s2]Femmes saines, n=93 [s2]
Hommes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Architect [s2]72–229 mIU/L [s2]Hommes sains, n=53 [s2]
Femmes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Architect [s2]79–347 mIU/L [s2]Femmes saines, n=93 [s2]
Hommes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]AIA [s2]73–247 mIU/L [s2]Hommes sains, n=53 [s2]
Femmes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]AIA [s2]83–383 mIU/L [s2]Femmes saines, n=93 [s2]
Hommes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Immulite [s2]78–263 mIU/L [s2]Hommes sains, n=53 [s2]
Femmes adultes, prolactine monomérique après PEG [s2]Immulite [s2]85–394 mIU/L [s2]Femmes saines, n=93 [s2]

Chez l’enfant et l’adolescent, l’étude CALIPER a indiqué que les intervalles de prolactine nécessitaient trois partitions d’âge sur l’analyseur Abbott Architect; les valeurs numériques ne sont pas transposées ici sans le tableau complet de l’étude et doivent être celles du laboratoire, de l’âge et de la méthode. [s6]

Interprétation

  • Une concentration augmentée peut être compatible avec des contextes physiologiques ou cliniques comprenant la grossesse, l’insuffisance rénale chronique, le syndrome des ovaires polykystiques, l’hypothyroïdie primaire ou des troubles de l’axe hypothalamo-hypophysaire; ces associations ne constituent pas une conclusion diagnostique. [s4]
  • Les antagonistes dopaminergiques peuvent augmenter la prolactine, car la sécrétion hypophysaire est normalement inhibée par la dopamine. [s4]
  • La macroprolactine, complexe de prolactine et d’IgG de faible activité biologique, peut être reconnue variablement par les immunodosages et produire une élévation apparente; le résultat de prolactine monomérique après PEG est une mesure distincte du résultat total. [s3,s4,s5]

Facteurs qui faussent le résultat

  • La prolactine circulante comprend principalement une forme monomérique d’environ 23 kDa, une forme dimérique d’environ 50 kDa et une macroprolactine de plus de 100 kDa; les formes de haut poids moléculaire et leur réactivité variable contribuent aux différences entre immunodosages. [s1,s5]
  • L’âge, le sexe et la ménopause font partie des déterminants physiologiques de la variabilité des intervalles; une étude de 74 adultes sains a également trouvé des différences de dynamique de sécrétion selon le sexe, l’âge et l’indice de masse corporelle. [s1,s6]
  • Dans une étude de référence, les prélèvements ont été réalisés entre 10 h et 12 h chez des donneurs sains; le travail de nuit dans les 7 jours précédents, les contraceptifs contenant des estrogènes et le traitement hormonal de la ménopause étaient des critères d’exclusion. Ces conditions décrivent cette étude et ne remplacent pas la procédure du laboratoire. [s4]
  • La précipitation par PEG est un dépistage de la macroprolactine, tandis que la chromatographie d’exclusion stérique ou GFC est la méthode de séparation de référence mais plus lourde; la précipitation peut aussi co-précipiter jusqu’à 20 % de la prolactine monomérique et les intervalles post-PEG doivent être établis pour la méthode utilisée. [s3,s4]
  • Dans une étude, 25 % de PEG 6000 a été ajouté à volume égal au sérum, puis le surnageant a été analysé avec correction de dilution; les concentrations et intervalles post-PEG ne sont donc pas interchangeables avec ceux d’une autre concentration de PEG ou d’une autre plateforme. [s3]
  • Les immunodosages peuvent être affectés par des anticorps hétérophiles ou des facteurs interférents; l’effet de la biotine dépend du format de l’immunodosage et peut modifier le signal. Une discordance entre le résultat et le contexte doit être discutée avec le laboratoire et, si nécessaire, vérifiée par une autre méthode. [s5]
  • À des concentrations extrêmement élevées, l’effet crochet d’un immunodosage sandwich peut donner un résultat faussement bas ou seulement modérément élevé; la dilution contrôlée de l’échantillon est une procédure de laboratoire décrite pour rechercher ce phénomène. [s5]

Sources

  1. Kate Coleman, Mohamed Saleem. Reference intervals for serum prolactin concentrations: analytical and clinical considerations (2024)
  2. Luisa Beltran et al.. Serum Total Prolactin and Monomeric Prolactin Reference Intervals Determined by Precipitation with Polyethylene Glycol: Evaluation and Validation on Common ImmunoAssay Platforms (2008)
  3. Yao Hu et al.. Establishment of reference intervals of monomeric prolactin to identify macroprolactinemia in Chinese patients with increased total prolactin (2021)
  4. Martin Overgaard et al.. Serum prolactin revisited: parametric reference intervals and cross platform evaluation of polyethylene glycol precipitation-based methods for discrimination between hyperprolactinemia and macroprolactinemia (2017)
  5. Raad A. Haddad et al.. Interpretation of common endocrine laboratory tests: technical pitfalls, their mechanisms and practical considerations (2019)
  6. Danijela Konforte et al.. Complex Biological Pattern of Fertility Hormones in Children and Adolescents: A Study of Healthy Children from the CALIPER Cohort and Establishment of Pediatric Reference Intervals (2013)