Recherche de Loa loa, quantification
Examen biologique : Parasitologie et mycologie. La recherche repose principalement sur la mise en évidence de microfilaires de Loa loa dans un frottis sanguin périphérique épais ou mince, idéalement prélevé pendant la période diurne de circulation maximale, entre 10 h et 14 h. La quantification est rendue en microfilaires par millilitre de sang et sert à caractériser la densité microfilarienne; aucun intervalle de référence biologique universel n’est fourni par les sources consultées, et le laboratoire fait foi pour la méthode et le rendu.
À quoi sert cet examen
La recherche est indiquée lorsqu’une loase est envisagée, notamment en présence d’une exposition dans une zone d’endémie, d’un ver oculaire ou de tuméfactions de Calabar; la mise en évidence de microfilaires dans le sang est une méthode diagnostique de référence [s2].
La quantification de la densité microfilarienne est nécessaire pour documenter la charge circulante et apprécier le risque d’événements indésirables graves associé à certaines interventions antifilaires; elle ne constitue pas à elle seule un diagnostic clinique complet [s2,s3,s8].
La loase est due à Loa loa et est transmise par des mouches Chrysops dans les zones forestières d’Afrique occidentale et centrale [s1,s3,s4].
Valeurs de référence
| Élément [s1,s2] | Donnée attendue ou référence [s1,s2] |
|---|---|
| Résultat qualitatif [s1,s2] | Microfilaires détectées ou non détectées dans le sang examiné; aucune valeur positive ou négative ne remplace l’interprétation de la méthode et du contexte [s1,s2] |
| Quantification [s2,s5] | Densité microfilarienne exprimée en microfilaires/mL de sang (mf/mL) lorsque des microfilaires sont dénombrées [s2,s5] |
| Intervalle de référence adulte [s2,s5] | Non disponible dans les sources consultées; le laboratoire fait foi selon la méthode, le volume mesuré et la population examinée [s2,s5] |
Les données africaines disponibles dans les sources ne constituent pas un intervalle de référence: elles décrivent des densités mesurées dans des populations ou des études particulières, notamment au Cameroun, et ne doivent pas remplacer la référence du laboratoire [s5,s6,s8].
| Population ou étude [s5,s6,s8] | Donnée rapportée [s5,s6,s8] |
|---|---|
| Étude de validation au Cameroun [s5] | 33 patients potentiellement infectés; le dispositif étudié rendait une quantification en microfilaires/mL de sang total en moins de 2 minutes [s5] |
| Stratégie test-and-not-treat au Cameroun [s6] | 16 259 personnes âgées de 5 ans ou plus ont été testées; 340 (2,1 %) avaient une densité supérieure à 20 000 microfilaires/mL et ont été exclues de la distribution d’ivermectine dans cette étude [s6] |
| Étude de seuils fondée sur deux essais au Cameroun [s8] | Les participants étaient issus de deux essais camerounais; les frottis épais calibrés utilisaient 50 µL de sang capillaire prélevé entre 10 h et 16 h et le résultat était exprimé en mf/mL [s8] |
Seuils de décision et gravité
Aucun seuil universel de positivité ou intervalle de référence n’est établi dans les sources consultées; le seuil analytique dépend de la méthode, du volume examiné, du moment du prélèvement et de la qualité de lecture [s1,s2,s5,s7].
Dans une stratégie camerounaise de prévention des événements indésirables après ivermectine, une densité supérieure à 20 000 microfilaires/mL a été utilisée comme seuil opérationnel d’exclusion; ce seuil est propre à cette stratégie et ne doit pas être présenté comme une limite biologique générale [s6].
Une étude de 2025 rapporte, dans les données analysées, une probabilité d’événement indésirable grave d’environ 0,10 % à 8 000 mf/mL, 1,01 % à 20 000 mf/mL et 2,76 % à 30 000 mf/mL; ces estimations proviennent de deux essais au Cameroun et ne sont pas un intervalle de référence ni une prescription thérapeutique [s8].
Interprétation
Une densité faible ou non détectée peut être observée lorsque le nombre de microfilaires circulantes est bas; les techniques de concentration peuvent augmenter le rendement diagnostique dans ce contexte [s1,s2].
Un résultat sanguin négatif ne permet pas à lui seul d’exclure une infection lorsque la suspicion clinique reste élevée; les tests sérologiques filariens généraux décrits par le CDC peuvent aider chez les personnes amicrofilarémiques, mais ils ne sont pas spécifiques de Loa loa et les tests spécifiques restent limités au contexte de recherche [s2].
Une densité microfilarienne élevée correspond à une charge circulante plus importante et est associée, dans les études citées, à un risque accru d’événements indésirables graves après certaines interventions antifilaires; cette association ne permet pas de poser seule un diagnostic clinique [s3,s6,s8].
La densité doit être rendue avec son unité et sa méthode, car les seuils rapportés dans les études dépendent de la population, du prélèvement et de la technique de quantification [s5,s7,s8].
Facteurs qui faussent le résultat
Prélèvement: les microfilaires de Loa loa ont une périodicité diurne; le prélèvement diagnostique est idéalement réalisé entre 10 h et 14 h, et le CDC recommande d’adapter l’horaire à l’heure locale d’origine chez un voyageur encore soumis au décalage horaire [s1,s2,s4].
Méthode: les frottis peuvent être épais ou minces et colorés au Giemsa; la concentration par technique de Knott après lyse dans du formol à 2 % ou la filtration sur membrane Nuclepore peut accroître le rendement lorsque la densité est faible [s1,s2].
Identification morphologique: dans les frottis colorés, les microfilaires sont gainées, mesurent environ 230–250 µm, présentent une extrémité caudale effilée et des noyaux qui s’étendent jusqu’à la pointe de la queue [s1].
Quantification: le résultat en mf/mL nécessite une quantité de sang mesurée et une méthode standardisée; un dispositif de microscopie au point de service a été évalué sur 33 patients au Cameroun et produisait une quantification en moins de 2 minutes, avec 94 % de spécificité et 100 % de sensibilité par rapport au comptage manuel sur frottis épais dans cette étude [s5].
Assurance qualité: une étude menée en zone rurale du Congo souligne que l’absence de références de laboratoire empêche de conclure définitivement sur la qualité de la technique de frottis calibré et recommande la standardisation des procédures et un système qualité [s7].
Les résultats obtenus par LoaScope, frottis calibré, technique de Knott ou autre méthode ne sont pas nécessairement interchangeables; la méthode, le volume, le moment du prélèvement et l’unité doivent accompagner le résultat [s1,s2,s5,s7].
Sources
- Centers for Disease Control and Prevention, DPDx. DPDx — Loiasis (2024)
- Centers for Disease Control and Prevention. Clinical Testing and Diagnosis for Loiasis (2026)
- WHO Regional Office for Africa / ESPEN. Loiasis (2026)
- Goldin J, Juergens AL. Filariasis (2025)
- D’Ambrosio MV et al.. Point-of-care quantification of blood-borne filarial parasites with a mobile phone microscope (2015)
- Kamgno J et al.. A Test-and-Not-Treat Strategy for Onchocerciasis in Loa loa-Endemic Areas (2017)
- Campillo JT et al.. Reliability evaluation in rural Congo of the calibrated blood smear technique to assess Loa loa microfilaremia level (2023)
- Boullé C et al.. Revisiting the Loa loa microfilaremia thresholds above which serious adverse events may occur with ivermectin treatment (2025)