Recherche de Trypanosoma brucei gambiense
Examen biologique : Parasitologie et mycologie. La recherche de Trypanosoma brucei gambiense vise la mise en évidence microscopique du parasite dans un liquide biologique et apporte la confirmation parasitologique d’une trypanosomiase humaine africaine suspectée. Chez T. b. gambiense, le CATT et les tests rapides servent au dépistage mais ne confirment pas à eux seuls l’infection; la confirmation repose sur l’observation du parasite. Un résultat non détecté n’exclut pas nécessairement l’infection lorsque la parasitémie est faible ou que le prélèvement et le délai d’examen limitent la sensibilité.
À quoi sert cet examen
La confirmation diagnostique repose sur l’observation microscopique de trypanosomes; les sites examinables comprennent le liquide de chancre, l’aspirat ganglionnaire, le sang et, aux stades tardifs, le liquide céphalorachidien [s1,s2].
Pour la forme gambiense, le CATT est un test sérologique de dépistage utilisé dans les zones endémiques; il est insuffisamment spécifique pour confirmer seul une infection [s1].
L’OMS décrit une démarche en trois étapes: dépistage sérologique et clinique, confirmation par observation microscopique dans les liquides biologiques, puis stadification par examen clinique et analyse du liquide céphalorachidien si nécessaire [s7].
La détection dans un liquide biologique fournit une preuve directe de l’infection parasitaire, tandis que la sérologie ou un test rapide identifie surtout des personnes à explorer [s3,s4].
Le code LOINC 26617-1 décrit la présence d’anticorps anti-T. b. gambiense dans le sérum; il documente une sérologie et ne doit pas être utilisé comme code de la recherche microscopique directe [s6,s1,s2].
MedlinePlus cite notamment le frottis sanguin, l’examen du liquide céphalorachidien et l’aspiration ganglionnaire parmi les examens utilisés pour confirmer une suspicion de maladie du sommeil [s5].
La synthèse publiée et indexée dans PubMed souligne que la stadification diagnostique est nécessaire pour distinguer une atteinte précoce d’une atteinte neurologique [s8].
Valeurs de référence
| Résultat qualitatif [s1,s2] | Interprétation analytique [s1,s2,s3,s4] |
|---|---|
| Détecté / positif [s1,s2] | Trypanosomes observés au microscope dans le prélèvement; ce résultat constitue une confirmation parasitologique [s1,s2,s3]. |
| Non détecté / négatif [s1,s2] | Aucun trypanosome observé dans le prélèvement examiné; un résultat non détecté ne suffit pas à exclure l’infection si la parasitémie est faible ou si le prélèvement et le délai réduisent la sensibilité [s1,s4]. |
Résultat attendu pour cet examen qualitatif: non détecté en l’absence de parasite observé; il n’existe pas d’intervalle numérique de référence à fabriquer [s1,s2,s3].
Le laboratoire fait foi pour la méthode, la matrice, la qualité du prélèvement et les règles de compte rendu; aucun intervalle par sexe ou âge n’est fourni par les sources consultées [s1,s2,s3,s4].
Pour des méthodes performantes réalisées par du personnel formé, le document OMS indique une sensibilité diagnostique de 85–95%; cette donnée décrit la performance d’une méthode et non une valeur de référence du résultat patient [s3].
Dans une revue de diagnostic de terrain, les parasites dans la forme gambiense peuvent dépasser 10 000 trypanosomes/mL ou être inférieurs à 100 trypanosomes/mL, cette dernière situation pouvant être sous la limite de détection des méthodes les plus sensibles [s4].
Seuils de décision et gravité
Aucun seuil de positivité universel pour la recherche microscopique directe n’est fourni par les sources consultées [s1,s2,s3,s4].
Pour la stadification neurologique par liquide céphalorachidien, et non pour définir la positivité de la recherche parasitologique, le CDC décrit un premier stade avec au plus 5 leucocytes/µL et aucun trypomastigote; plus de 5 leucocytes/µL ou la présence de trypomastigotes correspond au deuxième stade [s1].
Interprétation
Un résultat non détecté peut être faussement rassurant: dans la forme gambiense, une parasitémie inférieure à 100 trypanosomes/mL peut être sous la limite de détection des méthodes disponibles [s4].
Le rendement de la recherche dans le sang est faible dans la forme gambiense; la concentration par centrifugation et examen de la couche leucocytaire, mini-échange d’anions ou microhématocrite peut améliorer la détection [s1].
Des examens sanguins séquentiels réalisés des jours consécutifs peuvent augmenter la sensibilité, mais cette stratégie est rarement appliquée en pratique [s1,s4].
La présence de trypanosomes mobiles ou colorés observés au microscope dans un prélèvement constitue une preuve directe et une confirmation parasitologique [s1,s2,s4].
Dans l’aspirat ganglionnaire, le rendement rapporté par le CDC varie d’environ 40 à 80%; la revue de terrain précise que cette variation dépend notamment de la souche, du stade et d’autres causes d’adénopathie [s1,s4].
La détection dans le liquide céphalorachidien est également utilisée pour apprécier l’atteinte neurologique et la stadification, avec l’examen des trypomastigotes mobiles et des leucocytes [s1,s2,s7].
Facteurs qui faussent le résultat
Les matrices acceptées selon la situation comprennent liquide de chancre, aspirat ganglionnaire, sang, moelle osseuse et liquide céphalorachidien; la disponibilité et la pertinence dépendent du stade et du contexte clinique [s1,s2].
Une préparation humide fraîche permet de rechercher la motilité; un frottis mince ou épais fixé et coloré au Giemsa ou au Field complète l’examen [s1,s2].
Le délai entre prélèvement et microscopie doit être court: l’OMS recommande moins d’une heure, et le CDC signale une perte de motilité en quelques heures [s1,s3].
Les trypanosomes sont rapidement tués par la lumière solaire directe; ils peuvent survivre quelques heures lorsque l’échantillon est conservé au frais et à l’obscurité [s4].
Pour le sang, la centrifugation suivie de l’examen de la couche leucocytaire, la mini-technique d’échange d’anions/centrifugation et la technique QBC sont des méthodes de concentration décrites par le CDC [s1,s2].
Pour le liquide céphalorachidien, la centrifugation suivie de l’examen du sédiment peut être utilisée; la ponction lombaire est le prélèvement mentionné pour la stadification [s1,s2,s7].
Les tests d’acides nucléiques ne sont pas validés pour le diagnostic de la trypanosomiase africaine selon le CDC, et leur performance varie considérablement [s2].
Les tests sérologiques de dépistage ne sont disponibles que pour T. b. gambiense; le document OMS précise qu’ils détectent des anticorps spécifiques et ne sont donc pas confirmatoires [s3].
Jeûne, type de tube, volume minimal, délai maximal chiffré au-delà de la recommandation de moins d’une heure, médicaments et interférences analytiques spécifiques: non disponibles dans les sources consultées [s1,s2,s3,s4,s5].
Sources
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Clinical Guidance for Human African Trypanosomiasis (2024)
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC). DPDx — Trypanosomiasis, African (2026)
- World Health Organization (WHO). Target product profile for a gambiense human African trypanosomiasis high-throughput test for verification of elimination (2022)
- Chappuis F, Loutan L, Simarro P, Lejon V, Büscher P. Options for Field Diagnosis of Human African Trypanosomiasis (2005)
- MedlinePlus, U.S. National Library of Medicine. Sleeping sickness (2024)
- LOINC, Regenstrief Institute. LOINC 26617-1 — Trypanosoma brucei gambiense Ab [Presence] in Serum (2026)
- World Health Organization (WHO). Trypanosomiasis, human African (sleeping sickness) (2023)
- Kennedy PGE. Clinical features, diagnosis, and treatment of human African trypanosomiasis (sleeping sickness) (2013)