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Sélénium plasmatique

Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le dosage du sélénium plasmatique évalue surtout le statut ou l’exposition récente au sélénium; le plasma et le sérum sont des matrices courantes, tandis que le sang total renseigne davantage le statut à plus long terme. Il peut être demandé lorsque sont envisagées une malnutrition ou malabsorption, une nutrition parentérale totale ou une exposition excessive, mais l’interprétation dépend de la population, de la méthode, de l’inflammation et des conditions préanalytiques.

À quoi sert cet examen

Le sélénium est un oligoélément constitutif de sélénoprotéines, notamment la glutathion-peroxydase et la sélénoprotéine P, impliquées dans la protection contre l’oxydation, le métabolisme thyroïdien, la synthèse de l’ADN et la reproduction. [s3]

La concentration plasmatique ou sérique est couramment utilisée pour apprécier le statut en sélénium et reflète principalement les apports ou l’exposition récents; le sélénium du sang total est davantage utilisé comme indicateur à plus long terme. [s1,s3]

Valeurs de référence

Le laboratoire qui réalise l’analyse fait foi: les intervalles ci-dessous proviennent de populations et de méthodes différentes et ne sont pas interchangeables. [s1,s2]

Population et type de valeurSélénium plasmatiqueMéthode ou portée
Femmes saines de 18 à 45 ans en Chine; intervalle de référence P2,5–P97,5 [s1]73,81–140,75 µg/L [s1]ICP-MS; plasma recueilli à jeun; n = 187; intervalle propre à cette population. [s1]
Personnes saines; concentration généralement considérée suffisante pour la synthèse des sélénoprotéines [s3]≥8 µg/dL [s3]Seuil nutritionnel institutionnel, différent d’un intervalle de référence analytique et non spécifique d’une méthode locale. [s3]

Dans une population étudiée en Zambie et rapportée par une revue sur l’Afrique australe, la concentration plasmatique médiane était de 0,27 µmol/L, avec un intervalle interquartile de 0,14–0,43 µmol/L chez 391 adultes; 83 % des adultes avaient une concentration inférieure à 0,63 µmol/L, valeur que la revue décrit comme compatible avec un déficit dans cette étude. [s4]

Ces données zambiennes sont un résultat de population et non un intervalle de référence validé pour le Congo; elles ne remplacent pas un intervalle établi localement avec la méthode du laboratoire. [s4]

Seuils de décision et gravité

Le NIH Office of Dietary Supplements indique qu’une concentration plasmatique ou sérique d’au moins 8 µg/dL est généralement considérée comme suffisante chez les personnes saines pour la synthèse des sélénoprotéines; ce repère nutritionnel ne constitue pas à lui seul un seuil diagnostique ni un intervalle universel. [s3]

La revue sur l’Afrique australe rapporte qu’une concentration inférieure à 0,63 µmol/L était considérée comme compatible avec un déficit dans la population adulte zambienne étudiée; ce seuil de recherche ne doit pas être transposé sans validation de la population et de la méthode. [s4]

Interprétation

Une concentration basse peut être observée lorsque les apports ou l’exposition récente sont faibles; les situations institutionnellement citées comprennent la malnutrition, la malabsorption, la nutrition parentérale totale prolongée ou un régime restreint. [s2]

La concentration plasmatique peut aussi diminuer avec l’âge, le tabagisme, la malnutrition protéique, l’obésité et l’inflammation; une valeur basse doit donc être interprétée avec le contexte clinique et, lorsque pertinent, un marqueur inflammatoire. [s2]

Les concentrations basses observées dans certaines populations d’Afrique australe sont liées dans la revue consultée aux différences de sols, de systèmes alimentaires et de statut socio-économique; cette observation de population ne permet pas de conclure pour un individu. [s4]

Une concentration élevée peut refléter des apports ou une exposition élevés, notamment lorsque la forme sélénométhionine augmente le pool plasmatique non spécifique; la concentration plasmatique ne résume pas à elle seule la fonction des sélénoprotéines. [s2]

Des apports chroniquement élevés peuvent être associés à une sélénose; les manifestations rapportées par le NIH comprennent notamment chute des cheveux, fragilité ou perte des ongles, odeur d’ail de l’haleine, goût métallique, éruption cutanée, nausées, diarrhée, fatigue, irritabilité et anomalies neurologiques. [s3]

Facteurs qui faussent le résultat

La matrice et la durée reflétée diffèrent: plasma et sérum reflètent surtout les apports récents, alors que le sang total reflète davantage le statut à long terme. [s1,s3]

L’inflammation peut abaisser le sélénium plasmatique, car il se comporte comme un réactif négatif de phase aiguë; le guide britannique indique qu’un dosage concomitant de la protéine C-réactive peut aider à interpréter une concentration basse. [s2]

Les différences de sexe, d’âge, de région, de statut nutritionnel et de méthode contribuent aux variations entre populations; l’intervalle publié chez des femmes chinoises en âge de procréer ne doit pas être appliqué automatiquement à d’autres groupes. [s1,s2]

Sources

  1. Yang Cao; Huidi Zhang; Jingxin Yang; Qingqing Man; Pengkun Song; Deqian Mao; Jiaxi Lu; Lichen Yang. Reference Ranges of Selenium in Plasma and Whole Blood for Child-Bearing-Aged Women in China (2022)
  2. Gerald F. Combs Jr.. Biomarkers of Selenium Status (2015)
  3. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements. Selenium - Health Professional Fact Sheet (2025)
  4. Pompido Chilala; Sylvie Skalickova; Pavel Horky. Selenium Status of Southern Africa (2024)