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Sérologie Strongyloides

Examen biologique : Parasitologie et mycologie. La sérologie recherche qualitativement des anticorps IgG anti-Strongyloides dans le sérum et peut contribuer au dépistage de cas suspects, d’infections chroniques ou latentes et de personnes immunodéprimées ou avant corticothérapie. Un résultat positif ne distingue pas à lui seul une infection actuelle d’une infection ancienne; les réactions croisées et les résultats faussement négatifs, notamment en début d’infection ou chez des patients immunodéprimés, doivent être pris en compte.

À quoi sert cet examen

La sérologie est indiquée lorsque la strongyloïdose est suspectée mais que le parasite n’est pas détecté par aspiration duodénale, test de la chaîne ou examens répétés des selles. [s2]

LOINC décrit ce test comme utilisable pour le dépistage de cas suspects, la détection d’infections chroniques ou latentes asymptomatiques en zone d’endémie, chez des personnes immunodéprimées et avant une corticothérapie; il est aussi décrit comme test de guérison. [s6]

Le CDC recommande d’envisager Strongyloides chez les personnes qui reçoivent ou vont recevoir des corticoïdes ou d’autres immunosuppresseurs, qui ont une infection HTLV-1, une hémopathie, une indication de transplantation, une éosinophilie persistante ou inexpliquée, ou un antécédent de séjour dans une zone d’endémie. [s1]

La sérologie est une aide au dépistage et à l’orientation; le CDC rappelle que l’examen sériel des selles reste la référence diagnostique et que la sérologie ne remplace pas la recherche parasitologique lorsque celle-ci est indiquée. [s1,s2]

Valeurs de référence

Résultat attendu / rendu qualitatif : positif ou négatif; LOINC fournit les réponses Positive et Negative pour cet examen ordinal. Aucun intervalle numérique ni unité de concentration n’est applicable à ce test qualitatif. [s6]

Valeur ou performance spécifique à une population d’Afrique subsaharienne : non disponible dans les sources consultées pour cette fiche; la performance dépend de l’essai, de la population et des infections helminthiques concomitantes. [s3,s5]

Valeur de référence pédiatrique distincte : non disponible dans les sources consultées; le compte rendu doit suivre l’essai et la population validés par le laboratoire. [s1,s2,s6]

Seuils de décision et gravité

Seuil de positivité, seuil critique et seuil décisionnel universels : non disponibles dans les sources consultées; LOINC décrit une échelle ordinale Positive/Negative sans seuil chiffré dans la fiche consultée. [s3,s5,s6]

La revue systématique rapporte, pour des méthodes particulières, un seuil de titre IFAT d’au moins 1:20 dans une étude, avec 97 % de sensibilité et 98 % de spécificité; ce seuil ne doit pas être généralisé à tous les immunoessais. [s3]

Interprétation

Un résultat négatif correspond à l’absence de détection d’anticorces IgG par l’immunoessai utilisé; il n’exclut pas nécessairement une infection, car des résultats faussement négatifs peuvent survenir et les larves peuvent être présentes avant la production d’IgG détectables. [s2,s5]

La sensibilité sérologique peut être plus faible chez les personnes immunodéprimées en raison d’une production réduite d’anticorps, selon la revue systématique. [s3]

Un résultat positif signifie que des anticorps anti-Strongyloides ont été détectés par la méthode utilisée; il ne différencie pas une infection actuelle d’une infection ancienne, car les anticorps peuvent persister. [s1,s2]

Des réactions croisées peuvent réduire la spécificité en cas de filariose, schistosomiase ou ascaridiose; le risque dépend de l’antigène et de l’essai. [s1,s2,s5]

Dans une étude rétrospective de 341 patients, la sérologie avait une sensibilité de 100 % et la microscopie une sensibilité de 45 %; la valeur prédictive positive de la sérologie était de 67 %. Ces chiffres sont propres à cette population et à sa définition composite des cas. [s4]

Dans une étude de voyageurs et de personnes testées en zone non endémique, trois ELISA commerciaux avaient, parmi 50 cas de strongyloïdose confirmés par microscopie, des sensibilités de 58,0 % (DRG), 64,0 % (IVD) et 56,0 % (Bordier); parmi 50 témoins sains, les spécificités étaient respectivement de 96,0 %, 96,0 % et 92,0 %. [s5]

Facteurs qui faussent le résultat

Méthode et antigène : la revue systématique rapporte pour l’IFAT une sensibilité de 81–98 % et une spécificité de 90–98 %, pour les ELISA à antigène brut une sensibilité de 73–100 % et une spécificité de 29–93 %, et pour un ELISA recombinant NIE une sensibilité de 84 % et une spécificité de 100 %; ces estimations appartiennent aux méthodes et populations étudiées. [s3]

Réactions croisées : elles sont rapportées avec les filaires, les schistosomes et Ascaris lumbricoides, et peuvent aussi concerner d’autres helminthes; elles sont influencées par l’antigène employé et par la co-endémicité. [s1,s2,s5]

Moment de l’infection : une infection récente ou légère peut donner une sérologie négative avant l’apparition d’un taux détectable d’IgG; la sérologie est donc interprétée avec le contexte clinique, épidémiologique et les autres examens. [s2,s5]

Immunodépression : la sensibilité des ELISA peut diminuer chez les patients immunodéprimés, même si des IgG sont habituellement détectables dans les formes disséminées; des faux négatifs restent possibles. [s2,s3]

Persistance des anticorps : un résultat positif peut rester compatible avec une infection ancienne; le CDC indique qu’une diminution importante des anticorps peut survenir dans les 6 mois après une chimiothérapie réussie, mais que la négativation sérologique est inhabituelle chez la plupart des patients. [s1,s2]

Pré-analytique : type de tube, jeûne, délai entre prélèvement et analyse et conditions de transport spécifiques ne sont pas disponibles dans les sources consultées; suivre les instructions du laboratoire réalisant l’immunoessai. [s6]

Sources

  1. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Clinical Overview of Strongyloides (2024)
  2. Centers for Disease Control and Prevention (CDC), DPDx. Strongyloidiasis (2019)
  3. Requena-Méndez A, Chiodini P, Bisoffi Z, Buonfrate D, Gotuzzo E, Muñoz J. The Laboratory Diagnosis and Follow Up of Strongyloidiasis: A Systematic Review (2013)
  4. Autier B et al.. Clinical value of serology for the diagnosis of strongyloidiasis (2021)
  5. Weitzel T et al.. Serological diagnosis of strongyloidiasis: An evaluation of three commercial assays in a non-endemic area (2024)
  6. LOINC, Regenstrief Institute. 80660-4 Strongyloides sp IgG Ab [Presence] in Serum by Immunoassay (2026)