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Sodium urinaire

Examen biologique : Fonction rénale et urines. Dosage quantitatif du sodium dans une urine aléatoire ou une collecte de 24 heures, réalisé par électrode sélective d’ions; il contribue à l’évaluation de la fonction rénale et de l’équilibre électrolytique et à l’orientation étiologique d’une hyponatrémie avec l’osmolalité urinaire et l’évaluation du volume extracellulaire.

À quoi sert cet examen

  • **Indications**: Orientation étiologique d’une hyponatrémie hypotone, notamment distinction des profils hypovolémique, euvolémique et hypervolémique [s1,s2].
  • En cas d’hyponatrémie hypovolémique, aide à distinguer une perte sodée rénale d’une perte extrarénale [s3].
  • Évaluation d’un syndrome de sécrétion inappropriée d’antidiurèse dans le cadre d’une hypo-osmolalité plasmatique, d’une urine insuffisamment diluée et d’une euvolémie après exclusion d’autres causes [s3].
  • Dans l’approche diagnostique de l’hyponatrémie, le sodium urinaire s’interprète avec l’osmolalité urinaire et le statut volémique plutôt qu’isolément [s1,s2].

Seuils de décision et gravité

  • **Lecture du résultat**: Seuils diagnostiques contextuels, distincts des intervalles de référence analytiques: une concentration de sodium urinaire inférieure à 30 mmol/L peut orienter vers une rétention sodée dans l’hypovolémie ou l’hypervolémie; l’utilisation récente de diurétiques et la maladie rénale chronique peuvent augmenter la valeur ou réduire sa spécificité [s1].
  • Dans l’hyponatrémie hypovolémique, une valeur supérieure à 30 mmol/L oriente vers une perte sodée rénale et une valeur inférieure à 30 mmol/L vers une perte extrarénale; ces valeurs sont des guides et dépendent notamment de l’apport en solutés [s3].
  • Pour le SIAD, les critères biochimiques rapportés comprennent une hypo-osmolalité plasmatique inférieure à 275 mOsm/kg, une osmolalité urinaire supérieure à 100 mOsm/kg et un sodium urinaire supérieur à 30 mmol/L avec apports sodés et hydriques normaux, en présence d’une euvolémie et après exclusions indiquées [s3].
  • Une revue clinique plus ancienne décrit, dans l’hyponatrémie, un sodium urinaire inférieur à 20 mmol/L en faveur d’une hypovolémie et supérieur à 40 mmol/L dans l’hyponatrémie euvolémique; elle rapporte aussi que des valeurs supérieures à 40 mmol/L peuvent être observées avec diurétiques, maladies rénales parenchymateuses, insuffisance surrénalienne ou alcalose métabolique [s4].
  • Les seuils précédents sont des repères diagnostiques dépendant du contexte clinique et ne doivent pas être confondus avec les intervalles de référence propres à un laboratoire [s1,s3,s4].

Facteurs qui faussent le résultat

  • Un apport alimentaire sodé faible peut abaisser le sodium urinaire et imiter une rétention sodée [s1,s3].
  • Une utilisation récente de diurétiques peut augmenter le sodium urinaire; une valeur basse peut aussi survenir précocement pendant la récupération après diurétique [s1,s3].
  • Dans la maladie rénale chronique, la capacité de réabsorption du sodium peut être diminuée, ce qui limite l’interprétation d’un seuil bas [s1].
  • Une faible ingestion de solutés, une restriction hydrique ou un remplacement liquidien hypotonique peuvent modifier le sodium urinaire et compliquer l’algorithme diagnostique [s3].

Sources

  1. Ewout J. Hoorn; Robert Zietse. Diagnosis and Treatment of Hyponatremia: Compilation of the Guidelines (2017)
  2. Goce Spasovski et al.; Hyponatraemia Guideline Development Group, ESICM/ESE/ERA-EDTA. Clinical practice guideline on diagnosis and treatment of hyponatraemia (2014)
  3. Rosemary Dineen; Christopher J. Thompson; Mark Sherlock. Hyponatraemia – presentations and management (2017)
  4. H.J. Milionis et al.. The hyponatremic patient: a systematic approach to laboratory diagnosis (2002)