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Test de freinage à la dexaméthasone

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le test mesure le cortisol après administration de dexaméthasone; le protocole nocturne à 1 mg fait partie des tests de première intention étudiés pour explorer un hypercortisolisme endogène suspecté. L'interprétation dépend du protocole, de l'exposition à la dexaméthasone, du dosage du cortisol et du seuil validé par le laboratoire; les seuils publiés ne sont pas interchangeables.

À quoi sert cet examen

Le test nocturne à 1 mg est recommandé parmi les tests initiaux possibles lorsque le contexte clinique justifie une recherche de syndrome de Cushing, après exclusion d'une exposition glucocorticoïde exogène. [s1]

Une revue clinique de 2022 place le test de freinage à 1 mg, avec le cortisol urinaire libre sur 24 heures et le cortisol salivaire tardif, parmi les tests de première ligne; elle souligne que les caractéristiques individuelles rendent l'interprétation difficile. [s2]

Le test à forte dose de 8 mg appartient à une autre étape d'exploration: dans une cohorte de personnes avec syndrome de Cushing dépendant de l'ACTH déjà établi, il a été étudié pour différencier une maladie de Cushing d'une sécrétion ectopique, et non comme simple remplacement du dépistage à 1 mg. [s7]

Valeurs de référence

Population et contexteMesureValeur observée
248 adultes sans syndrome de Cushing dans une étude rétrospective [s4]Cortisol après 1 mg de dexaméthasone [s4]33,0 ± 8,3 nmol/L [s4]
44 adultes avec syndrome de Cushing subclinique selon les critères de l'étude [s4]Cortisol après 1 mg de dexaméthasone [s4]102,7 ± 20,0 nmol/L [s4]
14 adultes avec syndrome de Cushing indépendant de l'ACTH dans l'étude [s4]Cortisol après 1 mg de dexaméthasone [s4]387,0 ± 34,8 nmol/L [s4]
10 adultes avec maladie de Cushing dans l'étude [s4]Cortisol après 1 mg de dexaméthasone [s4]248,9 ± 41,2 nmol/L [s4]

Ces valeurs sont des valeurs observées dans une cohorte japonaise utilisant une méthode et des critères d'étude particuliers, pas un intervalle biologique universel. L'intervalle ou le seuil validé par le laboratoire pour la méthode, la population et le protocole réellement utilisés prévaut. [s4,s5]

Seuils de décision et gravité

Méthode ou protocolePopulation et contexteSeuil ou résultat rapporté
Test nocturne à 1 mg; études citées dans la discussion [s3]Sujets évalués pour syndrome de Cushing; comparaison de spécificités entre études [s3]Environ 100 nmol/L dans des études antérieures; le seuil de 50 nmol/L a été discuté dans des études de suspects et de pseudo-Cushing. [s3]
Test nocturne à 1 mg; étude de Friedman [s6]17 patients ultérieurement confirmés avec hypercortisolisme léger et/ou épisodique [s6]Cortisol matinal post-dexaméthasone >5 µg/dL: sensibilité 18 %; >2 µg/dL: sensibilité similaire; >1,8 µg/dL: sensibilité 41 %. [s6]
Cortisol et dexaméthasone dosés par LC-MS/MS; seuil spécifique à la méthode [s4]Échantillons de 400 tests: 100 Cushing manifeste, 200 Cushing exclu et 100 incidentalomes surrénaliens avec possible sécrétion autonome [s4]Cortisol post-DST 2,4 µg/dL (66 nmol/L); après exclusion de dexaméthasone <1,8 ng/mL, spécificité 67,5 % à 92,4 % et sensibilité clinique conservée à 100 %. [s4]
Test à 1 mg dans l'étude japonaise [s4]44 sujets avec syndrome de Cushing subclinique; définition opérationnelle de l'étude [s4]Cortisol post-DST ≥83 nmol/L. [s4]
Test nocturne à forte dose de 8 mg [s7]Cohorte multicentrique de 469 patients avec syndrome de Cushing dépendant de l'ACTH, pour maladie de Cushing versus sécrétion ectopique [s7]Suppression du cortisol ≥55 %: seuil optimal de l'étude, sensibilité 80 % et spécificité 78 % pour la maladie de Cushing. [s7]

Les seuils divergent selon la dose, le contexte clinique, la méthode de cortisol et l'objectif de l'examen; aucun seuil d'une étude ne doit être transposé silencieusement. L'intervalle ou le seuil validé par le laboratoire pour sa méthode, sa population et son protocole prévaut. [s1,s3,s4,s5,s7]

Interprétation

Dans l'étude japonaise, le groupe sans syndrome de Cushing avait un cortisol post-1 mg DST de 33,0 ± 8,3 nmol/L; cette valeur est une observation de cohorte et non une limite universelle de suppression. [s4]

Une faible concentration de cortisol après la dexaméthasone correspond à une suppression observée dans la cohorte sans syndrome de Cushing, mais les patients ayant un hypercortisolisme léger ou épisodique pouvaient également supprimer et ne pas être détectés par le test dans la petite étude de Friedman. [s4,s6]

Une concentration de cortisol post-dexaméthasone au-dessus du seuil applicable à la méthode correspond à une absence de suppression suffisante dans le cadre de l'étude; un résultat anormal doit être interprété avec le protocole, l'exposition à la dexaméthasone et les autres données biologiques, car le guide recommande une confirmation par un second test. [s1,s3,s4]

Dans l'étude japonaise, les valeurs moyennes post-DST étaient plus élevées dans les groupes avec syndrome de Cushing subclinique, indépendant de l'ACTH ou maladie de Cushing que dans le groupe sans syndrome de Cushing; ces comparaisons ne constituent pas à elles seules un diagnostic pour un patient individuel. [s4]

Facteurs qui faussent le résultat

  • Une prise manquée ou une exposition sérique insuffisante à la dexaméthasone peut produire un résultat faussement positif; dans l'étude Vogg, la dexaméthasone était indétectable chez 16 échantillons sur 400 et la limite basse de référence de l'étude était 1,8 ng/mL (4,6 nmol/L). [s4]
  • Une absorption réduite de la dexaméthasone ou un métabolisme accéléré par l'alcool ou des médicaments inducteurs de CYP3A4 peut contribuer à une exposition trop faible et à une fausse absence de suppression. [s3]
  • Le prélèvement doit respecter le calendrier du protocole: l'étude adulte à 1 mg administrait la dexaméthasone à 23 h et mesurait le cortisol à 8 h; l'étude à 8 mg utilisait également une prise à 23 h puis un prélèvement entre 8 h et 9 h. [s4,s7]
  • Le dosage du cortisol varie selon la plateforme: dans une étude de 77 échantillons, le biais moyen par rapport à la LC-MS/MS était de −2,4 nmol/L pour Roche Elecsys II, −18,8 nmol/L pour Abbott Alinity et 2,3 nmol/L pour Siemens Centaur; l'étude soutient des seuils propres à la méthode. [s5]
  • Dans l'étude de 17 patients avec hypercortisolisme léger et/ou épisodique, la sensibilité du test était seulement 18 % avec un seuil >5 µg/dL et 41 % avec un seuil >1,8 µg/dL; une suppression apparente ne suffit donc pas à exclure ces profils dans ce contexte étudié. [s6]
  • Les tests à 1 mg et à 8 mg répondent à des objectifs différents; le seuil de suppression de 55 % rapporté par Detomas concernait une cohorte avec syndrome de Cushing dépendant de l'ACTH déjà établi et ne remplace pas le seuil local du test nocturne à 1 mg. [s7]

Sources

  1. Lynnette K. Nieman, Beverly M. K. Biller, James W. Findling et al.. The Diagnosis of Cushing's Syndrome: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2008)
  2. Mesut Savas, Sonal Mehta, Nidhi Agrawal et al.. Approach to the Patient: Diagnosis of Cushing Syndrome (2022)
  3. Bjørn Olav Åsvold, Valdemar Grill, Ketil Thorstensen et al.. Association between posttest dexamethasone and cortisol concentrations in the 1 mg overnight dexamethasone suppression test (2012)
  4. Nora Vogg, Max Kurlbaum, Timo Deutschbein et al.. Method-Specific Cortisol and Dexamethasone Thresholds Increase Clinical Specificity of the Dexamethasone Suppression Test for Cushing Syndrome (2021)
  5. Jonathan S. Atkins, James Hawley, Laura Owen et al.. Serum cortisol assay performance following the 1 mg overnight dexamethasone suppression test (2023)
  6. Theodore C. Friedman. An Update on the Overnight Dexamethasone Suppression Test for the Diagnosis of Cushing's Syndrome: Limitations in Patients with Mild and/or Episodic Hypercortisolism (2006)
  7. Mario Detomas, Katrin Ritzel, Isabella Nasi-Kordhishti et al.. Outcome of CRH stimulation test and overnight 8 mg dexamethasone suppression test in 469 patients with ACTH-dependent Cushing’s syndrome (2022)