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Test de stimulation à l'ACTH

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le test de stimulation à l'ACTH mesure la réponse du cortisol à une stimulation par un analogue synthétique de l'ACTH et sert à explorer la réserve corticosurrénalienne lorsque l'insuffisance surrénalienne est envisagée. L'interprétation dépend du protocole, du moment du prélèvement, de la méthode de dosage et de la probabilité clinique prétest; le seuil du laboratoire et de la méthode utilisée prévaut.

À quoi sert cet examen

Le test court à la corticotropine est recommandé par l'Endocrine Society comme outil diagnostique de référence à la dose standard de 250 µg pour établir une insuffisance surrénalienne primitive; lorsqu'il n'est pas immédiatement possible, le dosage matinal de l'ACTH plasmatique et du cortisol est proposé comme dépistage initial. [s1]

Pour l'insuffisance surrénalienne secondaire, le test est utilisé parce qu'il est plus simple et mieux toléré que le test de tolérance à l'insuline, mais sa performance varie selon la dose, la voie d'administration, le calendrier des prélèvements et le dosage du cortisol. [s2]

Valeurs de référence

Population et contexteMesureValeur lue
849 personnes de plus de 14 ans ayant eu un SST standard [s7]Cortisol basal sérique [s7]394 ± 286,58 nmol/L [s7]
Même cohorte [s7]Cortisol sérique à 30 minutes [s7]722 ± 327,11 nmol/L [s7]
Même cohorte [s7]Cortisol sérique à 60 minutes [s7]827 ± 369,30 nmol/L [s7]
Même cohorte; seuil de réponse utilisé dans l'analyse [s7]Cortisol sérique à 60 minutes [s7]550 nmol/L [s7]

Les valeurs ci-dessus sont des valeurs observées ou un seuil d'étude, et non un intervalle biologique universel; le laboratoire doit appliquer l'intervalle ou le seuil validé pour sa méthode, sa population et son protocole. [s2,s3,s4,s7]

Seuils de décision et gravité

Méthode ou contextePrélèvementSeuil rapporté
Anciens dosages immunologiques; recommandation historique reprise dans la revue [s2]Pic à 30 ou 60 minutes après corticotropine [s2]>18,1 µg/dL (500 nmol/L) [s2]
Elecsys Cortisol génération II; études résumées dans la revue [s2]Cortisol à 30 minutes [s2]12,6–14,6 µg/dL [s2]
Beckman Access Cortisol; études résumées dans la revue [s2]Cortisol à 30 minutes [s2]13,3–14,9 µg/dL [s2]
Advia Centaur [s3]Cortisol sérique à 30 minutes [s3]>450 nmol/L [s3]
Architect [s3]Cortisol sérique à 30 minutes [s3]>430 nmol/L [s3]
Roche Modular System [s3]Cortisol sérique à 30 minutes [s3]>550 nmol/L [s3]
Roche Elecsys II; test court à 250 µg dans la source citée par Nanzer et al. [s2]Cortisol post-SST à 30 ou 60 minutes [s2]≥420 nmol/L [s2]
Cohorte rétrospective de 849 personnes de plus de 14 ans; SST standard [s7]Cortisol sérique à 60 minutes [s7]550 nmol/L [s7]

Les seuils divergent entre anciens et nouveaux dosages et entre plateformes; l'intervalle ou le seuil validé par le laboratoire pour la méthode, la population et le protocole réellement utilisés prévaut. [s2,s3,s4]

Interprétation

Une réponse de cortisol inférieure au seuil validé pour la méthode est compatible avec une réserve corticosurrénalienne insuffisante, mais le résultat doit être confronté au contexte clinique et au risque prétest; le test ne constitue pas à lui seul un diagnostic étiologique. [s1,s2]

Dans la cohorte de Butt et al., 72 personnes (9,49 %) avaient une réponse sous-optimale à 30 minutes mais atteignaient 550 nmol/L à 60 minutes, ce qui illustre qu'un prélèvement unique à 30 minutes peut classer certaines réponses comme insuffisantes à tort. [s7]

Un pic de cortisol supérieur au seuil applicable à la méthode est interprété comme une sécrétion stimulée adéquate dans les recommandations et synthèses citées; cette conclusion ne doit pas être transposée à une autre méthode sans validation correspondante. [s1,s2,s3]

Dans l'étude de Butt et al., aucun participant ayant une réponse optimale à 30 minutes n'avait une réponse sous-optimale à 60 minutes, tandis que 72 participants ont franchi le seuil de 550 nmol/L seulement à 60 minutes. [s7]

Facteurs qui faussent le résultat

  • Le protocole standard décrit dans la revue utilise 250 µg de corticotropine par voie intraveineuse, avec cortisol mesuré avant la stimulation puis à 30 et 60 minutes; les protocoles à faible dose utilisent 1 µg, mais la dose et la meilleure performance relative restent discutées. [s2]
  • Les nouveaux dosages du cortisol ont donné des concentrations sériques inférieures de 20 à 36 % à celles des anciennes méthodes dans les études résumées; un ancien seuil ne doit donc pas être reporté automatiquement sur un nouveau dosage. [s2]
  • Le test à faible dose exige une dilution technique; une enquête britannique a relevé 14 méthodes de dilution différentes, et la revue rapporte des pertes de l'analogue ACTH lors du passage dans les dispositifs, proportionnelles à la longueur du dispositif. [s2]
  • L'obésité peut modifier la réponse au test à faible dose: dans une étude randomisée de 20 personnes obèses et 20 témoins appariés, la dose fixe de 1 µg donnait à 30 minutes une médiane de 568,6 µg dans le groupe obèse contre 649,6 µg chez les témoins, avec intervalles interquartiles respectifs de 528,4–623,13 µg et 567,3–738,4 µg; ces unités et ce contexte sont ceux rapportés par la source. [s5]
  • Le moment du prélèvement est important: la revue rapporte que 10 à 24 % de personnes classées insuffisantes à 30 minutes étaient reclassées comme suffisantes lorsque le prélèvement à 60 minutes était réalisé; les résultats sur l'effet de l'heure de la journée sont limités et discordants. [s2]
  • Après chirurgie hypophysaire, la revue rapporte une recommandation de réaliser le test à 6 semaines et au moins 18 heures après la dernière dose d'hydrocortisone; ce calendrier concerne ce contexte postopératoire et ne remplace pas le protocole local. [s2]
  • Une revue nationale de 89 laboratoires a trouvé une variabilité du biais des méthodes de cortisol qui n'était pas systématiquement traduite dans les seuils utilisés; cette variabilité analytique limite la comparaison directe des résultats entre laboratoires. [s4]
  • Dans une revue rétrospective de 363 personnes prises en charge dans des hôpitaux du Queensland, 22 personnes (6,1 %) avaient un événement indésirable documenté pendant ou après le SST; le test n'est donc pas exempt de risque procédural. [s6]

Sources

  1. Stefan Richard Bornstein, Bruno Allolio, Wiebke Arlt et al.. Diagnosis and Treatment of Primary Adrenal Insufficiency: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2016)
  2. Maria Francesca Birtolo, Simone Antonini, Andrea Saladino et al.. ACTH Stimulation Test for the Diagnosis of Secondary Adrenal Insufficiency: Light and Shadow (2023)
  3. Emilia Sbardella, Andrea Maria Isidori, Conor Woods et al.. Baseline morning cortisol level as a predictor of pituitary–adrenal reserve: a comparison across three assays (2016)
  4. Kamaljit Chatha, Jonathan Middle, Eric S. Kilpatrick et al.. National UK audit of the Short Synacthen Test (2010)
  5. Leonardo Mancillas-Adame, Adriana Sánchez-García, René Rodríguez-Gutiérrez et al.. Low-Dose ACTH Stimulation Test in Obesity: A Randomized Dose Assessment (2022)
  6. Elizabeth Wootton, Carel Pretorius, Matthew I. Balcerek et al.. A retrospective review of the short Synacthen test in Queensland hospitals (2024)
  7. Muhammad Imran Butt, Nouf Alzuhayri, Lama Amer et al.. Comparing the utility of 30- and 60-minute cortisol levels after the standard short synacthen test to determine adrenal insufficiency (2020)