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Test de suppression à la GH

Examen biologique : Endocrinologie et hormones. Le test mesure le nadir de l’hormone de croissance (GH) après une charge orale de 75 g de glucose, habituellement chez une personne à jeun, et il sert surtout à compléter l’évaluation biochimique lorsque les résultats de l’IGF-I et de la GH sont équivoques. Les seuils publiés divergent selon l’époque, la sensibilité et la calibration de l’immunodosage, le sexe, l’IMC et l’exposition aux œstrogènes; l’intervalle ou le seuil validé par la méthode et le laboratoire réalisant l’examen prévaut.

À quoi sert cet examen

La charge orale de glucose exploite la suppression physiologique de la sécrétion de GH; le nadir de GH après OGTT est utilisé comme examen dynamique complémentaire de l’évaluation de l’acromégalie, surtout lorsque les données biochimiques de première intention sont élevées ou discordantes [s1,s2,s3].

La recommandation de 2014 rapportait une absence de suppression à une GH d’au moins 1 µg/L après hyperglycémie documentée, tandis que les méthodes ultrasensibles ont conduit à proposer des seuils plus bas; ces critères ne sont pas interchangeables entre méthodes [s1,s2,s3].

Le consensus de 2023 indique que l’OGTT peut être utile lorsque les résultats sont équivoques et que les dosages doivent être interprétés avec le contexte clinique et la méthode validée utilisée par le laboratoire [s3].

Valeurs de référence

Population et méthodeProtocole ou tempsRepère de GH
Adultes évalués selon la recommandation Endocrine Society 2014 [s1]Après charge orale de 75 g et hyperglycémie documentée; nadir pendant l’OGTT [s1]Suppression attendue sous 1 µg/L; une GH ≥1 µg/L correspond au seuil historique de non-suppression rapporté [s1]
Adultes évalués avec un immunodosage GH ultrasensible [s2,s3,s4]Après charge orale de 75 g; nadir pendant l’OGTT [s2,s3,s4]Environ 0,4 µg/L comme seuil plus strict rapporté avec les dosages ultrasensibles [s2,s3,s4]
Adultes; seuils ajustés à l’IMC rapportés par le consensus 2023 à partir d’une étude antérieure [s3]Nadir après OGTT; immunodosage dépendant de la méthode [s3]<0,4 µg/L si IMC <25 kg/m²; <0,2 µg/L si IMC ≥25 kg/m² [s3]

Les repères de 1 µg/L, 0,4 µg/L et les seuils dépendant de l’IMC sont des référentiels publiés dans des contextes analytiques distincts, et non une plage universelle; l’intervalle ou le seuil validé par la méthode, la calibration, la population et le laboratoire prévaut [s1,s2,s3,s4].

Seuils de décision et gravité

Population et protocoleTemps de prélèvementÉlément mesuré
Adultes; OGTT-GH standard après jeûne [s3]Après ingestion orale de 75 g de glucose; 30, 60, 90 et 120 minutes [s3]Nadir de GH parmi les prélèvements du test [s3]
Adultes étudiés dans une série de tests de suppression de 2016 à 2021 [s5]−15, 0, 30, 60, 90 et 120 minutes après 75 g; repos pendant l’épreuve [s5]GH et glucose plasmatiques mesurés sur prélèvements veineux [s5]

Le test étudié par Bugalho et al. comportait un jeûne nocturne, une charge orale standard de 75 g et des prélèvements veineux jusqu’à 120 minutes; le protocole local doit être comparé à cette description avant d’appliquer un seuil [s5].

Interprétation

Un nadir de GH ≥1 µg/L après hyperglycémie documentée était le seuil de non-suppression rapporté par la recommandation Endocrine Society 2014; ce repère appartient à ce référentiel et ne doit pas être transposé sans vérifier l’immunodosage [s1].

Avec les immunodosages ultrasensibles, des seuils de l’ordre de 0,3 à 0,4 µg/L ont été proposés; le consensus 2023 précise qu’il n’existe pas de seuil de GH supprimée qui exclue à lui seul toutes les situations et que les nadirs peuvent se chevaucher entre adultes sains et personnes atteintes d’acromégalie [s3,s4].

Dans une cohorte rétrospective de 110 personnes atteintes d’acromégalie, 30 personnes, soit 27 %, avaient une augmentation paradoxale de la GH supérieure à 25 % par rapport à la valeur basale pendant l’OGTT; l’étude définissait cette réponse sans consensus universel [s4].

Dans un cas publié, la GH après OGTT était à 0,45 µg/L lors d’une première épreuve puis à 1,44 µg/L lors d’une épreuve ultérieure chez le même homme de 55 ans, avec IGF-I resté au-dessus de l’intervalle de référence de 94–262 ng/mL; ce cas illustre une discordance intra-individuelle et ne constitue pas une plage de référence [s7].

Facteurs qui faussent le résultat

Le protocole recommandé par le consensus comprend 75 g de glucose après un jeûne; la GH est évaluée à 30, 60, 90 et 120 minutes. La durée du jeûne, la charge réellement ingérée, le repos et le respect des temps de prélèvement doivent être documentés [s3,s5].

Les seuils du nadir dépendent de l’immunodosage et de sa sensibilité; le consensus signale aussi une variabilité selon le sexe, l’IMC et l’utilisation d’un contraceptif oral contenant des œstrogènes [s2,s3].

Dans l’étude de Bugalho et al., 46 tests ont été identifiés, 2 tests avec augmentation paradoxale ont été exclus, et 44 tests ont été répartis en 16 tests avec nadir >1 µg/L et 28 tests avec nadir <1 µg/L; ces effectifs ne constituent pas des valeurs de référence générales [s5].

Parmi les personnes ayant obtenu une suppression de GH dans cette étude, le pic glycémique médian était de 177 mg/dL (9,8 mmol/L), le 75e percentile de 199 mg/dL (11 mmol/L) et le 25e percentile de 120,25 mg/dL (6,7 mmol/L); ces valeurs proviennent de cette population et de ce protocole et ne sont pas des seuils universels de GH [s5].

Dans une étude prospective de personnes atteintes d’acromégalie, 3 des 12 participants, soit 25 %, avaient une augmentation paradoxale de GH confirmée lors d’un OGTT précédé d’un inhibiteur de la DPP-4; les concentrations de GH étaient plus élevées chez 2 de ces 3 participants pendant l’épreuve précédée du médicament [s6].

Une réponse paradoxale ou un nadir discordant peut survenir malgré une charge de glucose; les données disponibles ne permettent pas d’utiliser une seule valeur isolée comme interprétation indépendante du contexte clinique, du profil glycémique, de l’IGF-I et de la méthode analytique [s3,s4,s7].

La méthode, la calibration, la matrice, les temps de prélèvement et l’intervalle de référence du laboratoire réalisant l’analyse prévalent sur les seuils publiés dans d’autres laboratoires; un résumé ne doit pas être assimilé au texte intégral d’une source [s2,s3].

Sources

  1. Laurence J. Katznelson; Edward R. Laws; Shlomo K. Melmed; et al.. Acromegaly: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline (2014)
  2. Amit Akirov; Hiba Masri-Iraqi; Idit Dotan; et al.. The Biochemical Diagnosis of Acromegaly (2021)
  3. Andrea Giustina; Nienke Ruurdje Biermasz; Felipe F. Casanueva; et al.. Consensus on criteria for acromegaly diagnosis and remission (2023)
  4. Virginie Atquet; Orsalia Alexopoulou; Dominique M. Maiter; et al.. Characteristics and treatment responsiveness of patients with acromegaly and a paradoxical GH increase to oral glucose load (2021)
  5. Maria João Bugalho; Mariana Lopes-Pinto; Ema Lacerda Nobre; et al.. In Search of the Hyperglycemic Threshold Required to Induce Growth Hormone (GH) Suppression (2023)
  6. Chiho Oba-Yamamoto; Hiraku Kameda; Hideaki Miyoshi; et al.. Acromegaly Cases Exhibiting Increased Growth Hormone Levels during Oral Glucose Loading with Preadministration of Dipeptidyl Peptidase-4 Inhibitor (2021)
  7. Wen-Hsuan Tsai; Ming-Nan Chien; Shuen-Han Dai; et al.. Acromegaly with initial negative oral glucose tolerance test: a case report (2023)