Test de tolérance au glucose oral
Examen biologique : Endocrinologie et hormones. L’OGTT mesure la glycémie plasmatique à jeun puis après ingestion orale d’une charge de glucose; les protocoles et seuils diffèrent selon la grossesse et la population évaluée. Chez la femme enceinte, le protocole 75 g comporte classiquement des prélèvements à jeun, à 1 heure et à 2 heures, mais des critères OMS, IADPSG, ADA et autres peuvent classer différemment un même profil. La reproductibilité et la fiabilité analytique ne sont pas parfaites, ce qui impose de documenter le protocole et de privilégier l’intervalle et la méthode du laboratoire.
À quoi sert cet examen
L’examen caractérise la réponse glycémique après une charge orale standardisée et sert de test de référence dans plusieurs protocoles d’évaluation de l’intolérance au glucose et de l’hyperglycémie pendant la grossesse [s1,s2,s3].
Dans l’étude HAPO, les concentrations maternelles de glucose pendant l’OGTT étaient continûment associées au poids de naissance et au peptide C sérique du sang de cordon, y compris sous les seuils utilisés pour le diabète [s2].
Pendant la grossesse, l’IADPSG recommande un OGTT de 75 g à 2 heures; l’OMS décrit aussi un protocole 75 g, tandis que d’autres organisations utilisent un parcours en deux étapes avec charge de 50 g puis OGTT de 100 g [s1,s3].
Valeurs de référence
| Population et contexte | Temps | Repère de glucose plasmatique |
|---|---|---|
| Adultes non enceintes classés comme ayant une tolérance normale dans une étude utilisant les critères ADA | À jeun | <5,6 mmol/L [s8] |
| Adultes non enceintes classés comme ayant une tolérance normale dans une étude utilisant les critères ADA | 2 h après 75 g | <7,8 mmol/L [s8] |
| Adultes non enceintes; zone d’altération de la glycémie à jeun selon les critères ADA rapportés par l’étude | À jeun | 5,6 à <7,0 mmol/L [s8] |
| Adultes non enceintes; zone d’intolérance au glucose selon les critères ADA rapportés par l’étude | 2 h après 75 g | 7,8 à <11,1 mmol/L [s8] |
| Adultes non enceintes; seuil glycémique associé au diabète dans une revue de classification | À jeun | 7,0 mmol/L [s7] |
| Adultes non enceintes; seuil glycémique associé au diabète dans une revue de classification | 2 h après 75 g | 11,1 mmol/L [s7] |
L’intervalle de référence ou de décision du laboratoire prévaut, car la méthode, la matrice, la population et le protocole de charge peuvent modifier l’interprétation [s1,s3,s5].
Dans une étude camerounaise de femmes enceintes, la reproductibilité d’un OGTT 75 g répété était de 74,2 % et le kappa était de 0,46; cette donnée de reproductibilité ne constitue pas un intervalle de référence et ne remplace pas les seuils du laboratoire [s6].
L’étude camerounaise signale aussi que les résultats obtenus sur sang capillaire avec glucomètre ne sont pas directement comparables à ceux d’un dosage du glucose plasmatique veineux enzymatique, ce dernier étant présenté comme la méthode la plus fiable dans ce contexte [s6].
Seuils de décision et gravité
| Population et protocole | Temps | Seuil rapporté |
|---|---|---|
| Grossesse; IADPSG, OGTT 75 g entre 24 et 28 semaines | À jeun | 92 mg/dL [s1] |
| Grossesse; IADPSG, OGTT 75 g entre 24 et 28 semaines | 1 h | 180 mg/dL [s1] |
| Grossesse; IADPSG, OGTT 75 g entre 24 et 28 semaines | 2 h | 153 mg/dL [s1] |
| Grossesse; WHO 2013, critères rapportés dans l’étude comparative | 2 h après 75 g | 140 mg/dL [s4] |
| Grossesse; test DIPSI non à jeun étudié en Inde | 2 h après 75 g | >140 mg/dL [s4] |
Pour l’IADPSG, un seul des trois résultats du protocole 75 g peut dépasser le seuil rapporté; le choix d’un autre référentiel, notamment OMS ou ADA, peut modifier le classement du même profil [s1,s3,s4].
Les seuils de grossesse ci-dessus ne sont pas interchangeables avec les repères de l’adulte non enceinte; l’intervalle ou le seuil validé par la méthode et le laboratoire réalisant l’examen prévaut [s1,s3].
Interprétation
Chez l’adulte non enceinte, une glycémie à 2 heures comprise entre 7,8 et <11,1 mmol/L après 75 g correspond à la zone d’intolérance au glucose utilisée dans l’étude citée; une glycémie à jeun comprise entre 5,6 et <7,0 mmol/L correspond à la zone d’altération de la glycémie à jeun selon les critères ADA rapportés [s8].
Une glycémie à jeun de 7,0 mmol/L ou une glycémie à 2 heures de 11,1 mmol/L après 75 g est le seuil associé au diabète dans la revue de classification citée; ce résultat doit être interprété selon le protocole, la méthode et les règles de confirmation applicables, sans conclure à lui seul dans cette fiche [s7].
Pendant la grossesse, les valeurs à jeun, à 1 heure ou à 2 heures atteignant les seuils IADPSG rapportés sont compatibles avec le classement de l’OGTT selon ce référentiel; les critères OMS, ADA et autres peuvent donner un classement différent [s1,s3,s4].
Facteurs qui faussent le résultat
Pour le protocole 75 g étudié chez des femmes enceintes, le prélèvement veineux à jeun était réalisé après un jeûne nocturne de 8 à 14 heures; une alimentation non restreinte était conseillée pendant les jours précédant l’OGTT [s4].
Le protocole standard étudié comprenait un prélèvement veineux à jeun, l’ingestion orale de 75 g de glucose, puis deux prélèvements veineux à intervalles horaires; le glucose plasmatique était mesuré par méthode à l’hexokinase sur analyseur automatisé [s4].
Un test de 75 g administré sans tenir compte du dernier repas n’est pas équivalent au protocole à jeun: dans l’étude indienne, sa sensibilité par rapport au référentiel OMS était de 65,1 % et sa spécificité de 96,3 %, et sa sensibilité par rapport à l’IADPSG était de 71,4 % et sa spécificité de 96,9 % [s4].
Dans l’étude de fiabilité analytique, l’erreur totale admissible de mesure du glucose plasmatique était considérée inférieure à 6,9 %; en faisant varier les trois résultats dans cette marge, la fréquence estimée du classement gestationnel variait de 4,5 % à 25,3 % dans la cohorte étudiée [s5].
La reproductibilité du résultat peut être limitée: dans l’étude camerounaise, elle était de 74,2 %, et l’âge ainsi que l’IMC étaient associés aux résultats non reproductibles [s6].
La charge, le temps depuis le dernier repas, le respect du jeûne, le type d’échantillon, la méthode analytique, le délai de séparation et les conditions de conservation doivent être documentés par le laboratoire; les sources consultées montrent que ces éléments peuvent modifier la comparabilité des résultats [s4,s5,s6].
Sources
- International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups Consensus Panel. International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups Recommendations on the Diagnosis and Classification of Hyperglycemia in Pregnancy (2010)
- Boyd E. Metzger; et al.. Hyperglycemia and Adverse Pregnancy Outcomes (2008)
- MM Agarwal; Michel Boulvain; Stephen Colagiuri; et al.. Diagnostic criteria and classification of hyperglycaemia first detected in pregnancy: A World Health Organization Guideline (2014)
- Reva Tripathi; Vinod Kumar Gupta; Shakun Tyagi; et al.. Evaluation of 75 g glucose load in non-fasting state [Diabetes in Pregnancy Study group of India (DIPSI) criteria] as a diagnostic test for gestational diabetes mellitus (2017)
- Basilio Pintaudi; Giacoma Di Vieste; Rosario D’Anna; et al.. The Analytical Reliability of the Oral Glucose Tolerance Test for the Diagnosis of Gestational Diabetes: An Observational, Retrospective Study in a Caucasian Population (2022)
- Yvonne Nangeh Munang; Jean Jacques Noubiap; Célestin Danwang; et al.. Reproducibility of the 75 g oral glucose tolerance test for the diagnosis of gestational diabetes mellitus in a sub-Saharan African population (2017)
- Ronald Goldenberg; Zubin Punthakee. Definition, Classification and Diagnosis of Diabetes, Prediabetes and Metabolic Syndrome (2013)
- Danit Ariel; Gerald M. Reaven. Modulation of coronary heart disease risk by insulin resistance in subjects with normal glucose tolerance or prediabetes (2014)