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Vitamine A (rétinol)

Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le dosage du rétinol sérique contribue à l’évaluation du statut en vitamine A, notamment dans les études de carence et certaines situations de malabsorption; les concentrations de vitamine A sont aussi mesurées dans l’évaluation d’une toxicité. Les seuils et intervalles dépendent de la population, de la méthode et du contexte inflammatoire; les seuils OMS cités ici concernent surtout l’évaluation de la charge de carence dans des populations et ne constituent pas un diagnostic individuel universel.

À quoi sert cet examen

Le rétinol sérique est un indicateur biochimique utilisé, avec la protéine de liaison du rétinol (RBP), pour déterminer si la carence en vitamine A constitue un problème de santé publique. [s2]

Le dosage peut documenter un statut en vitamine A insuffisant dans des contextes nutritionnels ou de malabsorption; chez l’enfant, les concentrations de rétinol sont utilisées pour surveiller des carences liées notamment à la malabsorption secondaire à des troubles gastro-intestinaux. [s3,s4]

Valeurs de référence

Les intervalles ci-dessous sont ceux d’une étude de dosage chromatographique et ne remplacent pas l’intervalle établi par le laboratoire pour sa méthode, sa population et son matériel. [s1,s3,s4]

PopulationIntervalle de référence du rétinol sériqueMéthode et portée
Hommes adultes [s1]0,61–1,33 mg/L [s1]Intervalle rapporté pour le dosage sérique chromatographique; il s’agit d’un repère d’étude, pas d’une limite universelle. [s1,s3]
Femmes adultes [s1]0,44–1,19 mg/L [s1]Intervalle rapporté pour le dosage sérique chromatographique; il s’agit d’un repère d’étude, pas d’une limite universelle. [s1,s3]
Population et usageValeur rapportéeInterprétation de la source
Évaluation de la prévalence de la carence dans un échantillon représentatif d’enfants d’âge préscolaire (6–71 mois) [s2]<0,70 µmol/L (20 µg/dL) [s2]Seuil proposé lorsque cette concentration concerne au moins 15 % de la population échantillonnée; il s’agit d’un indicateur de problème de santé publique, non d’un diagnostic individuel universel. [s2]
Enfants kényans de 6–12 ans étudiés par HPLC [s5]<0,70 µmol/L [s5]Seuil utilisé pour définir la carence en vitamine A dans cette étude; la prévalence observée par HPLC était de 18 % dans cette cohorte. [s5]
Enfants ghanéens comparés au test MRDR [s6]<0,7 µmol/L [s6]Seuil utilisé pour classer le rétinol sérique dans cette étude de performance diagnostique; il ne remplace pas les critères de la population ou du laboratoire. [s6]

Les seuils de 0,70 µmol/L sont concordants dans les études citées, mais leurs usages divergent: indicateur de prévalence populationnelle pour l’étude méthodologique, définition de groupe d’étude chez des enfants kényans, et comparaison à un test de référence chez des enfants ghanéens. [s2,s5,s6]

Les intervalles pédiatriques chiffrés par tranche d’âge ne sont pas repris ici: les études consultées indiquent qu’ils sont âge-dépendants et propres à la cohorte et à la méthode, mais les extraits vérifiés disponibles ne fournissent pas un tableau complet utilisable comme intervalle général. Le laboratoire réalisant le dosage fait foi. [s3,s4]

Seuils de décision et gravité

Le seuil de rétinol sérique <0,70 µmol/L (20 µg/dL) a été proposé pour apprécier la carence en vitamine A comme problème de santé publique lorsque la proportion concernée atteint au moins 15 % dans un échantillon représentatif d’enfants de 6 à 71 mois. [s2]

Dans l’étude kenyane, <0,70 µmol/L par HPLC était la définition opérationnelle de la carence en vitamine A chez des enfants de 6 à 12 ans; dans l’étude ghanéenne, <0,7 µmol/L était le seuil de classement du rétinol sérique dans la comparaison au MRDR. [s5,s6]

Interprétation

Une concentration basse est compatible avec un statut en vitamine A insuffisant; l’interprétation doit tenir compte de la population étudiée et du contexte clinique ou nutritionnel. [s2,s3]

La mesure des faibles concentrations exige une précision analytique élevée; l’article méthodologique consulté recommande l’analyse par HPLC pour le rétinol sérique bas. [s2]

Une concentration diminuée peut être difficile à interpréter lorsque l’inflammation modifie les concentrations de rétinol ou de ses protéines de transport; les études africaines consultées ont évalué des ajustements à l’inflammation et des marqueurs de substitution sans établir un seuil individuel universel. [s5,s6]

Le dosage du rétinol sérique est aussi utilisé dans l’évaluation d’une toxicité de la vitamine A, mais les sources consultées ici ne fournissent pas de limite chiffrée de toxicité vérifiée et applicable à toutes les méthodes. [s3]

Facteurs qui faussent le résultat

La méthode analytique modifie la comparabilité: les sources retenues décrivent la chromatographie liquide haute performance (HPLC), et les intervalles de référence pédiatriques sont rapportés comme dépendants de l’âge et de la méthode. [s1,s3,s4,s5]

Le prélèvement et la conservation comptent: dans l’étude kenyane, le sang était veineux, les enfants à jeun et les échantillons de sérum protégés de la lumière avant l’analyse HPLC. [s5]

L’inflammation est un facteur de confusion important. Dans l’étude kenyane, la relation entre RBP et rétinol était décrite comme influencée notamment par l’inflammation; l’étude ghanéenne a comparé le rétinol non ajusté et ajusté à l’inflammation et a observé des performances différentes selon l’indicateur et la procédure d’ajustement. [s5,s6]

La malnutrition protéino-énergétique, l’obésité, le statut martial et la grossesse sont rapportés comme facteurs susceptibles d’influencer la relation entre le rétinol et la RBP; ils doivent être conservés dans le contexte d’interprétation plutôt que corrigés tacitement. [s5]

L’âge et le sexe peuvent modifier les repères de référence: une étude adulte rapporte des intervalles distincts chez les hommes et les femmes, tandis que les études pédiatriques établissent des intervalles stratifiés par âge. [s1,s3,s4]

Sources

  1. S. W. McClean; M. E. Ruddel; E. G. Gross; J. J. DeGiovanna; G. L. Peck. Liquid-chromatographic assay for retinol (vitamin A) and retinol analogs in therapeutic trials. (1982)
  2. Saskia de Pee; Omar Dary. Biochemical indicators of vitamin A deficiency: serum retinol and serum retinol binding protein. (2002)
  3. Kamisha L. Johnson-Davis; Steve J. Moore; William E. Owen; Jeaneah M. Cutler; Elizabeth L. Frank. A rapid HPLC method used to establish pediatric reference intervals for vitamins A and E. (2009)
  4. Joshua E. Raizman; Ashley H. Cohen; Tracy Teodoro-Morrison; Betty Wan; Man Khun-Chen; Caitlin Wilkenson; Victoria Bevilaqua; Khosrow Adeli. Pediatric reference value distributions for vitamins A and E in the CALIPER cohort and establishment of age-stratified reference intervals. (2014)
  5. Elise F. Talsma; Hans Verhoef; Inge D. Brouwer; Anne S. Mburu-de Wagt; Paul J. M. Hulshof; Alida Melse-Boonstra. Proxy markers of serum retinol concentration, used alone and in combination, to assess population vitamin A status in Kenyan children: a cross-sectional study. (2015)
  6. Devika J. Suri; James P. Wirth; Seth Adu-Afarwuah; Nicolai Petry; Fabian Rohner; Jesse Sheftel; Sherry A. Tanumihardjo. Inflammation Adjustments to Serum Retinol and Retinol-Binding Protein Improve Specificity but Reduce Sensitivity when Estimating Vitamin A Deficiency Compared with the Modified Relative Dose-Response Test in Ghanaian Children. (2021)