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Vitamine B2 (riboflavine)

Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. La fiche concerne l’évaluation biologique du statut en vitamine B2 par le coefficient d’activation de la glutathion réductase érythrocytaire (EGRAC), l’excrétion urinaire de riboflavine sur 24 heures et, lorsque validé par le laboratoire, la riboflavine plasmatique. L’EGRAC est le biomarqueur fonctionnel le mieux documenté, mais les seuils et méthodes ne sont pas totalement standardisés; les valeurs du laboratoire, sa méthode et la population de référence prévalent.

À quoi sert cet examen

L’examen est demandé pour apprécier le statut en vitamine B2 lorsque l’apport alimentaire, l’absorption ou l’utilisation métabolique sont préoccupants, notamment dans des populations exposées à une alimentation pauvre en produits animaux, chez des personnes âgées ou dans certains contextes nutritionnels; la littérature rappelle que la carence peut être sous-reconnue lorsque les biomarqueurs sont rarement mesurés. [s1,s4,s7,s8]

L’EGRAC mesure le rapport entre l’activité in vitro de la glutathion réductase érythrocytaire en présence de FAD et son activité sans FAD ajouté. Un coefficient proche de 1 correspond à une saturation complète de l’enzyme par le FAD intracellulaire; une valeur plus élevée traduit une saturation incomplète et fournit une information indirecte sur le statut en riboflavine. [s2,s3]

L’excrétion urinaire sur 24 heures reflète surtout l’apport récent, car l’organisme stocke peu de riboflavine; elle est moins précise que l’EGRAC pour le statut à long terme. [s1,s6]

Valeurs de référence

Le laboratoire réalisant l’examen fait foi pour l’intervalle ou le seuil applicable, car la méthode EGRAC n’est pas standardisée et les populations étudiées ne sont pas interchangeables. Les repères ci-dessous sont des seuils publiés, non un intervalle universel de référence. [s2,s5]

Biomarqueur et population [s1,s2,s6]Valeur publiée [s1,s2]Contexte et réserve d’interprétation [s1,s2,s6]
EGRAC; adultes et autres groupes selon l’EFSA [s2]≤ 1,3, coefficient sans unité [s2]L’EFSA considère cette valeur comme indiquant un statut adéquat; elle précise que le seuil repose sur une relation avec l’excrétion urinaire et que la méthode n’est pas standardisée. [s2]
EGRAC; repère usuel NIH ODS [s1]≤ 1,2 adéquat; 1,2–1,4 déficit marginal; > 1,4 déficit [s1]Le NIH ODS indique que les seuils les plus appropriés restent incertains et qu’un EGRAC élevé ne reflète pas nécessairement le degré de déficit. [s1]
Excrétion urinaire totale de riboflavine sur 24 h; adulte sain avec statut suffisant [s1]≥ 120 µg/j [s1]Valeur rapportée par le NIH ODS pour des adultes sains replets; elle reflète fortement l’apport récent. [s1]
Excrétion urinaire totale de riboflavine sur 24 h; repère de déficit [s1]< 40 µg/j [s1]Seuil publié par le NIH ODS; il ne remplace pas la limite validée pour la méthode et la population du laboratoire. [s1]

Les résultats africains doivent être présentés comme des données de population et non comme des valeurs de référence de remplacement pour le laboratoire. [s2,s7]

Population et biomarqueur [s7]Résultat publié [s7]Portée [s7]
42 élèves du secondaire au Nigeria; EGRAC [s7]38 % présentaient un EGRAC > 1,30 au départ; la moyenne est passée de 1,26 à 1,08 après une supplémentation de 5 mg/j pendant 7 jours. [s7]Étude ancienne, petite et spécifique à une population scolaire; ces valeurs ne constituent pas un intervalle de référence adulte ou pédiatrique universel et ne remplacent pas la méthode du laboratoire. [s7]

Seuils de décision et gravité

Deux repères publiés divergent pour l’EGRAC: le NIH ODS rapporte l’usage habituel de ≤ 1,2 pour l’adéquation, 1,2–1,4 pour un déficit marginal et > 1,4 pour un déficit, tandis que l’EFSA retient ≤ 1,3 comme indication d’un statut adéquat. Cette divergence doit rester visible et le laboratoire doit préciser le seuil validé pour sa méthode. [s1,s2]

L’excrétion urinaire totale de riboflavine sur 24 heures est rapportée par le NIH ODS à ≥ 120 µg/j chez l’adulte sain replet et à < 40 µg/j comme repère de déficit; ces seuils sont sensibles à l’apport récent et ne constituent pas des valeurs critiques universelles. [s1]

Interprétation

Un EGRAC proche de 1 indique une saturation plus complète de la glutathion réductase par le FAD; dans ce contexte, une valeur ≤ 1,3 est considérée comme compatible avec un statut adéquat par l’EFSA, sous réserve de la méthode et de la population. [s2,s3]

Une excrétion urinaire totale inférieure à 40 µg/j est un repère publié comme compatible avec un déficit de riboflavine, mais elle doit être interprétée avec l’apport récent, l’âge et les médicaments. [s1]

Un EGRAC supérieur aux seuils publiés est compatible avec une saturation insuffisante de la glutathion réductase en FAD; les limites NIH ODS et EFSA ne sont pas identiques et ne permettent pas de graduer un déficit de façon universelle. [s1,s2]

Une excrétion urinaire élevée peut surtout témoigner d’un apport récent élevé ou d’une saturation tissulaire; elle ne doit pas être utilisée seule pour inférer le statut à long terme. [s1]

Facteurs qui faussent le résultat

La méthode EGRAC n’est pas standardisée; les différences de protocole analytique peuvent modifier la comparabilité des résultats entre laboratoires et entre enquêtes. [s2,s5]

L’EGRAC ne doit pas être interprété chez les personnes ayant un déficit en G6PD, car l’avidité accrue de leur glutathion réductase pour le FAD peut augmenter l’activité in vitro et masquer un statut bas en riboflavine. [s1,s2]

L’excrétion urinaire varie avec l’âge, peut augmenter lors d’un stress ou avec certains médicaments, et dépend fortement de l’apport récent; elle est donc moins représentative du statut prolongé que l’EGRAC. [s1]

Pour l’EGRAC, le protocole consulté utilise du sang EDTA ou héparine de lithium, trois lavages des hématies, une conservation à −70 °C et un contrôle de l’imprécision des doublons ne dépassant pas 10 %. Ces conditions sont celles du protocole publié et doivent être adaptées seulement après validation locale. [s3]

La riboflavine plasmatique dépend de la population, du moment du prélèvement et de la méthode analytique; l’étude chez des hommes chinois l’a évaluée comme marqueur de recherche, sans fournir ici de plage universelle transposable. [s6]

Sources

  1. National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements. Riboflavin - Health Professional Fact Sheet (2022)
  2. EFSA NDA Panel; Dominique Turck; Jean-Louis Bresson; et al.. Dietary Reference Values for riboflavin (2017)
  3. Damon A. Parkington; Albert Koulman; Kerry S. Jones. Protocol for measuring erythrocyte glutathione reductase activity coefficient to assess riboflavin status (2023)
  4. Leane Hoey; Helene McNulty; J. J. Strain. Studies of biomarker responses to intervention with riboflavin: a systematic review (2009)
  5. Marilyn H. E. Hill; Angela Bradley; Sohail Mushtaq; Elizabeth A. Williams; Hilary J. Powers. Effects of methodological variation on assessment of riboflavin status using the erythrocyte glutathione reductase activation coefficient assay (2009)
  6. Changjiang Guo; Jingyu Wei; Weina Gao; Lingling Pu; Zhenchuang Tang; Lingyan Li. Plasma riboflavin is a useful marker for studying riboflavin requirement in Chinese male adults (2016)
  7. O. A. Ajayi; O. A. James. Effect of riboflavin supplementation on riboflavin nutriture of a secondary school population in Nigeria (1984)
  8. Liadhan McAnena; Mary Ward; Adrian McCann; et al.. Riboflavin Deficiency Is Highly Prevalent in Females and Children across High and Low/Middle Income Countries Worldwide (2026)