Vitamine B6 plasmatique
Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. La vitamine B6 plasmatique mesure principalement le pyridoxal-5'-phosphate (PLP), forme coenzymatique active et biomarqueur plasmatique le plus couramment utilisé du statut en vitamine B6. Elle est demandée pour explorer un statut insuffisant ou élevé, notamment dans certains contextes de malabsorption, maladie rénale, grossesse, dénutrition, prise de médicaments ou supplémentation; l’intervalle dépend de la méthode, de la population et des conditions préanalytiques.
À quoi sert cet examen
Le PLP plasmatique est la mesure directe la plus courante du statut en vitamine B6; d’autres vitamères peuvent être mesurés dans le plasma, les érythrocytes ou les urines, et des indicateurs fonctionnels existent. [s5]
Le dosage peut contribuer à l’évaluation du statut en vitamine B6, au suivi biologique d’une supplémentation et à l’évaluation de situations cliniques où une insuffisance est envisagée, notamment la malabsorption, certaines maladies rénales, la grossesse, la dénutrition et l’exposition à certains médicaments. [s5]
Le PLP intervient comme cofacteur dans de nombreuses réactions enzymatiques, notamment liées au métabolisme des acides aminés, des glucides et des lipides, à la synthèse des neurotransmetteurs, à l’immunité et à la formation de l’hémoglobine. [s5]
Valeurs de référence
Le laboratoire qui réalise le dosage fait foi pour l’intervalle applicable, car les valeurs dépendent de la méthode, de la population, du jeûne, de la supplémentation et de la gestion de la lumière; les intervalles ci-dessous ne sont pas interchangeables. [s1,s2,s3]
| Population et contexte [s1,s2,s3] | Valeur de référence ou repère [s1,s2,s3] | Unité [s1,s2,s3] | Méthode et limites d’interprétation [s1,s2,s3] |
|---|---|---|---|
| Adultes sains donneurs de sang [s1] | 23–223 [s1] | nmol/L [s1] | Intervalle de référence dérivé avec une méthode HPLC; l’abstract indique aussi une stabilité du PLP pendant 24 heures à température ambiante et à 4–8 °C dans cette étude. [s1] |
| 129 sujets répartis en patients hospitalisés, patients ambulatoires et personnel [s3] | 32–170 [s3] | nmol/L [s3] | Limites de référence à 95 % obtenues avec un dosage fluorométrique enzymatique; aucune différence d’âge ou de sexe n’a été observée dans les groupes étudiés. [s3] |
| Femmes et hommes adultes de l’étude HPLC britannique [s2] | Moyennes: hommes 39,2; femmes 40,0 [s2] | nmol/L [s2] | Moyennes chez des adultes de 20–64 ans, non intervalle de référence; le seuil de 34,4 nmol/L utilisé dans l’étude a été questionné par les auteurs. [s2] |
Seuils de décision et gravité
Le NIH indique que des concentrations plasmatiques de PLP supérieures à 30 nmol/L ont été utilisées traditionnellement comme indicateur d’un statut adéquat chez l’adulte, tandis que le Food and Nutrition Board a utilisé 20 nmol/L comme indicateur principal d’adéquation pour établir les apports nutritionnels recommandés; ces repères ne sont pas un intervalle analytique universel. [s5]
Dans l’analyse NHANES citée par le NIH, une concentration de PLP inférieure à 20 nmol/L était classée comme basse; le seuil décrit une classification de population et ne remplace pas les limites propres à la méthode et au laboratoire. [s5]
L’étude HPLC de Bailey et al. a observé que plus de 26 % des groupes étudiés se situaient sous 34,4 nmol/L, mais elle a explicitement mis en question ce seuil de déficit au regard des apports alimentaires observés. [s2]
Interprétation
Une PLP plasmatique basse est compatible avec un statut insuffisant en vitamine B6, mais l’interprétation doit tenir compte du contexte clinique, de l’inflammation, de la fonction rénale, de la méthode et des conditions de prélèvement. [s5,s6]
Le NIH rapporte des concentrations de PLP tendant à être basses chez les personnes ayant une dépendance à l’alcool, une obésité, une grossesse, notamment avec prééclampsie ou éclampsie, ou un syndrome de malabsorption tel que maladie cœliaque, maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique. [s5]
Dans une cohorte d’adultes américains, le PLP plasmatique était inversement associé à plusieurs marqueurs systémiques de l’inflammation après ajustement de covariables; une valeur basse ne doit donc pas être attribuée à l’apport alimentaire seul. [s6]
Facteurs qui faussent le résultat
Les méthodes analytiques diffèrent, notamment HPLC, dosage fluorométrique enzymatique et LC-MS/MS; les intervalles et seuils doivent donc être lus avec la méthode et l’unité du compte rendu. [s1,s2,s3,s4]
L’âge, le sexe, l’état inflammatoire, la fonction rénale, la grossesse, la malabsorption, l’obésité, l’alcool et les médicaments peuvent modifier la PLP ou sa signification; les valeurs de groupes particuliers ne doivent pas être utilisées comme intervalle général. [s2,s5,s6]
Sources
- K. K. Panton; P. G. Farup; E. Sagen; U. F. Sirum; A. Asberg. Vitamin B6 in plasma - sample stability and the reference limits (2013)
- A. L. Bailey; A. J. Wright; S. Southon. High performance liquid chromatography method for the determination of pyridoxal-5-phosphate in human plasma: how appropriate are cut-off values for vitamin B6 deficiency? (1999)
- H. C. Poon; B. M. Schmidt. Enzymatic fluorometric assay for plasma pyridoxal 5'-phosphate (1991)
- C. J. Bates; K. D. Pentieva; N. Matthews; A. Macdonald. A simple, sensitive and reproducible assay for pyridoxal 5'-phosphate and 4-pyridoxic acid in human plasma (1999)
- National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements. Vitamin B6 — Fact Sheet for Health Professionals (2023)
- Lydia Sakakeeny; Ronenn Roubenoff; Martin Obin; et al.. Plasma Pyridoxal-5-Phosphate Is Inversely Associated with Systemic Markers of Inflammation in a Population of U.S. Adults (2012)