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Volume plaquettaire moyen (VPM)

Examen biologique : Hématologie. Le VPM mesure la taille moyenne des plaquettes et s’interprète avec la numération plaquettaire et les autres résultats de la NFS; il peut contribuer à l’évaluation des troubles hémorragiques et des maladies médullaires, mais ne permet pas à lui seul d’établir un diagnostic. Les intervalles dépendent de la population, de l’analyseur, de la méthode, de l’anticoagulant et du délai préanalytique; l’intervalle validé par le laboratoire local fait foi.

À quoi sert cet examen

Le VPM est calculé par un analyseur hématologique à partir de la distribution des volumes plaquettaires; il décrit la taille moyenne des plaquettes et donne une information indirecte sur leur renouvellement et leur activité. [s1,s3]

Il est généralement demandé dans le cadre d’une NFS, souvent avec la numération plaquettaire, pour aider à évaluer des symptômes ou des situations associés à un nombre de plaquettes trop élevé ou trop faible, ainsi que certains troubles hémorragiques ou médullaires. [s1]

Un résultat de VPM isolé ne suffit pas à diagnostiquer une affection: il doit être confronté à la numération plaquettaire, au contexte clinique, aux autres paramètres de la NFS et à l’intervalle de référence du laboratoire. [s1,s3]

Valeurs de référence

Les intervalles de référence publiés ne sont pas interchangeables: ils doivent être lus avec la population, l’analyseur et les conditions de mesure de l’étude; en pratique, l’intervalle validé par le laboratoire local fait foi. [s2,s3]

Population et méthodeIntervalle de référence du VPMPrécisions
Adultes turcs sains, 18–92 ans; cohorte finale n=326 [s2]7,2–11,7 fL; intervalle contenant 95 % des sujets [s2]VPM moyen 8,9 ± 1,4 fL; CELL-DYN 3700 SL; NFS réalisée le même jour dans les 6 heures [s2]
Population saine décrite dans une revue; population et analyseurs hétérogènes [s3]7,5–12,0 fL [s3]Fourchette générale de revue, à ne pas substituer à l’intervalle local [s3]

Chez des nourrissons de 1 à 17 mois vivant en zone rurale de l’ouest du Kenya, l’étude a établi des intervalles de référence du VPM par âge et sexe; ces données africaines sont présentées séparément et ne remplacent pas celles du laboratoire local. [s4]

ÂgeSexenMédiane (fL)Intervalle de référence à 95 % (fL) [s4]
1–6 mois [s4]Masculin [s4]362 [s4]7,1 [s4]5,7–9,3 [s4]
1–6 mois [s4]Féminin [s4]394 [s4]7,1 [s4]5,4–8,9 [s4]
6–12 mois [s4]Masculin [s4]200 [s4]7,3 [s4]5,7–9,7 [s4]
6–12 mois [s4]Féminin [s4]187 [s4]7,2 [s4]5,6–9,7 [s4]
12–17 mois [s4]Masculin [s4]149 [s4]7,0 [s4]5,6–9,5 [s4]
12–17 mois [s4]Féminin [s4]217 [s4]7,3 [s4]5,6–9,5 [s4]
1–17 mois, global [s4]Tous sexes [s4]1509 [s4]7,1 [s4]5,6–9,4 [s4]

Pour l’enfant, les intervalles doivent être adaptés à l’âge, au sexe lorsque nécessaire, à l’analyseur et à la méthode. La cohorte CALIPER comprenait 687 enfants et adolescents sains âgés de 30 jours à 18 ans, analysés sur le Mindray BC-6800Plus; les intervalles âge-sexe y ont été établis selon CLSI EP28-A3c. [s7]

Les valeurs numériques africaines disponibles chez l’enfant sont celles des nourrissons kenyans présentées dans la section valeurs_afrique; elles ne doivent pas être extrapolées aux enfants plus âgés. [s4,s7]

Seuils de décision et gravité

Un seuil clinique publié, distinct d’un intervalle de référence, est une valeur de VPM ≥8,8 fL étudiée chez des adultes thrombopéniques pour orienter vers une thrombopénie par destruction périphérique plutôt que par défaut de production médullaire; dans la cohorte de validation, sensibilité 77 %, spécificité 89 %, VPP 89 % et VPN 77 %. Ce seuil dépend de la population, de l’analyseur et de la question clinique et ne constitue pas un seuil universel ni un seuil critique. [s6]

Interprétation

Un VPM diminué correspond à des plaquettes plus petites et peut être compatible avec une production médullaire insuffisante; MedlinePlus cite notamment certains cancers, des effets indésirables médicamenteux, l’anémie aplasique, des maladies auto-immunes, des infections bactériennes ou virales, des maladies génétiques et un trouble lié à l’usage d’alcool. [s1]

Dans l’étude d’adultes thrombopéniques, le VPM moyen était de 7,2 ± 1,2 fL dans le groupe avec défaut de production médullaire, mais cette valeur décrit cette cohorte et ne remplace pas un intervalle de référence. [s6]

Un VPM augmenté correspond à des plaquettes plus grandes; il peut refléter la destruction accélérée de plaquettes plus anciennes avec libération de nouvelles plaquettes par la moelle, et être observé notamment dans la thrombopénie, les maladies myéloprolifératives, la prééclampsie, les cardiopathies, le diabète ou l’anémie hémolytique. [s1]

Les grandes plaquettes sont décrites comme plus réactives; un VPM élevé est associé dans la revue à une agrégation plaquettaire accrue et à une synthèse et libération augmentées de thromboxane A2 et de β-thromboglobuline, sans que cela suffise à poser un diagnostic. [s3]

Dans la cohorte de validation de patients thrombopéniques, le VPM moyen était de 10,4 ± 2,1 fL dans le groupe de destruction périphérique, contre 7,2 ± 1,2 fL dans le groupe de défaut de production médullaire. [s6]

Facteurs qui faussent le résultat

L’âge, le sexe, l’origine ethnique, le mode de vie et les facteurs génétiques peuvent modifier le VPM et la numération plaquettaire; ces facteurs doivent être pris en compte avec la population de référence. [s1]

Le VPM manque de standardisation interlaboratoires: l’analyseur, la méthode d’impédance ou optique, la température de l’échantillon et l’absence de calibrateur externe universel peuvent modifier le résultat. [s3]

Dans une étude sur du sang anticoagulé par K2-EDTA, le VPM est resté globalement stable pendant 0–16 heures, puis a changé significativement entre 20 et 48 heures à 4 °C, 10 °C et 23 °C; l’étude attribue cette évolution notamment au gonflement plaquettaire. [s5]

Le prélèvement ne nécessite pas de préparation particulière pour le VPM seul; un jeûne peut toutefois être requis si d’autres analyses sont prescrites sur le même prélèvement. [s1]

Sources

  1. National Library of Medicine. MPV Blood Test (2024)
  2. Demirin H, Ozhan H, Ucgun T, Celer A, Bulur S, Cil H, Gunes C, Ak Yildirim H. Normal range of mean platelet volume in healthy subjects: Insight from a large epidemiologic study (2011)
  3. Korniluk A, Koper-Lenkiewicz OM, Kamińska J, Kemona H, Dymicka-Piekarska V. Mean Platelet Volume (MPV): New Perspectives for an Old Marker in the Course and Prognosis of Inflammatory Conditions (2019)
  4. Ouma JO, Mulama DH, Otieno L, Owuoth J, Ogutu B, Oyieko J, Korir JC, Sifuna P, Singoei V, Owira V, Gondii SMO, Andagalu B, Otieno W. Clinical laboratory hematology reference values among infants aged 1month to 17 months in Kombewa Sub-County, Kisumu: A cross sectional study of rural population in Western Kenya (2021)
  5. Unalli OS, Ozarda Y. Stability of hematological analytes during 48 hours storage at three temperatures using Cell-Dyn hematology analyzer (2021)
  6. Norrasethada L, Khumpoo W, Rattarittamrong E, Rattanathammethee T, Chai-Adisaksopha C, Tantiworawit A. The use of mean platelet volume for distinguishing the causes of thrombocytopenia in adult patients (2019)
  7. Bohn MK, Wilson S, Steele S, Adeli K. Comprehensive pediatric reference intervals for 79 hematology markers in the CALIPER cohort of healthy children and adolescents using the Mindray BC-6800Plus system (2023)