Zinc
Examen biologique : Biochimie générale et métabolisme. Dosage quantitatif du zinc dans le sérum ou le plasma, généralement par spectrométrie d’absorption atomique ou spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif. Il aide à rechercher une insuffisance en zinc ou à évaluer un statut nutritionnel, mais une valeur isolée ne diagnostique pas à elle seule une carence individuelle en raison d’une sensibilité et d’une spécificité imparfaites et de nombreux facteurs préanalytiques et inflammatoires.
À quoi sert cet examen
**Indications**: Indications possibles: suspicion clinique ou nutritionnelle de carence, malabsorption ou maladie intestinale, brûlures avec pertes exsudatives, nutrition parentérale, acrodermatite ou suivi spécialisé d’une supplémentation. Au niveau populationnel, le zinc sérique/plasmatique est utilisé avec des indicateurs alimentaires, fonctionnels et inflammatoires pour estimer le risque de déficit et suivre une intervention [s1,s3]. Une indication doit préciser la question clinique, la matrice et le moment du prélèvement afin d’éviter une interprétation hors contexte [s1,s2].
Le zinc est un oligoélément essentiel et un cofacteur de nombreuses protéines, notamment des enzymes impliquées dans la synthèse de l’ADN et de l’ARN, le métabolisme et la cicatrisation [s2]. Le dosage sérique/plasmatique est surtout utile pour rechercher une déplétion ou un risque de carence dans un contexte clinique compatible, et pour l’évaluation de groupes ou de programmes nutritionnels; il ne remplace pas l’évaluation alimentaire, clinique et inflammatoire [s1].
Seuils de décision et gravité
**Lecture du résultat**: Lire d’abord l’unité, la matrice, la méthode, l’intervalle et les commentaires du laboratoire exécutant; cet intervalle fait foi. Ne pas confondre: (1) intervalle de référence, qui décrit une population saine avec une méthode donnée; (2) seuil décisionnel IZiNCG, qui dépend de l’heure et du jeûne; (3) seuil diagnostique individuel, pour lequel il n’existe pas de valeur universelle; et (4) cible thérapeutique, qui n’est pas établie par ce dosage seul [s1,s2]. Une concentration basse soutient une association avec un risque de déficit mais ne suffit pas à poser le diagnostic, car la sensibilité et la spécificité du zinc sérique sont imparfaites et l’inflammation, l’heure, le repas et la préanalyse peuvent déplacer le résultat [s1,s2]. En cas de suspicion, interpréter avec contexte clinique et alimentaire, CRP/AGP si pertinent, albumine/protéines et, selon le cas, cuivre [s1,s3].
Facteurs qui faussent le résultat
La concentration circulante varie avec l’heure du prélèvement et le statut alimentaire; l’âge, le sexe, la position, le garrot, l’alimentation, les protéines porteuses et l’inflammation peuvent aussi modifier l’interprétation [s1,s3]. Une infection ou une inflammation peut abaisser le zinc circulant, raison pour laquelle IZiNCG recommande de considérer la CRP et/ou l’AGP; une destruction musculaire lors d’une perte pondérale peut au contraire l’augmenter [s1]. Le zinc érythrocytaire étant beaucoup plus concentré que dans le sérum/plasma, une hémolyse même faible peut faussement augmenter le résultat [s2]. Le prélèvement capillaire a donné en moyenne 8 % de zinc de plus que le prélèvement veineux et le sérum 5 % de plus que le plasma dans une étude contrôlée d’adultes; les échantillons différés 4–24 heures étaient 5–12 % plus élevés [s2].
Sources
- Kenneth H. Brown; International Zinc Nutrition Consultative Group (IZiNCG). Assessing population zinc status with serum zinc concentration: Technical Brief (2012)
- David W. Killilea; Kathleen Schultz. Pre-analytical variables influence zinc measurement in blood samples (2023)
- Camila Xavier Alves; Naira Josele Neves de Brito; Karina Marques Vermeulen; Márcia Marília Gomes Dantas Lopes; Mardone Cavalcante França; Selma Sousa Bruno; Maria das Graças Almeida; José Brandão-Neto. Serum zinc reference intervals and its relationship with dietary, functional, and biochemical indicators in 6- to 9-year-old healthy children (2016)