Zinc plasmatique
Examen biologique : Vitamines, nutrition et oligoéléments. Le dosage du zinc plasmatique ou sérique est utilisé comme indicateur du statut en zinc, surtout au niveau des populations et pour les déficits modérés à sévères. L’interprétation individuelle est limitée par l’inflammation, l’état nutritionnel, l’heure du prélèvement, le repas, la grossesse, certains médicaments et les conditions de prélèvement; le résultat doit être lu avec l’intervalle propre à la méthode et au laboratoire.
À quoi sert cet examen
Le zinc plasmatique ou sérique est le biomarqueur actuellement le plus utilisé et le plus accepté pour apprécier le statut en zinc dans les études de population; il répond à une carence sévère et aux interventions de supplémentation, mais les déficits légers à modérés peuvent rester non détectés. [s3,s4]
En pratique de laboratoire, le dosage sérique est proposé pour aider à détecter une carence en zinc; les concentrations circulantes doivent toutefois être interprétées avec les facteurs de risque nutritionnels, les signes cliniques et le contexte inflammatoire, et non comme un diagnostic isolé. [s2]
Le résultat peut contribuer à l’évaluation d’un risque de déficit associé à une malnutrition, une malabsorption, des pertes digestives ou cutanées, une maladie chronique ou une alimentation insuffisante; ces situations sont des contextes compatibles et ne constituent pas à elles seules un diagnostic. [s2]
Valeurs de référence
Le laboratoire qui réalise le dosage fait foi pour l’intervalle de référence, car les matrices, méthodes, tubes et populations ne sont pas interchangeables. Les repères ci-dessous proviennent de sources différentes et doivent être conservés avec l’unité et la méthode. [s2]
| Population | Intervalle ou repère | Unité et contexte |
|---|---|---|
| Personnes saines, NIH Office of Dietary Supplements [s2] | 80–120 [s2] | µg/dL (12–18 µmol/L) [s2] |
Seuils de décision et gravité
La fiche NIH rapporte, comme repères de statut insuffisant issus du panel BOND, une concentration sérique inférieure à 70 µg/dL chez les femmes et inférieure à 74 µg/dL chez les hommes; ces seuils ne remplacent pas la limite de référence du laboratoire ni l’évaluation du contexte clinique. [s2]
Pour l’interprétation de population, IZiNCG considère qu’une prévalence de concentrations plasmatiques ou sériques basses supérieure à 20 % indique un risque élevé de déficit en zinc et justifie une réponse de santé publique; ce seuil est populationnel et ne s’applique pas au diagnostic individuel. [s3]
Interprétation
Une concentration diminuée peut être compatible avec une infection ou une inflammation, une malnutrition, une hypoalbuminémie, une maladie digestive avec malabsorption ou pertes, une grossesse, un stress important ou certains traitements; ces facteurs peuvent abaisser le zinc circulant sans mesurer isolément les réserves tissulaires. [s2,s3,s4]
Le zinc circulant est abaissé dans les infections aiguës ou chroniques et dans l’inflammation; la mesure peut donc surestimer la fréquence d’un déficit nutritionnel si le contexte inflammatoire n’est pas pris en compte. [s3,s4]
L’hémolyse peut faussement augmenter le zinc, car la concentration érythrocytaire est beaucoup plus élevée que la concentration plasmatique ou sérique; un résultat élevé sur échantillon hémolysé doit donc être interprété avec prudence. [s1,s4]
Une augmentation liée au catabolisme musculaire pendant une perte de poids ou une maladie a été décrite comme facteur de variation du zinc circulant; elle ne permet pas à elle seule de conclure à un excès de zinc. [s2,s4]
Facteurs qui faussent le résultat
Le prélèvement, le tube et le délai de séparation influencent le résultat. Dans une étude de 60 adultes sains, le zinc capillaire était en moyenne supérieur de 0,054 mg/L (8 %) au zinc veineux, le sérum supérieur de 0,029 mg/L (5 %) au plasma, et les échantillons traités après 4 à 24 heures présentaient des valeurs supérieures de 5 à 12 %; ces chiffres sont des effets observés dans cette étude et non des corrections universelles. [s1]
Dans la même étude, un maintien temporaire à 20 °C ou 37 °C était associé à une hausse de 0,5 à 7 % du zinc plasmatique ou sérique. Les auteurs ont exclu les échantillons dont l’hémoglobine était au moins de 100 mg/dL, seuil opérationnel de leur protocole pour une hémolyse élevée, et non une limite générale de décision clinique. [s1]
Utiliser du matériel certifié ou contrôlé pour les éléments traces et éviter toute contamination externe, car le zinc est présent à faible concentration dans le plasma et le sérum. Éviter le prélèvement sur ligne, transférer l’échantillon sans reprendre la fraction cellulaire et rejeter ou recollecter selon la procédure du laboratoire en cas d’hémolyse importante. [s1]
L’heure du prélèvement, le repas, le jeûne, l’âge, le sexe, la grossesse, les contraceptifs oraux, certains médicaments, le stress, la position et la durée du garrot peuvent modifier la concentration. Le zinc plasmatique est généralement plus élevé le matin après un jeûne nocturne et peut varier jusqu’à 20 % au cours de la journée. [s3,s4]
La matrice et la méthode doivent être conservées avec le résultat: les sources décrivent l’ICP-MS ou l’ICP-MS/MS pour les dosages de laboratoire, tandis que les études nutritionnelles utilisent aussi l’ICP-OES et l’absorption atomique. Les valeurs de plasma et de sérum ne doivent pas être comparées sans vérifier la méthode et l’intervalle associé. [s1,s3]
Sources
- David W. Killilea; Kathleen Schultz. Pre-analytical variables influence zinc measurement in blood samples (2023)
- Office of Dietary Supplements, National Institutes of Health. Zinc - Health Professional Fact Sheet (2026)
- OpeN-Global, King's College London; IZiNCG. Human biomarkers of population zinc intake and status (2026)
- Marija Knez; Erick Boy. Existing knowledge on Zn status biomarkers (1963–2021) with a particular focus on FADS1 and FADS2 diagnostic performance and recommendations for further research (2023)