Abacavir
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antirétroviral - inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (INTI).
Indications
Infection par le VIH, en association à d'autres antirétroviraux, chez l'adulte, l'adolescent et l'enfant. Dépistage de l'allèle HLA-B*5701 obligatoire avant tout traitement contenant de l'abacavir ; ne pas utiliser chez les porteurs de cet allèle.
Posologie
Voie orale, au cours ou en dehors des repas ; prescription par un médecin expérimenté dans la prise en charge du VIH. Adulte, adolescent et enfant de 25 kg ou plus : 600 mg par jour, en une prise (2 comprimés de 300 mg) ou en deux prises de 300 mg. Enfant de 20 à moins de 25 kg : 450 mg par jour ; de 14 à moins de 20 kg : 300 mg par jour (en une ou deux prises). Solution buvable pour l'enfant de plus de 3 mois pesant moins de 14 kg. Comprimés écrasables dans un peu de nourriture semi-solide ou de liquide si nécessaire. Pas d'ajustement en cas d'insuffisance rénale, mais non recommandé en insuffisance rénale terminale ; non recommandé en insuffisance hépatique modérée ou sévère.
Contre-indications
Hypersensibilité à l'abacavir ou à l'un des excipients.
Mises en garde et précautions
Réaction d'hypersensibilité, potentiellement mortelle, surtout dans les 6 premières semaines (délai médian 11 jours) : fièvre et/ou éruption cutanée, symptômes respiratoires ou digestifs pouvant faire croire à une pneumonie ou une gastro-entérite ; arrêt immédiat et définitif ; réintroduction parfois mortelle même sans antécédent d'hypersensibilité, à faire seulement en milieu médicalisé. Risque d'événements cardiovasculaires (infarctus) : réduire les facteurs de risque modifiables. Prise de poids et anomalies lipidiques ou glycémiques. Pancréatite. Prudence avec la trithérapie abacavir-lamivudine-zidovudine si charge virale élevée. Co-infection par le VHB ou le VHC : risque hépatique accru. Syndrome de restauration immunitaire, ostéonécrose, infections opportunistes possibles.
Interactions
Faible risque d'interaction via le cytochrome P450. Inducteurs puissants (rifampicine, phénobarbital, phénytoïne) : légère baisse des concentrations d'abacavir. Méthadone : clairance de la méthadone augmentée (surveiller un éventuel sevrage, adapter la dose). Riociguat : exposition environ triplée, réduction de dose possible. Éthanol : ASC de l'abacavir augmentée d'environ 41 % (non significatif).
Grossesse et allaitement
Grossesse : données de plus de 800 grossesses exposées au premier trimestre sans augmentation des malformations ; passage placentaire. Allaitement : abacavir excrété dans le lait ; il est recommandé aux femmes vivant avec le VIH de ne pas allaiter afin d'éviter la transmission du VIH.
Effets indésirables
Fréquents : anorexie, céphalées, nausées, vomissements, diarrhée, éruption cutanée (sans signe systémique), fièvre, léthargie, fatigue. Rares : pancréatite. Très rares : acidose lactique, érythème polymorphe, syndrome de Stevens-Johnson, syndrome de Lyell. Hypersensibilité (voir vigilance).
Mécanisme d'action
Inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (INTI, code ATC J05AF06), actif sur le VIH-1 et le VIH-2 ; métabolisé dans la cellule en carbovir triphosphate, qui inhibe la transcriptase inverse et interrompt la chaîne d'ADN viral.
Pharmacocinétique
Biodisponibilité orale d'environ 83 % ; pic en 1,5 heure environ (comprimé). Liaison aux protéines d'environ 49 % ; volume de distribution d'environ 0,8 l/kg. Métabolisme hépatique par l'alcool déshydrogénase et la glucuronyltransférase ; demi-vie d'environ 1,5 heure.
Conservation
À une température ne dépassant pas 30 °C (durée de conservation de 3 ans).
Source
RCP européen (EMA) de ZIAGEN 300 mg, comprimé pelliculé, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 68556562), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
ABACAVIR ARROW, ABACAVIR SANDOZ, ABACAVIR VIATRIS, ZIAGEN.