Bendamustine
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - agent alkylant (chimiothérapie).
Indications
Leucémie lymphoïde chronique (stade Binet B ou C) en première ligne, lorsqu'une polychimiothérapie comportant de la fludarabine n'est pas appropriée ; lymphome non hodgkinien indolent en monothérapie, en progression pendant ou dans les 6 mois suivant un traitement par rituximab ; myélome multiple (stade II en progression ou stade III de Durie-Salmon) en première ligne, avec la prednisone, chez les patients de plus de 65 ans non éligibles à une autogreffe et présentant une neuropathie excluant le thalidomide ou le bortézomib.
Posologie
Perfusion intraveineuse de 30 à 60 minutes, sous le contrôle d'un médecin expérimenté en chimiothérapie. Leucémie lymphoïde chronique : 100 mg/m² de chlorhydrate de bendamustine à J1 et J2, toutes les 4 semaines, jusqu'à 6 cycles. Lymphome non hodgkinien indolent réfractaire au rituximab : 120 mg/m² à J1 et J2, toutes les 3 semaines, au moins 6 cycles. Myélome multiple : 120 à 150 mg/m² à J1 et J2 avec prednisone 60 mg/m² de J1 à J4, toutes les 4 semaines, au moins 3 cycles. Ne pas débuter si leucocytes inférieurs à 3 000/µl ou plaquettes inférieures à 75 000/µl ; interrompre ou reporter sous ces seuils, reprendre au-delà de 4 000 leucocytes/µl et 100 000 plaquettes/µl (nadir entre J14 et J20, récupération en 3 à 5 semaines). Toxicité non hématologique de grade 3 : réduire la dose de 50 % ; grade 4 : arrêt. Insuffisance hépatique modérée (bilirubine de 1,2 à 3 mg/dl) : réduire la dose de 30 %. Pas d'adaptation si la clairance de la créatinine est supérieure à 10 ml/min, ni chez le sujet âgé.
Contre-indications
Hypersensibilité à la bendamustine ou à l'un des excipients ; allaitement ; insuffisance hépatique sévère (bilirubine supérieure à 3 mg/dl) ; ictère ; myélosuppression sévère (leucocytes inférieurs à 3 000/µl ou plaquettes inférieures à 75 000/µl) ; chirurgie lourde dans les 30 jours précédents ; infections, notamment avec leucopénie ; vaccination contre la fièvre jaune.
Mises en garde et précautions
Myélosuppression : hémogramme au moins une fois par semaine en cas de myélosuppression. Infections graves et mortelles, dont infections opportunistes (pneumocystose, zona, cytomégalovirus) et leucoencéphalopathie multifocale progressive, surtout avec rituximab ou obinutuzumab ; lymphopénie et baisse des lymphocytes CD4 prolongées 7 à 9 mois : prophylaxie de la pneumocystose si CD4 inférieurs à 200/µl. Réactivation de l'hépatite B : dépistage avant traitement. Réactions cutanées sévères (Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique, DRESS), parfois mortelles. Cancers cutanés non mélanomes : examen cutané périodique. Troubles cardiaques : surveiller la kaliémie (supplémenter sous 3,5 mEq/l) et l'ECG ; infarctus et insuffisance cardiaque mortels rapportés. Syndrome de lyse tumorale dans les 48 heures : hydratation, surveillance du potassium et de l'acide urique, hypo-uricémiants. Réactions à la perfusion, rarement anaphylactiques : prémédication aux cycles suivants. Extravasation : arrêter la perfusion, refroidir, surélever le bras. Syndromes myélodysplasiques et leucémies secondaires.
Interactions
Myélosuppresseurs : toxicité médullaire potentialisée. Ciclosporine, tacrolimus : immunosuppression excessive avec risque de lymphoprolifération. Vaccins vivants atténués : réponse réduite et risque d'infection grave (vaccin contre la fièvre jaune contre-indiqué). Inhibiteurs du CYP1A2 (fluvoxamine, ciprofloxacine, aciclovir, cimétidine) : interaction possible. Allopurinol : quelques cas de Stevens-Johnson et de nécrolyse épidermique en association.
Grossesse et allaitement
Tératogène, embryofœtotoxique et génotoxique chez l'animal : ne pas utiliser pendant la grossesse sauf nécessité absolue, avec information et surveillance de la patiente (consultation génétique à envisager). Allaitement contre-indiqué. Contraception efficace chez la femme avant et pendant le traitement ; chez l'homme, ne pas concevoir pendant le traitement et 6 mois après, et proposer une conservation du sperme (risque d'infertilité irréversible).
Effets indésirables
Très fréquents : infections (dont opportunistes), leucopénie, thrombopénie, lymphopénie, céphalées, nausées, vomissements, inflammation des muqueuses, fatigue, fièvre, baisse de l'hémoglobine, hausse de la créatinine et de l'urée. Fréquents : syndrome de lyse tumorale, hémorragie, anémie, neutropénie, hypersensibilité, insomnie, vertiges, palpitations, angor, arythmie, hypotension, hypertension, insuffisance pulmonaire, diarrhée, constipation, stomatite, alopécie, urticaire, aménorrhée, douleur, frissons, déshydratation, anorexie, élévation des transaminases et de la bilirubine, hypokaliémie. Peu fréquents : pneumocystose, syndrome myélodysplasique, leucémie aiguë myéloïde, pancytopénie, épanchement péricardique, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque. Rares : septicémie, insuffisance médullaire, réactions anaphylactiques, somnolence. Très rares : hémolyse, choc anaphylactique, neuropathie périphérique, encéphalite, fibrose pulmonaire, hémorragie digestive, infertilité, défaillance multiviscérale. Fréquence indéterminée : fibrillation auriculaire, hémorragie alvéolaire, insuffisance hépatique, syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique, DRESS, insuffisance rénale.
Mécanisme d'action
Agent alkylant (code ATC L01AA09) : forme des liaisons covalentes croisées dans l'ADN simple ou double brin, altérant sa fonction de matrice, sa synthèse et sa réparation. Profil d'activité distinct des autres alkylants, avec peu de résistance croisée.
Pharmacocinétique
Demi-vie d'élimination d'environ 28 minutes après une perfusion de 30 minutes ; volume de distribution de 15,8 à 20,5 l ; liaison aux protéines supérieure à 95 % (albumine). Métabolisme par hydrolyse, par le CYP1A2 et par conjugaison au glutathion. Environ 20 % de la dose retrouvée dans les urines en 24 heures. Pas d'influence de l'âge ni d'une clairance de la créatinine supérieure à 10 ml/min.
Conservation
Pas de précaution particulière de conservation (3 ans). Reconstituer dès l'ouverture et diluer aussitôt dans du chlorure de sodium à 0,9 % ; solution diluée stable 3,5 heures à 25 °C et 48 heures entre 2 et 8 °C, à utiliser de préférence immédiatement.
Source
RCP ANSM/BDPM de BENDAMUSTINE ARROW 2,5 mg/mL, poudre pour solution à diluer pour perfusion (CIS 61826343), texte mis à jour le 03/04/2024, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
BENDAMUSTINE ARROW, BENDAMUSTINE MEDAC.