Bévacizumab
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - anticorps monoclonal anti-VEGF (biothérapie).
Indications
Chez l'adulte, en association : cancer colorectal métastatique (avec une chimiothérapie à base de fluoropyrimidine) ; cancer du sein métastatique en première ligne (avec le paclitaxel, ou avec la capécitabine si taxanes et anthracyclines ne conviennent pas) ; cancer bronchique non à petites cellules non épidermoïde avancé, métastatique ou en rechute, en première ligne (avec un sel de platine, ou avec l'erlotinib en cas de mutation activatrice de l'EGFR) ; cancer du rein avancé ou métastatique en première ligne (avec l'interféron alfa-2a) ; cancer épithélial de l'ovaire, des trompes ou péritonéal primitif (première ligne aux stades avancés, rechute sensible ou résistante aux sels de platine, selon des associations définies) ; carcinome du col de l'utérus persistant, en rechute ou métastatique (avec paclitaxel et cisplatine ou paclitaxel et topotécan).
Posologie
Perfusion intraveineuse sous le contrôle d'un médecin expérimenté ; première perfusion en 90 minutes, puis 60 minutes, puis 30 minutes si bien tolérée ; jamais en bolus ; ne pas agiter le flacon ni diluer dans du glucose. Cancer colorectal : 5 ou 10 mg/kg toutes les 2 semaines, ou 7,5 ou 15 mg/kg toutes les 3 semaines. Sein : 10 mg/kg toutes les 2 semaines ou 15 mg/kg toutes les 3 semaines. Poumon : 7,5 ou 15 mg/kg toutes les 3 semaines avec un sel de platine (jusqu'à 6 cycles puis en monothérapie) ; 15 mg/kg toutes les 3 semaines avec l'erlotinib. Rein : 10 mg/kg toutes les 2 semaines. Ovaire : 15 mg/kg toutes les 3 semaines (première ligne jusqu'à 15 mois au plus ; rechute sensible aux sels de platine) ; 10 mg/kg toutes les 2 semaines en rechute résistante (15 mg/kg toutes les 3 semaines avec le topotécan). Col de l'utérus : 15 mg/kg toutes les 3 semaines. Traitement poursuivi jusqu'à progression ou toxicité inacceptable. Pas de réduction de dose : suspension temporaire ou arrêt définitif selon l'effet indésirable. Non étudié en cas d'insuffisance rénale ou hépatique ; non établi chez l'enfant.
Contre-indications
Hypersensibilité au bévacizumab ou à l'un des excipients ; hypersensibilité aux produits des cellules ovariennes de hamster chinois ou à d'autres anticorps recombinants humains ou humanisés ; grossesse.
Mises en garde et précautions
Médicament biologique : enregistrer le nom et le numéro de lot. Perforations digestives et de la vésicule biliaire, fistules (dont fistules digestives-vaginales après radiothérapie dans le cancer du col) : arrêt définitif en cas de perforation ou de fistule trachéo-œsophagienne ou de grade 4. Cicatrisation altérée : ne pas débuter dans les 28 jours suivant une chirurgie lourde, suspendre avant une chirurgie programmée ; fasciite nécrosante. Hypertension artérielle : contrôler avant le traitement et surveiller ; arrêt si elle n'est pas contrôlée ou en cas de crise ou d'encéphalopathie hypertensive. Encéphalopathie postérieure réversible (confirmation par IRM, arrêt). Protéinurie : bandelette avant et pendant le traitement, arrêt en cas de syndrome néphrotique. Thromboembolies artérielles (AVC, infarctus), surtout après 65 ans, en cas de diabète ou d'antécédent : arrêt définitif ; thromboembolies veineuses de grade 4 : arrêt. Hémorragies, dont hémorragies pulmonaires parfois mortelles (ne pas traiter après une hémoptysie récente de plus de 2,5 ml) et cérébrales : arrêt en cas d'hémorragie de grade 3 ou 4. Anévrismes et dissections artérielles. Insuffisance cardiaque, surtout après anthracyclines. Neutropénies et infections sévères avec chimiothérapie myélotoxique. Réactions à la perfusion et anaphylaxie. Ostéonécrose de la mâchoire (bisphosphonates IV, soins dentaires) : examen dentaire préalable. Non formulé pour l'usage intravitréen. Insuffisance ovarienne : discuter la préservation de la fertilité. Contient du polysorbate 20.
Interactions
Pas d'interaction pharmacocinétique cliniquement significative avec les chimiothérapies associées, l'interféron alfa-2a ou l'erlotinib. Sunitinib : anémie hémolytique microangiopathique (réversible à l'arrêt). Sels de platine et taxanes : neutropénies sévères, neutropénies fébriles et infections plus fréquentes. Anticorps anti-EGFR (cétuximab, panitumumab) : ne pas associer à une chimiothérapie avec bévacizumab dans le cancer colorectal métastatique (survie diminuée, toxicité accrue). Radiothérapie concomitante : tolérance non établie.
Grossesse et allaitement
Contre-indiqué pendant la grossesse (risque d'anomalies congénitales par inhibition de l'angiogenèse fœtale ; anomalies fœtales rapportées). Contraception efficace pendant le traitement et 6 mois après. Allaitement : à interrompre pendant le traitement et pendant au moins 6 mois après la dernière dose. Fertilité féminine : insuffisance ovarienne, le plus souvent réversible.
Effets indésirables
Très fréquents : neutropénie fébrile, leucopénie, neutropénie, thrombopénie, anorexie, hypomagnésémie, hyponatrémie, neuropathie sensitive périphérique, céphalées, dysgueusie, dysarthrie, larmoiement, hypertension, thromboembolie veineuse, dyspnée, rhinite, épistaxis, toux, rectorragie, stomatite, constipation, diarrhée, nausées, vomissements, douleurs abdominales, complications de cicatrisation, dermatite exfoliante, sécheresse cutanée, arthralgies, myalgies, protéinurie, insuffisance ovarienne, asthénie, fatigue, fièvre, inflammation des muqueuses, perte de poids. Fréquents : septicémie, abcès, cellulite, infection urinaire, anémie, lymphopénie, réactions d'hypersensibilité ou liées à la perfusion, déshydratation, accident vasculaire cérébral, syncope, insuffisance cardiaque, tachycardie supraventriculaire, thromboembolie artérielle, hémorragie, hémorragie pulmonaire, embolie pulmonaire, perforation digestive, occlusion intestinale, fistules (dont recto-vaginales), syndrome main-pied, douleur pelvienne. Rares : encéphalopathie postérieure réversible, fasciite nécrosante. Rares ou de fréquence indéterminée : choc anaphylactique, encéphalopathie hypertensive, microangiopathie thrombotique rénale, anévrismes et dissections artérielles, hypertension pulmonaire, perforation de la cloison nasale, ulcère digestif, perforation de la vésicule biliaire, ostéonécrose de la mâchoire, anomalies fœtales.
Mécanisme d'action
Anticorps monoclonal humanisé (code ATC L01FG01) qui se lie au VEGF (facteur de croissance de l'endothélium vasculaire) et empêche sa liaison aux récepteurs VEGFR-1 et VEGFR-2 des cellules endothéliales : régression des vaisseaux tumoraux, normalisation des vaisseaux restants et inhibition de la néo-angiogenèse, d'où un ralentissement de la croissance tumorale.
Pharmacocinétique
Pharmacocinétique linéaire de 1 à 10 mg/kg. Volume du compartiment central d'environ 2,7 l chez la femme et 3,3 l chez l'homme. Catabolisme protéolytique comme les IgG endogènes, sans élimination rénale ou hépatique propre. Clairance d'environ 0,19 à 0,22 l/jour, accélérée en cas d'hypoalbuminémie ou de forte masse tumorale ; demi-vie d'environ 18 à 20 jours.
Conservation
Au réfrigérateur entre 2 et 8 °C, sans congeler, dans l'emballage à l'abri de la lumière (3 ans). Solution diluée dans du chlorure de sodium à 0,9 % : à utiliser de préférence immédiatement, sinon pas plus de 24 heures entre 2 et 8 °C.
Source
RCP européen (EMA) d'AVASTIN 25 mg/ml, solution à diluer pour perfusion, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 60391646), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
ABEVMY, ALYMSYS, AVASTIN, MVASI, OYAVAS, VEGZELMA, ZIRABEV.