Binimétinib
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - inhibiteur de BRAF ou de MEK (thérapie ciblée).
Indications
En association avec l'encorafénib, chez l'adulte : mélanome non résécable ou métastatique avec mutation BRAF V600 ; cancer bronchique non à petites cellules avancé avec mutation BRAF V600E.
Posologie
Voie orale : 45 mg deux fois par jour à environ 12 heures d'intervalle (90 mg par jour), avec l'encorafénib, pendant ou en dehors des repas, comprimés avalés entiers avec de l'eau (comprimés de 15 mg dispersables dans de l'eau ou un jus pour les patients ne pouvant avaler). Mutation BRAF confirmée au préalable par un test validé ; pas d'utilisation en cas de statut BRAF sauvage. Réduction à 30 mg deux fois par jour, interruption ou arrêt selon les effets indésirables. Pas d'adaptation en cas d'insuffisance rénale ni d'insuffisance hépatique légère ; non recommandé en cas d'insuffisance hépatique modérée ou sévère (encorafénib déconseillé).
Contre-indications
Hypersensibilité au binimétinib ou à l'un des excipients.
Mises en garde et précautions
Dysfonction ventriculaire gauche (baisse de la FEVG) : évaluation avant et pendant le traitement. Hémorragies, dont majeures. Toxicités oculaires (décollement de l'épithélium pigmentaire rétinien, occlusion de la veine rétinienne, uvéite) : examen ophtalmologique devant tout trouble visuel. Élévation des CPK et rhabdomyolyse. Hypertension : mesure de la pression artérielle. Thromboembolies veineuses. Pneumopathie interstitielle. Nouvelles tumeurs primitives cutanées (carcinome épidermoïde, kératoacanthome) et non cutanées avec l'encorafénib. Syndrome de lyse tumorale, parfois mortel. Anomalies du bilan hépatique. Surdosage : pas d'antidote.
Interactions
Glucuroconjugaison par l'UGT1A1 : prudence avec ses inducteurs (rifampicine, phénobarbital) et inhibiteurs (indinavir, atazanavir, sorafénib). Inducteurs du CYP1A2 (carbamazépine, rifampicine) et de la P-gp (millepertuis, phénytoïne) : exposition et efficacité possiblement réduites. Inducteur potentiel du CYP1A2 : prudence avec la duloxétine ou la théophylline. Faible inhibiteur de l'OAT3 : prudence avec la pravastatine ou la ciprofloxacine.
Grossesse et allaitement
Contraception efficace pendant le traitement et au moins 1 mois après la dernière dose. Grossesse : non recommandé (toxicité sur la reproduction chez l'animal).
Effets indésirables
Avec l'encorafénib, les plus fréquents (> 25 %) : fatigue, nausées, diarrhée, vomissements, douleurs abdominales, atteintes musculaires, arthralgies ; également élévation des CPK, troubles visuels, hypertension, hémorragies, baisse de la FEVG.
Mécanisme d'action
Inhibiteur non compétitif et réversible des kinases MEK1 et MEK2 (code ATC L01EE03) de la voie MAPK ; associé à un inhibiteur de BRAF, il renforce l'inhibition de cette voie dans les tumeurs mutées BRAF V600.
Pharmacocinétique
Absorption rapide (pic vers 1,5 heure), exposition non modifiée par un repas. Volume de distribution apparent d'environ 374 l. Métabolisme surtout par glucuroconjugaison (UGT1A1) ; métabolite actif formé par les CYP1A2 et CYP2C19.
Conservation
Pas de précaution particulière de conservation (durée de conservation de 3 ans).
Source
RCP européen (EMA) de MEKTOVI 15 mg, comprimé pelliculé, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 67712453), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
MEKTOVI.