Busulfan
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - agent alkylant (chimiothérapie).
Indications
Leucémie myéloïde chronique en cas de résistance ou de contre-indication aux autres traitements ; préparation (conditionnement) à la greffe de cellules souches hématopoïétiques.
Posologie
Voie orale, en cures ou en continu, dose ajustée sous étroit contrôle clinique et hématologique ; comprimés à ne pas diviser (un jour sans traitement peut être intercalé pour obtenir une dose moyenne plus faible). Leucémie myéloïde chronique, induction chez l'adulte : 0,06 mg/kg/jour (au plus 4 mg/jour au départ), en une prise ; augmentation seulement si la réponse est insuffisante après 3 semaines ; hémogramme au moins chaque semaine ; poursuivre jusqu'à des leucocytes de 15 à 25 × 10⁹/l (en général 12 à 20 semaines) puis arrêter (les leucocytes peuvent encore baisser pendant 2 semaines). Ne pas poursuivre après la chute des leucocytes ni si les plaquettes sont inférieures à 100 × 10⁹/l (aplasie prolongée voire irréversible). Entretien : 0,5 à 2 mg par jour pour maintenir les leucocytes entre 10 et 15 × 10⁹/l, hémogramme au moins toutes les 4 semaines ; nouvelles cures si leucocytes supérieurs à 50 × 10⁹/l. Doses plus faibles en association à d'autres cytotoxiques. Conditionnement avant greffe, adulte : 1 mg/kg toutes les 6 heures pendant 4 jours (16 doses), suivi de cyclophosphamide 60 mg/kg/jour pendant 2 jours, débuté au moins 24 heures après la 16e dose ; enfant : 480 mg/m² en 16 prises de 30 mg/m² (jusqu'à 600 mg/m²), débuté 7 jours avant la greffe. Patient obèse : dose basée sur la surface corporelle ou le poids idéal ; non recommandé chez l'enfant dont l'IMC dépasse 30 kg/m².
Contre-indications
Résistance antérieure au busulfan ; hypersensibilité au busulfan ou à l'un des excipients ; allaitement ; vaccins vivants atténués pendant le traitement et les 6 mois suivant l'arrêt. Contient du lactose : ne pas utiliser en cas d'intolérance au galactose, de déficit total en lactase ou de malabsorption du glucose et du galactose.
Mises en garde et précautions
Agent cytotoxique à utiliser sous la surveillance d'un praticien expérimenté. Surveillance attentive de l'hémogramme (insuffisance médullaire dose-dépendante, aplasie parfois irréversible). Toxicité pulmonaire : interrompre le traitement ; ne pas associer à une radiothérapie ni la suivre de trop près ; en cas d'anesthésie, fraction d'oxygène inspiré aussi faible que possible. Corriger l'hyperuricémie avant traitement, puis hydratation et allopurinol ; surveiller la fonction rénale. Prudence en cas d'insuffisance hépatique. Fortes doses (conditionnement) : prophylaxie anticonvulsivante par benzodiazépine plutôt que phénytoïne ; maladie veino-occlusive hépatique, surtout après radiothérapie, au moins trois cycles de chimiothérapie ou une greffe antérieure ; métronidazole déconseillé. Avec itraconazole ou métronidazole aux doses conventionnelles : hémogramme hebdomadaire. Mutagène, cancérogène et leucémogène (dysplasies épithéliales, cancers secondaires). Contraception pendant le traitement et 6 mois après chez la femme, 3 mois chez l'homme ; stérilité possible, conseil génétique et conservation des gamètes à envisager. Surdosage : pas d'antidote, dialyse à envisager.
Interactions
Contre-indiqués : vaccins vivants atténués (dont fièvre jaune) pendant le traitement et 6 mois après (sauf hydroxycarbamide dans la drépanocytose ; préférer les vaccins inactivés). Déconseillés : phénytoïne (neurotoxicité majorée) ; itraconazole (clairance du busulfan réduite de 20 %) et métronidazole (taux de busulfan augmentés d'environ 80 %) : toxicité accrue ; olaparib (myélosuppression majorée) ; le fluconazole ne modifie pas la clairance. Précautions d'emploi : antivitamines K (INR plus fréquent) ; paracétamol dans les 72 heures précédant ou pendant le traitement (métabolisme du busulfan réduit) ; déférasirox (exposition augmentée, dosages et adaptation). Autres cytotoxiques à toxicité pulmonaire : effets additifs. Cyclophosphamide : différer sa première dose de plus de 24 heures après la dernière dose de busulfan. À prendre en compte : immunosuppresseurs, ciclosporine, tacrolimus (lymphoprolifération) ; melphalan moins de 24 heures après le busulfan chez l'enfant (toxicité).
Grossesse et allaitement
Grossesse : déconseillé, surtout au premier trimestre (malformations, létalité embryofœtale, retard de croissance intra-utérin au troisième trimestre) ; évaluer bénéfice et risque. Contraception efficace pendant le traitement et 6 mois après chez la femme, 3 mois après chez l'homme ayant une partenaire en âge de procréer. Allaitement contre-indiqué. Fertilité : suppression ovarienne et aménorrhée, insuffisance ovarienne persistante et retard pubertaire après fortes doses chez la jeune fille ; azoospermie et atrophie testiculaire ; stérilité temporaire ou définitive.
Effets indésirables
Très fréquents : insuffisance médullaire dose-dépendante (thrombopénie, leucopénie, anémie, agranulocytose aux fortes doses) ; aux fortes doses : nausées, vomissements, diarrhée, ulcérations buccales, hyperbilirubinémie, ictère, maladie veino-occlusive hépatique, fibrose biliaire ; troubles ovariens, aménorrhée, insuffisance ovarienne, infertilité masculine, azoospermie. Fréquents : leucémie secondaire, pneumopathie interstitielle aux doses conventionnelles au long cours, alopécie (fortes doses), hyperpigmentation cutanée, cystite hémorragique (fortes doses avec cyclophosphamide). Peu fréquents : aménorrhée aux doses conventionnelles. Rares : aplasie médullaire, convulsions (fortes doses), cataracte, amincissement cornéen, troubles digestifs et sécheresse buccale aux doses conventionnelles, réactions cutanées (urticaire, érythème polymorphe ou noueux, sécheresse cutanée), syndrome de Sjögren. Très rares : gynécomastie. Fréquence indéterminée : pneumonie idiopathique (fortes doses), hypertension pulmonaire, hypoplasie dentaire, ictère et anomalies hépatiques aux doses conventionnelles, dysplasie.
Mécanisme d'action
Agent alkylant bifonctionnel de la famille des alkylsulfonates (code ATC L01AB01) : se fixe à l'ADN (formation de dérivés di-guanyl) ; effet sélectif sur la granulopoïèse, dont le mécanisme n'est pas entièrement connu.
Pharmacocinétique
Biodisponibilité orale très variable (47 à 103 %, 80 % en moyenne chez l'adulte), délai d'apparition plasmatique pouvant atteindre 2 heures. Volume de distribution d'environ 0,64 l/kg ; passage dans le liquide céphalorachidien à des concentrations proches du plasma. Métabolisme hépatique par conjugaison au glutathion (glutathion-S-transférase). Demi-vie de 2,3 à 2,8 heures ; 1 à 2 % éliminés inchangés dans les urines.
Conservation
À conserver à une température ne dépassant pas 25 °C (durée de conservation de 3 ans).
Source
RCP ANSM/BDPM de MYLERAN 2 mg, comprimé pelliculé (CIS 64700734), texte mis à jour le 16/08/2025, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
MYLERAN.