Cabazitaxel
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - taxane (chimiothérapie).
Indications
Cancer de la prostate métastatique résistant à la castration de l'adulte, précédemment traité par une chimiothérapie à base de docétaxel, en association à la prednisone ou à la prednisolone.
Posologie
Perfusion intraveineuse d'une heure, en unité spécialisée dans l'administration des cytotoxiques, sous le contrôle d'un médecin expérimenté, avec le matériel de traitement des réactions d'hypersensibilité à disposition ; ne pas utiliser de poches en PVC ni de tubulures en polyuréthane. Prémédication intraveineuse au moins 30 minutes avant chaque perfusion : antihistaminique (dexchlorphéniramine 5 mg ou diphénhydramine 25 mg), corticoïde (dexaméthasone 8 mg) et antihistaminique H2 ; prophylaxie antiémétique ; hydratation adéquate. Dose : 25 mg/m² toutes les 3 semaines, avec 10 mg par jour de prednisone ou de prednisolone par voie orale pendant tout le traitement. Réduction à 20 mg/m² (après report) en cas de neutropénie de grade ≥ 3 prolongée malgré le G-CSF, de neutropénie fébrile ou d'infection neutropénique (reprise si neutrophiles > 1 500/mm³), de diarrhée de grade ≥ 3 ou persistante, de neuropathie périphérique de grade > 2 ; puis 15 mg/m² ou arrêt si l'effet persiste. Insuffisance hépatique légère : 20 mg/m² ; modérée : 15 mg/m² au maximum ; sévère : contre-indiqué. Insuffisance rénale : pas d'adaptation hors dialyse, prudence au stade terminal. Pas d'adaptation chez le sujet âgé. Inhibiteur puissant du CYP3A inévitable : envisager une réduction de dose de 25 %. Pas d'utilisation chez l'enfant.
Contre-indications
Hypersensibilité au cabazitaxel, aux autres taxanes, au polysorbate 80 ou à l'un des excipients. Neutrophiles inférieurs à 1 500/mm³. Insuffisance hépatique sévère (bilirubine totale > 3 fois la normale). Vaccination concomitante contre la fièvre jaune.
Mises en garde et précautions
Réactions d'hypersensibilité, surtout lors des deux premières perfusions et dès les premières minutes (éruption, hypotension, bronchospasme) : arrêt immédiat et définitif si sévères. Myélosuppression : neutropénie (effet le plus fréquent), anémie, thrombopénie ; numération hebdomadaire au premier cycle puis avant chaque cycle ; prophylaxie primaire par G-CSF à envisager chez les patients à risque (plus de 65 ans, mauvais état général, antécédent de neutropénie fébrile, irradiation étendue, dénutrition). Toxicité digestive : diarrhée, nausées, vomissements, déshydratation (surtout après 65 ans, corriger le potassium) ; hémorragies, perforations, iléus et colites parfois mortels, en particulier en cas de neutropénie, d'âge avancé, d'AINS, d'antiagrégants ou d'anticoagulants, d'irradiation pelvienne ou d'antécédents digestifs. Neuropathie périphérique : évaluer avant chaque cure. Anémie : contrôler hémoglobine et hématocrite. Insuffisance rénale parfois mortelle : hydratation, créatinine à chaque bilan, interrompre si grade ≥ 3. Pneumopathie interstitielle parfois mortelle : interrompre jusqu'au diagnostic. Arythmies (tachycardie, fibrillation auriculaire). Sujet âgé plus exposé aux neutropénies. Contient de l'éthanol (573 mg par flacon de solvant) et du polysorbate 80 (allergies, effets cardiovasculaires, risque d'allongement du QT). Contraception masculine. Surdosage : pas d'antidote ; surveillance en unité spécialisée, G-CSF au plus tôt, traitement symptomatique.
Interactions
Métabolisme principal par le CYP3A (80 à 90 %). Inhibiteurs puissants du CYP3A (kétoconazole : exposition + 25 % ; itraconazole, voriconazole, clarithromycine, télithromycine, inhibiteurs de protéase, néfazodone) : à éviter, sinon surveillance et réduction de dose. Inducteurs puissants du CYP3A (rifampicine : exposition - 17 % ; phénytoïne, carbamazépine, rifabutine, rifapentine, phénobarbital) : à éviter ; millepertuis : à proscrire. Aprépitant : sans effet. Substrats de l'OATP1B1 (statines, valsartan, répaglinide) : les administrer au moins 12 heures avant et au moins 3 heures après la perfusion. Vaccins vivants : à éviter (vaccin contre la fièvre jaune contre-indiqué) ; réponse aux vaccins inactivés diminuée.
Grossesse et allaitement
Non indiqué chez la femme (toxicité sur la reproduction et passage placentaire chez l'animal ; excrétion dans le lait chez l'animal). Homme : contraception efficace pendant le traitement et jusqu'à 4 mois après l'arrêt (risque génotoxique) ; effet possible sur la fertilité masculine, conseil sur la conservation du sperme avant traitement.
Effets indésirables
Très fréquents : anémie (99 %), leucopénie, neutropénie (88 %, grade ≥ 3 chez 73 %), thrombopénie, diminution de l'appétit, diarrhée (42 %), nausées, vomissements, constipation, douleurs dorsales, hématurie, fatigue, asthénie. Fréquents : infection neutropénique ou état septique, sepsis, infections urinaires, cystite, syndrome grippal, zona, candidose, neutropénie fébrile (8 %), déshydratation, hyperglycémie, insomnie, anxiété, confusion, dysgueusie, neuropathie périphérique, paresthésies, vertiges, céphalées, larmoiement, fibrillation auriculaire, tachycardie, hypotension, hypertension, thrombose veineuse profonde, bouffées de chaleur, dyspnée, toux, pneumonie, embolie pulmonaire, douleurs abdominales, dyspepsie, reflux, stomatite, hémorragie rectale, alopécie, sécheresse cutanée, arthralgies, myalgies, insuffisance rénale aiguë, dysurie, rétention urinaire, hydronéphrose, fièvre, œdèmes, inflammation des muqueuses. Peu fréquents : choc septique, cellulite, hypersensibilité, hypokaliémie, polyneuropathie, acouphènes, hypotension orthostatique, iléus, gastrite, colite, perforation et hémorragie digestives, insuffisance rénale, obstruction urétérale.
Mécanisme d'action
Taxane (code ATC L01CD04) : se lie à la tubuline, favorise l'assemblage des microtubules et inhibe leur dépolymérisation ; la stabilisation des microtubules bloque la mitose et les fonctions cellulaires en interphase. Actif sur des tumeurs sensibles et insensibles au docétaxel.
Pharmacocinétique
Administration intraveineuse : pic à la fin de la perfusion d'une heure. Volume de distribution très élevé (environ 4 870 l) ; liaison aux protéines de 89 à 92 %. Métabolisme hépatique important (plus de 95 %), principalement par le CYP3A. Clairance d'environ 48,5 l/h et demi-vie terminale longue d'environ 95 heures. Élimination surtout fécale sous forme de métabolites (76 %), moins de 4 % urinaire.
Conservation
Flacons : à conserver à une température ne dépassant pas 30 °C, ne pas mettre au réfrigérateur (durée de conservation de 3 ans). Après mélange avec le solvant : 1 heure à température ambiante ; solution pour perfusion : 8 heures à température ambiante ou 48 heures au réfrigérateur (stabilité physico-chimique), à utiliser immédiatement d'un point de vue microbiologique.
Source
RCP européen (EMA) de JEVTANA 60 mg, solution à diluer et solvant pour solution pour perfusion, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 64883869), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
CABAZITAXEL ACCORD, CABAZITAXEL EVER PHARMA, CABAZITAXEL TILLOMED, CABAZITAXEL VIATRIS, CABAZITAXEL ZENTIVA, JEVTANA.