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Cétuximab

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - anticorps monoclonal anti-EGFR (biothérapie).

Indications

Cancer colorectal métastatique avec gène RAS de type sauvage exprimant l'EGFR : avec une chimiothérapie à base d'irinotécan ; avec le FOLFOX en première ligne ; en monothérapie après échec de l'oxaliplatine et de l'irinotécan et en cas d'intolérance à l'irinotécan. Cancer colorectal métastatique avec mutation BRAF V600E de l'adulte : avec l'encorafénib et le FOLFOX en première ligne, ou avec l'encorafénib après un traitement systémique antérieur. Carcinome épidermoïde de la tête et du cou : avec la radiothérapie en cas de maladie localement avancée ; avec une chimiothérapie à base de sels de platine en cas de maladie récidivante et/ou métastatique.

Posologie

Perfusion intraveineuse sous la surveillance d'un médecin expérimenté, avec matériel de réanimation ; surveillance pendant la perfusion et au moins 1 heure après. Prémédication par antihistaminique et corticoïde au moins 1 heure avant la première perfusion, recommandée ensuite. Statut RAS de type sauvage (KRAS et NRAS, exons 2 à 4) ou mutation BRAF V600E à prouver avant traitement. Schéma hebdomadaire : 400 mg/m² la première fois, puis 250 mg/m² chaque semaine ; schéma toutes les 2 semaines : 500 mg/m². Tête et cou avec radiothérapie : schéma hebdomadaire, débuté une semaine avant la radiothérapie et poursuivi jusqu'à sa fin. Chimiothérapie au moins une heure après la fin de la perfusion ; encorafénib avant la perfusion. Première perfusion lente en 120 minutes ; ensuite au plus 10 mg/minute (60 minutes pour 250 mg/m², 120 minutes pour 500 mg/m²). Réactions cutanées sévères (grade 3 ou plus) : interrompre jusqu'au retour au grade 2 ; reprise à pleine dose la première fois, puis réduite de 20 % puis de 40 % ; arrêt à la quatrième fois. Insuffisance hépatique modérée ou sévère et insuffisance rénale sévère : non étudiées. Pas d'utilisation justifiée chez l'enfant.

Contre-indications

Antécédent de réaction d'hypersensibilité sévère (grade 3 ou 4) au cétuximab ; association à une chimiothérapie à base d'oxaliplatine dans le cancer colorectal métastatique avec gène RAS muté ou de statut inconnu. Tenir compte des contre-indications de la chimiothérapie ou de la radiothérapie associées.

Mises en garde et précautions

Médicament biologique : enregistrer le nom et le numéro de lot. Réactions sévères à la perfusion, dont anaphylaxie et syndrome de relargage de cytokines, parfois mortelles, dès les premières minutes ou retardées : arrêt immédiat et définitif en cas de réaction sévère ; risque fortement accru en cas d'allergie à la viande rouge ou aux morsures de tiques (anticorps IgE anti-alpha-1,3-galactose) ; première perfusion lente avec surveillance des signes vitaux pendant au moins 2 heures. Pneumopathie interstitielle parfois mortelle : interrompre et explorer. Réactions cutanées très fréquentes, parfois sévères, avec surinfections (fasciite nécrosante, septicémie) : prophylaxie par tétracycline orale et hydrocortisone locale à envisager. Hypomagnésémie fréquente, hypokaliémie, hypocalcémie : ionogramme avant et pendant le traitement, supplémentation. Neutropénie sévère et infections avec les sels de platine. Événements cardiovasculaires sévères, surtout après 65 ans ou avec les fluoropyrimidines. Kératite : avis ophtalmologique rapide. Ne pas utiliser dans le cancer colorectal avec mutation RAS ou statut RAS inconnu (effet délétère).

Interactions

Sels de platine : leucopénies ou neutropénies sévères plus fréquentes et complications infectieuses. Fluoropyrimidines : ischémie cardiaque, insuffisance cardiaque et syndrome main-pied plus fréquents. Capécitabine et oxaliplatine (XELOX) : diarrhées sévères plus fréquentes. Irinotécan : pas d'interaction pharmacocinétique. Bévacizumab avec chimiothérapie dans le cancer colorectal métastatique : association à ne pas faire (voir RCP du bévacizumab).

Grossesse et allaitement

Grossesse ou absence de contraception adéquate : n'administrer que si le bénéfice maternel justifie le risque fœtal (l'EGFR intervient dans le développement fœtal ; passage placentaire probable ; avortements accrus chez l'animal). Allaitement déconseillé pendant le traitement et 2 mois après la dernière administration. Fertilité : pas de données.

Effets indésirables

En monothérapie ou avec chimiothérapie. Très fréquents : réactions cutanées (dermatite acnéiforme, sécheresse, prurit) chez plus de 80 % des patients, réactions légères ou modérées à la perfusion (fièvre, frissons, vertiges, dyspnée), mucite parfois sévère, élévation des enzymes hépatiques, hypomagnésémie. Fréquents : réactions sévères à la perfusion parfois mortelles, conjonctivite, diarrhée, nausées, vomissements, fatigue, déshydratation, hypocalcémie, anorexie avec perte de poids, céphalées. Peu fréquents : blépharite, kératite, embolie pulmonaire, pneumopathie interstitielle parfois mortelle, thrombose veineuse profonde. Très rares : syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique. Fréquence indéterminée : méningite aseptique, surinfection des lésions cutanées. En association avec l'encorafénib s'ajoutent notamment nævus, cancers cutanés, neuropathie, arthralgies, tachycardie supraventriculaire et insuffisance rénale.

Mécanisme d'action

Anticorps monoclonal chimérique IgG1 (code ATC L01FE01) dirigé contre le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR), avec une affinité 5 à 10 fois supérieure à celle des ligands naturels : bloque l'activation du récepteur, induit son internalisation et recrute les cellules immunitaires cytotoxiques (ADCC). Inefficace en cas de mutation activatrice de RAS, qui active la voie en aval indépendamment de l'EGFR.

Pharmacocinétique

Pharmacocinétique dose-dépendante. Volume de distribution proche de l'espace vasculaire (environ 2,9 l/m²). Clairance d'environ 0,022 l/h/m² ; demi-vie de 70 à 100 heures ; état d'équilibre en 3 semaines (schéma hebdomadaire) ou 5 semaines (toutes les 2 semaines). Dégradation en peptides et acides aminés comme les autres anticorps ; pas d'effet cliniquement pertinent de l'âge, du sexe ou de la fonction rénale ou hépatique.

Conservation

Au réfrigérateur entre 2 et 8 °C (4 ans). Sans conservateur : à utiliser immédiatement après ouverture, sinon au plus 24 heures entre 2 et 8 °C ; stabilité démontrée 48 heures à 25 °C.

Source

RCP européen (EMA) d'ERBITUX 5 mg/ml, solution pour perfusion, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 66843357), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

ERBITUX.