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Cladribine

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - antimétabolite, analogue des purines ou des pyrimidines (chimiothérapie).

Indications

Leucémie à tricholeucocytes.

Posologie

Injection sous-cutanée en bolus, sans dilution, d'une solution prête à l'emploi réchauffée à température ambiante ; traitement mis en route par un médecin expérimenté en chimiothérapie anticancéreuse ; auto-administration possible après formation du patient. Cure unique de 0,14 mg/kg par jour pendant 5 jours consécutifs ; les écarts à ce schéma sont déconseillés. Sujet âgé : évaluation individuelle et surveillance des numérations, des fonctions rénale et hépatique. Contre-indiqué en cas d'insuffisance rénale modérée à sévère (clairance ≤ 50 ml/min), d'insuffisance hépatique modérée à sévère (Child-Pugh > 6) et avant 18 ans. En cas de charge tumorale élevée : allopurinol 100 mg par jour pendant 2 semaines (jusqu'à 300 mg si l'uricémie augmente) et hydratation, débutés 24 heures avant.

Contre-indications

Hypersensibilité à la cladribine ou à l'un des excipients. Grossesse et allaitement. Patient de moins de 18 ans. Insuffisance rénale modérée à sévère (clairance de la créatinine ≤ 50 ml/min) ou insuffisance hépatique modérée à sévère (Child-Pugh > 6). Association à d'autres médicaments myélosuppresseurs.

Mises en garde et précautions

Myélosuppression et immunodépression sévères, lymphopénie durable (récupération des lymphocytes T auxiliaires et B pouvant prendre jusqu'à 2 ans) et infections opportunistes parfois mortelles (pneumocystose, toxoplasmose, listériose, candidose, herpès, cytomégalovirus, mycobactéries atypiques), surtout pendant le traitement et les 6 mois suivants : surveillance étroite de la numération pendant le traitement et les 2 à 4 mois suivants ; transfusions souvent nécessaires le premier mois ; prudence en cas d'infection, d'insuffisance ou d'infiltration médullaire ou de traitement myélosuppresseur antérieur (réduction de dose). Traiter une infection active avant le traitement. Utiliser des produits sanguins irradiés (prévention de la réaction du greffon contre l'hôte transfusionnelle). Fièvre fréquente pendant les 4 premières semaines, à explorer ; antibiotiques si infection ou agranulocytose. Leucoencéphalopathie multifocale progressive parfois mortelle, jusqu'à plusieurs années après le traitement : arrêt définitif si suspectée. Tumeurs malignes secondaires : surveillance régulière. Syndrome de lyse tumorale : prévention par allopurinol et hydratation. Surveiller les fonctions rénale et hépatique. Homme : ne pas procréer pendant 6 mois après l'arrêt, conservation du sperme à envisager. Surdosage (≥ 4 fois la dose) : neurotoxicité et néphrotoxicité aiguës irréversibles, myélosuppression sévère ; pas d'antidote, arrêt, mesures de soutien et surveillance hématologique au moins 4 semaines.

Interactions

Autres médicaments myélosuppresseurs : association contre-indiquée (toxicité hématologique accrue). Autres analogues nucléosidiques (fludarabine, pentostatine) : administration simultanée déconseillée (résistance croisée possible). Corticoïdes : ne pas les administrer en même temps (risque accru d'infections sévères). Médicaments phosphorylés dans la cellule (antiviraux) et inhibiteurs de la capture de l'adénosine : association déconseillée.

Grossesse et allaitement

Grossesse : contre-indiquée (malformations graves, tératogène et mutagène) ; contraception efficace pendant le traitement et jusqu'à 6 mois après la dernière dose. Allaitement : contre-indiqué pendant le traitement et jusqu'à 6 mois après la dernière dose (passage dans le lait). Fertilité : effets délétères attendus sur la gamétogenèse ; l'homme ne doit pas procréer dans les 6 mois suivant l'arrêt.

Effets indésirables

Très fréquents : infections (pneumonie, septicémie), myélosuppression avec neutropénie, thrombopénie, anémie et lymphopénie sévères, immunodépression, perte d'appétit, céphalées, étourdissements, purpura, toux, anomalies auscultatoires, nausées, vomissements, constipation, diarrhée, éruption cutanée, sudation, réactions au point d'injection, fièvre (jusqu'à 64 %), fatigue, frissons, asthénie. Fréquents : tumeurs malignes secondaires, insomnie, anxiété, tachycardie, hypotension, ischémie myocardique, épistaxis, pétéchies, hémorragies, essoufflement, pneumopathie interstitielle surtout infectieuse, mucite, douleurs digestives, élévations légères et réversibles de la bilirubine et des transaminases, prurit, urticaire, myalgies, arthralgies, douleurs osseuses, œdèmes. Peu fréquents : anémie hémolytique, cachexie, somnolence, paresthésies, polyneuropathie, confusion, ataxie, conjonctivite, phlébite. Rares : syndrome de lyse tumorale, hyperéosinophilie, réaction du greffon contre l'hôte, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, fibrillation auriculaire, occlusion intestinale, insuffisance hépatique, syndrome de Stevens-Johnson ou de Lyell, insuffisance rénale. Très rares : amylose, dépression, convulsions, embolie pulmonaire, cholécystite.

Mécanisme d'action

Analogue nucléosidique purique (code ATC L01BB04), antimétabolite résistant à l'adénosine désaminase : prodrogue phosphorylée dans la cellule par la désoxycytidine kinase en nucléotide actif (CdATP), qui s'accumule dans les lymphocytes et autres cellules hématopoïétiques et entraîne leur mort.

Pharmacocinétique

Biodisponibilité complète après injection sous-cutanée ; pic plasmatique en 20 à 25 minutes. Concentration intracellulaire 128 à 375 fois supérieure à la concentration plasmatique ; volume de distribution d'environ 9,2 l/kg ; liaison aux protéines d'environ 25 %. Activation intracellulaire par phosphorylations successives. Demi-vies plasmatiques initiale et terminale d'environ 2 et 11 heures après injection sous-cutanée ; séjour intracellulaire prolongé (plus de 30 heures). Élimination principalement rénale (15 à 18 % sous forme inchangée en 24 heures).

Conservation

Au réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C), sans congeler (durée de conservation de 4 ans) ; à utiliser immédiatement après ouverture.

Source

RCP européen (EMA) de LITAK 2 mg/ml, solution injectable, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 60427957), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

LEUSTATINE, LITAK.