Clomipramine chlorhydrate
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antidépresseur tricyclique.
Indications
Épisodes dépressifs majeurs. Troubles obsessionnels compulsifs (adulte et enfant de 10 ans et plus). Prévention des attaques de panique avec ou sans agoraphobie. Certains états dépressifs des schizophrénies, en association à un neuroleptique. Douleurs neuropathiques de l'adulte.
Posologie
Dépression : 75 à 150 mg par jour, habituellement 75 mg au début, réévaluation après 3 semaines ; une prise par jour, pendant ou hors repas ; traitement de plusieurs mois (environ 6 mois), entretien prolongé si dépression récidivante. TOC de l'adulte : débuter à 25 mg/jour, augmenter par paliers jusqu'à 75 à 150 mg/jour, maximum 250 mg/jour. TOC de l'enfant de plus de 10 ans : 25 mg/jour au départ, maximum 3 mg/kg/jour, sans dépasser 100 mg/jour les 2 premières semaines puis 200 mg/jour. Attaques de panique : installation progressive, 20 à 150 mg/jour, prolongé plusieurs semaines après disparition des troubles puis diminution progressive. Douleurs neuropathiques de l'adulte : 10 à 25 mg/jour la première semaine puis augmentation de 10 à 25 mg par semaine, 10 à 150 mg/jour. Sujet âgé : débuter à la moitié de la dose minimale, augmentation prudente. Moins de 18 ans : déconseillé hors TOC. Insuffisance rénale ou hépatique : prudence et réduction de dose. Arrêt progressif.
Contre-indications
Hypersensibilité à la clomipramine, à un excipient ou sensibilité croisée aux antidépresseurs tricycliques. Risque de glaucome par fermeture de l'angle. Risque de rétention urinaire par troubles urétro-prostatiques. Infarctus du myocarde récent. Association aux IMAO irréversibles (iproniazide, phénelzine). Dapoxétine (et dans les 14 jours après l'arrêt de la clomipramine, ou 7 jours après l'arrêt de la dapoxétine).
Mises en garde et précautions
Risque suicidaire en début de traitement : surveillance étroite du patient et information de l'entourage. Réactivation psychotique, virage maniaque. Prudence cardiovasculaire : allongement du QT (corriger hypokaliémie et hypomagnésémie), contrôle de la pression artérielle. Syndrome sérotoninergique. Épilepsie : arrêt en cas de convulsion. Effets anticholinergiques (glaucome, rétention urinaire, constipation). Sujet âgé : hypotension orthostatique, sédation, chutes. Numération sanguine régulière (agranulocytose). Informer l'anesthésiste. Arrêt progressif (syndrome de sevrage).
Interactions
Contre-indiqués : IMAO irréversibles, dapoxétine. Déconseillés : IMAO-A réversibles (moclobémide), linézolide, bleu de méthylène ; diurétiques hypokaliémiants (QT) ; sympathomimétiques alpha et bêta en IM ou IV (hypertension paroxystique). Précautions : adrénaline en bucco-dentaire ou sous-cutanée ; ISRS (hausse de la clomipramine, convulsions). À prendre en compte : autres sérotoninergiques (tramadol, millepertuis, opioïdes…), anticoagulants (effet potentialisé), antipsychotiques, baclofène, médicaments abaissant le seuil épileptogène, hypotenseurs, atropiniques.
Grossesse et allaitement
Grossesse : utilisation possible quel que soit le terme, avec surveillance du nouveau-né. Allaitement : à éviter pendant le traitement.
Effets indésirables
Très fréquents : augmentation de l'appétit, akathisie, vertiges, tremblements, myoclonies, somnolence, troubles de l'accommodation, vision trouble, hypotension orthostatique, nausées, sécheresse buccale, constipation, hyperhidrose, fatigue, troubles mictionnels, troubles de la libido, dysfonction érectile, prise de poids. Fréquents : confusion, désorientation, anxiété, agitation, troubles du sommeil, manie, hypomanie, délire, paresthésies, dysgueusie, troubles de la mémoire et de l'attention, céphalées, mydriase, acouphènes, tachycardie, palpitations, bouffées de chaleur, vomissements, urticaire, prurit, élévation des transaminases. Peu fréquents : convulsions, ataxie, arythmie. Rares : photosensibilité, galactorrhée, hypertrophie mammaire. Très rares : leucopénie, agranulocytose, thrombopénie, anaphylaxie, SIADH, glaucome, troubles de la conduction, allongement du QT, hépatite, rétention urinaire. Fréquence indéterminée : idées et comportements suicidaires, hallucinations, syndrome sérotoninergique, troubles extrapyramidaux, syndrome malin des neuroleptiques, iléus paralytique. Syndrome de sevrage à l'arrêt ; risque accru de fractures après 50 ans.
Mécanisme d'action
Antidépresseur tricyclique, inhibiteur non sélectif de la recapture des monoamines (code ATC N06AA04), inhibant surtout la recapture de la sérotonine et aussi celle de la noradrénaline.
Pharmacocinétique
Absorption digestive complète, biodisponibilité de 35 à 65 % ; liaison aux protéines de 98 %, passage cérébral, placentaire et dans le lait ; métabolisme hépatique (CYP3A4, CYP2C19, CYP1A2) en desméthylclomipramine active ; demi-vie d'environ 21 heures (36 heures pour le métabolite) ; élimination urinaire (deux tiers) et fécale (un tiers) ; clairance diminuée chez le sujet âgé.
Conservation
Pas de conditions de conservation particulières.
Source
RCP ANSM/BDPM, ANAFRANIL 75 mg, comprimé pelliculé sécable (mis à jour le 05/12/2025), rubriques 4.1 à 4.8, 5.1, 5.2 et 6.4.