Cyclophosphamide
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - agent alkylant (chimiothérapie).
Indications
Traitement adjuvant et en situation métastatique des adénocarcinomes mammaires. Cancers ovariens, cancers bronchiques notamment à petites cellules, séminomes et carcinomes embryonnaires testiculaires, cancers de la vessie, sarcomes, neuroblastomes, lymphomes malins hodgkiniens et non hodgkiniens, myélomes multiples, leucémies aiguës notamment lymphoïdes. À forte dose : conditionnement des allo- et autogreffes médullaires. À faible dose : polyarthrite rhumatoïde, granulomatose de Wegener, certaines formes sévères de lupus érythémateux aigu disséminé, néphropathies auto-immunes cortico-résistantes.
Posologie
Uniquement sous le contrôle d'un médecin qualifié en chimiothérapie anticancéreuse ; posologie individuelle selon l'indication, le protocole (seul ou en association), l'état clinique et l'hémogramme. Voie injectable : habituellement 500 à 4 000 mg/m² chez l'adulte et 150 à 1 200 mg/m² chez l'enfant toutes les 3 à 4 semaines, sur 1 à 3 jours par cycle ou en deux injections à 7 jours d'intervalle ; réduire la dose ou espacer les cycles en association avec d'autres cytostatiques de toxicité similaire. Perfusion intraveineuse courte (30 minutes à 2 heures) ou sur 24 heures, administrée lentement et de préférence le matin ; voie intramusculaire possible si capital veineux altéré (1 000 mg maximum par injection). Mesna (Uromitexan) recommandé à partir de 600 mg/m²/jour et/ou hydratation abondante pour prévenir la toxicité urinaire. Dialysable : espacer l'administration et la dialyse. Préparation réservée à un personnel formé, avec équipements de protection (cytotoxique).
Contre-indications
Association avec le vaccin contre la fièvre jaune ; insuffisance médullaire sévère ; infection urinaire aiguë, cystite hémorragique préexistante ; obstruction des voies urinaires ; hypersensibilité au cyclophosphamide ou à l'un de ses métabolites ; femmes en âge de procréer sans contraception efficace ; grossesse ; allaitement.
Mises en garde et précautions
Myélosuppression et immunosuppression (infections graves parfois mortelles, réactivation d'infections latentes) : sauf nécessité absolue, ne pas administrer si leucocytes inférieurs à 2 500/mm³ ou plaquettes inférieures à 50 000/mm³ ; nadir vers la 1re à 2e semaine, récupération en 20 jours environ ; hémogramme tous les 5 à 7 jours (tous les 2 jours si leucocytes inférieurs à 3 000/mm³). Toxicité urinaire (cystite hémorragique, parfois mortelle) : corriger avant traitement toute obstruction, cystite ou infection urinaire, rechercher l'hématurie, hydratation et mesna ; interrompre en cas de cystite hémorragique. Néphrotoxicité, hyponatrémie et SIADH. Cardiotoxicité (myocardite, myopéricardite, insuffisance cardiaque parfois mortelle), toxicité pulmonaire, tumeurs malignes secondaires, maladie veino-occlusive du foie, altération de la cicatrisation, alopécie, nausées et vomissements, stomatite. Extravasation : interrompre immédiatement la perfusion. Prudence en cas d'insuffisance rénale ou hépatique. Pas d'antidote spécifique en cas de surdosage ; le cyclophosphamide est dialysable.
Interactions
Contre-indiqué : vaccin contre la fièvre jaune (maladie vaccinale généralisée mortelle, jusqu'à 6 mois après l'arrêt). Déconseillés : autres vaccins vivants atténués (utiliser un vaccin inactivé s'il existe), phénytoïne (convulsions ou toxicité/perte d'efficacité du cytotoxique), pentostatine (toxicité pulmonaire parfois fatale). Activation retardée, donc efficacité possiblement diminuée : aprépitant, bupropion, busulfan, ciprofloxacine, chloramphénicol, fluconazole, itraconazole, prasugrel, sulfamides, thiotépa ; inhibiteurs ou inducteurs du CYP3A4 (pamplemousse, rifampicine, millepertuis). Augmentation des métabolites cytotoxiques : allopurinol, hydrate de chloral, cimétidine, disulfirame, inducteurs enzymatiques (rifampicine, phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne, millepertuis, corticoïdes), inhibiteurs de protéase. Ondansétron : baisse de l'exposition au cyclophosphamide à haute dose. Toxicités additives avec les autres agents de toxicité similaire.
Grossesse et allaitement
Contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement. Tératogène et génotoxique : malformations (membres, œil, crâne, face, système nerveux central), retard de croissance, morts intra-utérines et toxicité hématologique néonatale rapportés. Vérifier l'absence de grossesse avant traitement ; contraception efficace chez la femme et chez l'homme ; l'homme ne doit pas concevoir pendant les 6 mois suivant la fin du traitement. Si une grossesse survient, programmer si possible la naissance au moins 3 semaines après la dernière cure avec surveillance néonatale hématologique et cardiaque. Altération possible de la fertilité masculine et féminine.
Effets indésirables
Infections favorisées par la myélosuppression et l'immunosuppression (pneumonies, réactivation d'hépatite virale, de tuberculose, de zona ; sepsis parfois mortel) ; myélosuppression (neutropénie, thrombopénie avec saignements, anémie, neutropénie fébrile) ; cystite hémorragique, hématurie ; nausées, vomissements, stomatite, diarrhée ; alopécie ; réactions anaphylactiques ; hyponatrémie et SIADH ; troubles cardiaques (insuffisance cardiaque, myocardite, péricardite, arythmies) ; atteintes pulmonaires (pneumopathie interstitielle, fibrose) ; neurotoxicité ; tumeurs secondaires (leucémie aiguë, syndrome myélodysplasique, cancer de la vessie) ; syndrome de lyse tumorale.
Mécanisme d'action
Agent alkylant de la famille des moutardes azotées (oxazaphosphorine, code ATC L01AA01), prodrogue activée par le foie : ses métabolites forment des liaisons covalentes avec l'ADN (ponts intra- et interbrins), inhibant la transcription et la réplication et entraînant la mort cellulaire ; action dépendante du cycle cellulaire, épargnant les cellules en G0. Également immunodépresseur.
Pharmacocinétique
Prodrogue inactive hydroxylée par les microsomes hépatiques en 4-hydroxy-cyclophosphamide puis en moutarde phosphoramide (métabolite actif) et en acroléine (métabolite urotoxique). Demi-vie plasmatique de 4 à 7 heures (4 heures chez l'enfant, 7 heures en moyenne chez l'adulte). Liaison aux protéines de 12 à 14 % (52 à 60 % pour les métabolites). Passe facilement la barrière hémato-encéphalique. Élimination essentiellement urinaire, sous forme inchangée et de métabolites.
Conservation
Conserver à une température inférieure à 25 °C. Après reconstitution, stabilité de 48 heures entre 2 et 8 °C, mais utilisation immédiate recommandée sur le plan microbiologique (au maximum 24 heures entre 2 et 8 °C).
Source
RCP ANSM/BDPM d'ENDOXAN 1000 mg, poudre pour solution injectable (CIS 69586327), texte mis à jour le 21/05/2026, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
CYCLOPHOSPHAMIDE REDDY PHARMA, CYCLOPHOSPHAMIDE SANDOZ, ENDOXAN.