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Doravirine + Lamivudine + Ténofovir disoproxil

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antirétroviral - association fixe d'antirétroviraux.

Indications

Infection par le VIH-1 de l'adulte sans preuve antérieure ou actuelle de résistance aux INNTI, à la lamivudine ou au ténofovir. Adolescent de 12 ans et plus pesant au moins 35 kg dans les mêmes conditions, en cas de toxicités empêchant l'utilisation d'autres traitements sans ténofovir disoproxil.

Posologie

Voie orale, avec ou sans nourriture, comprimé avalé entier : un comprimé (100 mg / 300 mg / 245 mg) une fois par jour. Avec la rifabutine ou un autre inducteur modéré du CYP3A inévitable : ajouter un comprimé de doravirine 100 mg environ 12 heures après. Oubli de moins de 12 heures : prendre la dose dès que possible. Ne pas initier si clairance de la créatinine < 50 mL/min ; arrêter si elle descend sous 50 mL/min. Pas d'adaptation en insuffisance hépatique légère ou modérée.

Contre-indications

Hypersensibilité aux substances actives ou à l'un des excipients. Association aux inducteurs puissants du CYP3A : carbamazépine, oxcarbazépine, phénobarbital, phénytoïne, rifampicine, rifapentine, millepertuis, mitotane, enzalutamide, lumacaftor (liste non exhaustive).

Mises en garde et précautions

Dépister le VHB avant traitement : exacerbations aiguës sévères de l'hépatite B après arrêt de la lamivudine ou du ténofovir chez le co-infecté (surveillance pendant plusieurs mois). Insuffisance rénale, y compris aiguë et syndrome de Fanconi (ténofovir) : évaluer la clairance de la créatinine avant et pendant le traitement ; éviter les médicaments néphrotoxiques (AINS à doses fortes ou multiples). Effets osseux (ostéomalacie). Réactions cutanées sévères : arrêt immédiat. Ne pas associer à d'autres médicaments contenant lamivudine, ténofovir ou adéfovir. Contient du lactose.

Interactions

Traitement complet : ne pas associer à d'autres antirétroviraux. Doravirine métabolisée par le CYP3A (inducteurs puissants contre-indiqués, rifabutine : dose supplémentaire de doravirine). Médicaments néphrotoxiques à éviter (ténofovir).

Grossesse et allaitement

Grossesse : peu ou pas de données pour la doravirine (lamivudine : plus de 3 000 issues de premier trimestre sans toxicité malformative ; ténofovir disoproxil : 300 à 1 000 grossesses sans malformation) ; par précaution, préférable d'éviter. Allaitement : déconseillé aux femmes vivant avec le VIH.

Effets indésirables

Les plus fréquents : nausées (4 %), céphalées (3 %). Fréquents : rêves anormaux, insomnie, sensations vertigineuses, somnolence, toux, symptômes nasaux, nausées, diarrhée, douleurs abdominales, vomissements, flatulences. Peu fréquents : neutropénie, anémie, thrombocytopénie, hypophosphatémie, hypokaliémie, dépression, idées suicidaires, pancréatite. Rares : acidose lactique, stéatose hépatique.

Mécanisme d'action

Association d'un INNTI de type pyridinone (doravirine, inhibition non compétitive de la transcriptase inverse) et de deux inhibiteurs nucléos(t)idiques : lamivudine (son triphosphate termine la chaîne d'ADN) et ténofovir disoproxil (prodrogue convertie en ténofovir diphosphate, qui entre en compétition avec le substrat naturel et termine la chaîne) ; code ATC J05AR24.

Pharmacocinétique

Concentration maximale de la doravirine en 2 heures, biodisponibilité d'environ 64 % ; un repas riche en graisses ne modifie pas significativement l'exposition. Demi-vies : environ 15 heures (doravirine), 5 à 7 heures (lamivudine), 12 à 18 heures (ténofovir).

Conservation

Dans le flacon d'origine soigneusement fermé, à l'abri de l'humidité, sans retirer le dessiccant ; pas de précaution de température (30 mois).

Source

RCP européen (EMA) de DELSTRIGO 100 mg/300 mg/245 mg, comprimé pelliculé, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 64419961), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

DELSTRIGO.