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énalapril maléate

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antihypertenseur - inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC).

Indications

Hypertension artérielle. Insuffisance cardiaque symptomatique. Prévention de l'insuffisance cardiaque symptomatique chez les patients ayant une dysfonction ventriculaire gauche asymptomatique (fraction d'éjection ≤ 35 %).

Posologie

Voie orale, une prise par jour, absorption non modifiée par les aliments. HTA : dose initiale de 5 à 20 mg selon la sévérité (5 à 10 mg dans l'HTA légère ; 5 mg ou moins en cas de système rénine-angiotensine très stimulé — HTA rénovasculaire, déplétion hydrosodée, décompensation cardiaque, HTA sévère — ou de diurétiques à forte dose, sous surveillance médicale) ; si possible, arrêter le diurétique 2 à 3 jours avant ; entretien habituel 20 mg/jour, maximum 40 mg/jour. Insuffisance cardiaque et dysfonction ventriculaire gauche asymptomatique : 2,5 mg/jour sous surveillance étroite (jours 1 à 3), puis 5 mg/jour en 2 prises (jours 4 à 7), 10 mg/jour la 2e semaine, 20 mg/jour en 1 ou 2 prises les semaines 3 et 4 ; maximum 40 mg/jour en 2 prises. Insuffisance rénale (dose initiale) : clairance 30 à 80 mL/min, 5 à 10 mg/jour ; 10 à 30 mL/min, 2,5 mg/jour ; ≤ 10 mL/min, 2,5 mg les jours de dialyse (énalaprilate dialysable). Sujet âgé : dose selon la fonction rénale. Enfant hypertendu capable d'avaler un comprimé : 2,5 mg/jour (20 à < 50 kg, maximum 20 mg) ou 5 mg/jour (≥ 50 kg, maximum 40 mg) ; non recommandé chez le nouveau-né et en cas de DFG < 30 mL/min/1,73 m².

Contre-indications

Hypersensibilité à l'énalapril, à un autre IEC ou à l'un des excipients. Antécédent d'angio-œdème lié à un IEC. Angio-œdème héréditaire ou idiopathique. Deuxième et troisième trimestres de la grossesse. Association à l'aliskiren chez le patient diabétique ou insuffisant rénal (DFG < 60 mL/min/1,73 m²). Association au sacubitril/valsartan (respecter 36 heures entre les deux traitements).

Mises en garde et précautions

Hypotension symptomatique en cas de déplétion hydrosodée (diurétiques, régime hyposodé, dialyse, diarrhée, vomissements) ou d'insuffisance cardiaque sévère : débuter sous surveillance médicale ; prudence en cas de cardiopathie ischémique ou d'antécédent d'AVC. Prudence en cas de sténose aortique ou mitrale ou de cardiomyopathie obstructive. Adapter la dose si la clairance est < 80 mL/min ; surveiller kaliémie et créatinine ; risque d'insuffisance rénale en cas de sténose des artères rénales ; non recommandé après transplantation rénale récente. Angio-œdème possible à tout moment (plus fréquent chez les patients noirs), potentiellement fatal en cas d'atteinte laryngée : arrêt immédiat, adrénaline si nécessaire. Neutropénie/agranulocytose : extrême prudence en cas de collagénose, d'immunosuppresseurs, d'allopurinol ou de procaïnamide, surtout avec insuffisance rénale (contrôle des leucocytes). Arrêter en cas d'ictère ou d'élévation importante des enzymes hépatiques. Toux sèche persistante réversible à l'arrêt. Réactions anaphylactoïdes lors de désensibilisation aux hyménoptères, d'aphérèse des LDL ou de dialyse sur membrane haute perméabilité. Diabétiques : risque d'hypoglycémie le premier mois. Efficacité antihypertensive possiblement moindre chez les patients noirs (rénine basse). Étourdissements ou lassitude possibles (conduite). Contient du lactose.

Interactions

Contre-indiqués : sacubitril/valsartan (angio-œdème) ; aliskiren chez le diabétique ou l'insuffisant rénal ; double blocage du SRAA non recommandé. Racécadotril, inhibiteurs de mTOR (sirolimus, évérolimus, temsirolimus), vildagliptine : risque accru d'angio-œdème. Diurétiques épargneurs de potassium (spironolactone, triamtérène, amiloride), suppléments potassiques, sels de régime potassiques, triméthoprime et cotrimoxazole : hyperkaliémie — association non recommandée, sinon contrôle fréquent de la kaliémie ; ciclosporine et héparine : surveiller la kaliémie. Lithium : toxicité — association non recommandée, sinon surveiller la lithémie. AINS (dont inhibiteurs de la COX-2) : effet antihypertenseur atténué, hyperkaliémie et risque d'insuffisance rénale aiguë — hydrater et surveiller la fonction rénale. Diurétiques à forte dose : hypotension à l'initiation. Autres antihypertenseurs, dérivés nitrés, antidépresseurs tricycliques, antipsychotiques, anesthésiques, alcool : majoration de l'hypotension. Antidiabétiques (insuline, hypoglycémiants oraux) : risque d'hypoglycémie les premières semaines. Sels d'or injectables : réactions nitritoïdes. Sympathomimétiques : effet antihypertenseur réduit. Associable à l'aspirine à dose cardiologique, aux thrombolytiques et aux bêtabloquants.

Grossesse et allaitement

Déconseillé au 1er trimestre et contre-indiqué aux 2e et 3e trimestres : fœtotoxicité (diminution de la fonction rénale, oligohydramnios avec contractures des membres, déformations craniofaciales et hypoplasie pulmonaire, retard d'ossification du crâne) et toxicité néonatale (insuffisance rénale, hypotension, hyperkaliémie). Ne pas débuter pendant la grossesse ; arrêter immédiatement en cas de grossesse ; après exposition à partir du 2e trimestre, échographie fœtale et surveillance tensionnelle du nouveau-né. Allaitement : très faibles concentrations dans le lait (au plus 0,16 % de la dose maternelle) ; déconseillé chez le prématuré et dans les premières semaines après l'accouchement ; envisageable ensuite si nécessaire, avec surveillance de l'enfant.

Effets indésirables

Effets rapportés : toux sèche, étourdissements, céphalées, asthénie, fatigue, nausées, diarrhée, douleurs abdominales, vision trouble, hypotension (y compris orthostatique), syncope, douleurs thoraciques, troubles du rythme, angor, tachycardie, dysgueusie, dyspnée, rash, angio-œdème (visage, lèvres, langue, glotte, larynx), hyperkaliémie, augmentation de la créatinine. Plus rarement : anémie, neutropénie, agranulocytose, thrombopénie, hypoglycémie, dépression, confusion, insomnie, palpitations, infarctus ou AVC en cas d'hypotension excessive chez les patients à risque, bouffées vasomotrices, syndrome de Raynaud, bronchospasme, pancréatite, iléus, ulcère gastroduodénal, hépatite et insuffisance hépatique, prurit, urticaire, alopécie, réactions cutanées graves (érythème polymorphe, syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique), insuffisance rénale, protéinurie, hyponatrémie, SIADH, impuissance, crampes, angio-œdème intestinal ; syndrome associant fièvre, vascularite, myalgies, arthralgies, anticorps antinucléaires et éosinophilie.

Mécanisme d'action

Inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC, code ATC C09AA02). Prodrogue hydrolysée après absorption en énalaprilate, qui inhibe l'enzyme de conversion : diminution de l'angiotensine II (vasoconstrictrice) et de la sécrétion d'aldostérone, avec augmentation de l'activité rénine plasmatique. L'enzyme étant identique à la kininase II, la dégradation de la bradykinine peut aussi être bloquée. Action antihypertensive même en cas d'hypertension à rénine basse.

Pharmacocinétique

Absorption orale rapide d'environ 60 %, non modifiée par les aliments ; pic d'énalapril dans l'heure. Hydrolyse rapide et importante en énalaprilate actif, pic vers la 4e heure ; demi-vie efficace d'accumulation de 11 heures ; état d'équilibre en 4 jours. Liaison protéique de l'énalaprilate ≤ 60 %. Pas d'autre métabolisme significatif. Élimination essentiellement rénale (énalaprilate environ 40 %, énalapril intact environ 20 % de la dose) ; exposition multipliée par 2 (clairance 40-60 mL/min) à 8 (≤ 30 mL/min) en insuffisance rénale ; éliminé par hémodialyse.

Conservation

Température ambiante

Source

RCP ANSM/BDPM, ENALAPRIL EG 20 mg, comprimé sécable (CIS 64879575), rubriques 4.1 à 4.8, 5.1 et 5.2.

Noms commerciaux au Congo