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Enalapril maléate + Hydrochlorothiazide

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antihypertenseur - IEC + diurétique thiazidique.

Indications

Hypertension artérielle légère à modérée chez les patients stabilisés par les composants pris séparément aux mêmes proportions.

Posologie

Voie orale. Posologie déterminée surtout d'après l'expérience avec l'énalapril. Adulte, hypertension essentielle : 1 comprimé 1 fois par jour, porté si nécessaire à 2 comprimés 1 fois par jour. Traitement diurétique préalable : hypotension symptomatique possible après la première dose, surtout en cas de déplétion hydrosodée ; arrêter le diurétique 2 à 3 jours avant de débuter. Insuffisance rénale : thiazidiques inefficaces et peu adaptés pour une clairance de la créatinine ≤ 30 ml/min ; entre 30 et 80 ml/min, n'utiliser qu'après titration des composants séparés. Sujet âgé : efficacité et tolérance similaires. Enfant : sécurité et efficacité non établies.

Contre-indications

Hypersensibilité aux substances actives ou à l'un des excipients ; insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine ≤ 30 ml/min) ; anurie ; antécédent d'angio-œdème lié à un IEC ; angio-œdème héréditaire ou idiopathique ; hypersensibilité aux dérivés sulfamidés ; 2e et 3e trimestres de grossesse ; insuffisance hépatique sévère ; sténose des artères rénales ; association à l'aliskiren chez le diabétique ou l'insuffisant rénal (DFG < 60 ml/min/1,73 m²) ; association au sacubitril/valsartan (ne pas administrer dans les 36 heures avant ou après le passage au sacubitril/valsartan).

Mises en garde et précautions

Hypotension symptomatique rare chez l'hypertendu non compliqué, plus probable en cas de déplétion volémique (diurétiques, régime sans sel, diarrhée, vomissements) : contrôler régulièrement les électrolytes sériques chez ces patients. Attention particulière en cas de cardiopathie ischémique ou de maladie cérébrovasculaire (risque d'infarctus ou d'accident vasculaire cérébral en cas de chute tensionnelle excessive). Chez l'hypertendu insuffisant cardiaque, avec ou sans insuffisance rénale, hypotension symptomatique observée, surtout dans les formes sévères (fortes doses de diurétique de l'anse, hyponatrémie, insuffisance rénale fonctionnelle) : débuter sous surveillance médicale et suivre étroitement à chaque ajustement de dose.

Interactions

Double blocage du système rénine-angiotensine-aldostérone (IEC, ARA II ou aliskiren) : fréquence accrue d'hypotension, d'hyperkaliémie et d'altération de la fonction rénale (dont insuffisance rénale aiguë). Autres antihypertenseurs, nitroglycérine et autres dérivés nitrés ou vasodilatateurs : majoration de la baisse tensionnelle. Lithium : augmentations réversibles de la lithémie et toxicité avec les IEC, majorées par les thiazidiques ; association déconseillée, sinon surveiller étroitement la lithémie. AINS, y compris inhibiteurs sélectifs de la COX-2 : interaction mentionnée (texte tronqué par la base eMC).

Grossesse et allaitement

IEC déconseillés au 1er trimestre et contre-indiqués aux 2e et 3e trimestres. Risque tératogène au 1er trimestre non établi de façon concluante, mais une légère augmentation ne peut être exclue : sauf nécessité, passer à un antihypertenseur au profil établi pendant la grossesse en cas de projet de grossesse ; arrêter immédiatement dès le diagnostic de grossesse. Exposition aux 2e et 3e trimestres : fœtotoxicité (baisse de la fonction rénale, oligoamnios, retard d'ossification du crâne) et toxicité néonatale (insuffisance rénale, hypotension, hyperkaliémie) ; l'oligoamnios peut entraîner contractures des membres, déformations craniofaciales et hypoplasie pulmonaire. Allaitement : rubrique tronquée par la base eMC.

Effets indésirables

Généralement bien toléré ; effets le plus souvent légers et transitoires, ne nécessitant pas l'arrêt dans la plupart des cas. Les plus fréquents en études cliniques : céphalées et toux. Rapportés avec l'association ou ses composants : cancer cutané non mélanome (carcinome basocellulaire et épidermoïde, fréquence indéterminée) ; anémie (y compris aplasique et hémolytique), neutropénie, baisse de l'hémoglobine et de l'hématocrite, thrombopénie, agranulocytose, aplasie médullaire, leucopénie, pancytopénie, adénopathies, maladies auto-immunes ; syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique ; hypokaliémie, augmentation du cholestérol et des triglycérides, hyperuricémie. Tableau complet tronqué par la base eMC.

Mécanisme d'action

Association d'un IEC et d'un diurétique (code ATC C09BA02). Après absorption, l'énalapril est hydrolysé en énalaprilate, qui inhibe l'enzyme de conversion (peptidyl-dipeptidase transformant l'angiotensine I en angiotensine II vasopressive) : augmentation de l'activité rénine plasmatique et baisse de la sécrétion d'aldostérone ; l'enzyme étant identique à la kininase II, l'énalapril peut aussi bloquer la dégradation de la bradykinine. L'énalapril est antihypertenseur même en cas d'hypertension à rénine basse. L'hydrochlorothiazide, diurétique et antihypertenseur, augmente l'activité rénine plasmatique ; associé à l'énalapril, il accentue la baisse tensionnelle.

Pharmacocinétique

Énalapril : absorption orale rapide (pic sérique en 1 heure), d'environ 60 %, non influencée par l'alimentation ; hydrolyse rapide et importante en énalaprilate (pic en 3 à 4 heures), sans autre métabolisme significatif. Excrétion urinaire sous forme d'énalaprilate (environ 40 % de la dose) et d'énalapril inchangé. Phase terminale prolongée de l'énalaprilate, liée à sa fixation à l'enzyme de conversion ; état d'équilibre atteint au 4e jour chez le sujet à fonction rénale normale. Chez le chien, l'énalapril franchit peu ou pas la barrière hémato-encéphalique et l'énalaprilate ne pénètre pas dans le cerveau.

Conservation

Ne pas conserver au-dessus de 25 °C. Conserver dans l'emballage d'origine.

Source

RCP (SmPC) eMC/MHRA, INNOZIDE comprimé (maléate d'énalapril, hydrochlorothiazide), rubriques 4.1 à 4.8, 5.1, 5.2 et 6.4.

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