Fénofibrate
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Hypolipémiant - fibrate.
Indications
En complément du régime et des autres mesures non médicamenteuses (exercice, perte de poids) : hypertriglycéridémie sévère avec ou sans HDL-cholestérol bas ; hyperlipidémie mixte lorsqu'une statine est contre-indiquée ou mal tolérée ; hyperlipidémie mixte chez le patient à haut risque cardiovasculaire, en association à une statine, lorsque triglycérides et HDL-cholestérol ne sont pas contrôlés.
Posologie
Adulte : 160 mg une fois par jour (un comprimé à 160 mg remplace une gélule à 200 mg sans autre ajustement), comprimé avalé entier au cours d'un repas. Sujet âgé : dose habituelle, sauf si DFG < 60 mL/min/1,73 m². Insuffisance rénale : DFG 30 à 59 mL/min/1,73 m², ne pas dépasser 100 mg (forme standard) ou 67 mg (forme micronisée) par jour ; DFG < 30 mL/min/1,73 m², contre-indiqué (arrêter si le DFG baisse durablement sous ce seuil). Non recommandé avant 18 ans. Poursuivre le régime ; si les lipides ne sont pas suffisamment abaissés après quelques mois (par exemple 3 mois), envisager d'autres mesures thérapeutiques.
Contre-indications
Insuffisance hépatique (dont cirrhose biliaire). Insuffisance rénale sévère (DFG < 30 mL/min/1,73 m²). Enfant. Hypersensibilité au fénofibrate ou à un composant. Photoallergie ou phototoxicité connue sous fibrate ou kétoprofène. Maladie de la vésicule biliaire. Pancréatite chronique ou aiguë, sauf pancréatite aiguë due à une hypertriglycéridémie sévère.
Mises en garde et précautions
Doser les transaminases tous les 3 mois la première année ; arrêter si ASAT/ALAT > 3 fois la normale ou 100 UI. Pancréatite possible. Toxicité musculaire (dont rhabdomyolyse) : arrêter en cas de myalgies, myosite, crampes, faiblesse ou CPK > 5 fois la normale ; risque accru après 70 ans, en cas d'antécédent musculaire héréditaire, d'insuffisance rénale, d'hypothyroïdie, d'alcoolisme ou d'association à une statine (réservée aux dyslipidémies mixtes sévères à haut risque cardiovasculaire sans antécédent musculaire). Fonction rénale : prudence en cas d'insuffisance légère à modérée ; créatininémie à contrôler les 3 premiers mois puis régulièrement, interrompre si elle dépasse de 50 % la limite supérieure. Sous œstrogènes, rechercher une hyperlipidémie secondaire. Contient du lactose.
Interactions
Anticoagulants oraux : effet anticoagulant et risque hémorragique augmentés ; association non recommandée (sinon réduire la dose d'anticoagulant d'environ un tiers au départ puis adapter selon l'INR). Ciclosporine : cas graves d'insuffisance rénale réversible (surveiller étroitement la fonction rénale). Statines et autres fibrates : risque accru de toxicité musculaire grave (prudence, surveillance). Faible inhibition des CYP2C19 et 2A6, inhibition légère à modérée du CYP2C9 : surveiller les médicaments à marge thérapeutique étroite métabolisés par ces enzymes.
Grossesse et allaitement
Grossesse : pas de données adéquates ; pas d'effet tératogène chez l'animal, embryotoxicité à doses toxiques pour la mère ; n'utiliser qu'après évaluation soigneuse du rapport bénéfice/risque. Allaitement : pas de données sur le passage dans le lait ; ne pas utiliser chez la femme qui allaite.
Effets indésirables
Fréquents : troubles digestifs modérés (douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhée, flatulences), élévation modérée des transaminases. Peu fréquents : pancréatite, lithiase biliaire, thromboembolie (embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde), éruption, prurit, urticaire, photosensibilité, élévation de la créatinine et de l'urée. Rares : alopécie, myalgies diffuses, myosite, crampes et faiblesse musculaires, baisse de l'hémoglobine et des leucocytes, asthénie sexuelle. Très rares : hépatite (arrêter en cas d'ictère ou de prurit évocateurs), photosensibilisation cutanée (érythème, vésicules, nodules) même après des mois de traitement. Fréquence inconnue : rhabdomyolyse, pneumopathie interstitielle. Étude FIELD (diabétiques de type 2) : augmentation significative des pancréatites (0,8 % contre 0,5 %) et des embolies pulmonaires (1,1 % contre 0,7 %).
Mécanisme d'action
Dérivé de l'acide fibrique (fibrate, code ATC C10AB05) activant le récepteur PPARα : il active la lipoprotéine lipase et réduit la production d'apoprotéine CIII, augmentant la lipolyse et l'élimination des particules riches en triglycérides, et augmente la synthèse des apoprotéines AI et AII. Il en résulte une baisse des VLDL et LDL et une hausse du HDL-cholestérol (essais : cholestérol total −20 à −25 %, triglycérides −40 à −55 %, HDL +10 à +30 %).
Pharmacocinétique
Comprimé micronisé à biodisponibilité accrue. Pic plasmatique en 4 à 5 heures ; absorption augmentée par les aliments. Le fénofibrate n'est pas retrouvé inchangé dans le plasma : métabolite principal, l'acide fénofibrique, lié à plus de 99 % à l'albumine. Demi-vie d'élimination de l'acide fénofibrique d'environ 20 heures ; pas d'accumulation. Élimination principalement urinaire (acide fénofibrique et glucuronide), quasi complète en 6 jours ; clairance non modifiée chez le sujet âgé ; non éliminé par hémodialyse.
Conservation
Pas de précautions particulières de conservation.
Source
RCP (SmPC) britannique, Fenofibrate 160 mg tablets (Genus Pharmaceuticals) — eMC/MHRA (medicines.org.uk, produit 5267), rubriques 4.1 à 4.8, 5.1, 5.2 et 6.4 ; traduction française.