Ifosfamide
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - agent alkylant (chimiothérapie).
Indications
Sarcomes des tissus mous et sarcomes ostéogéniques de l'enfant et de l'adulte ; lymphomes non hodgkiniens ; cancer de l'ovaire en rechute ; cancers bronchiques à petites cellules et non à petites cellules ; rechute de lymphome hodgkinien et de carcinome testiculaire ; cancer du col utérin métastatique ; cancer du sein métastatique ; cancers de la sphère ORL en rechute ou métastatiques ; rechute de leucémie aiguë lymphoblastique de l'enfant et de l'adulte.
Posologie
Uniquement par des médecins expérimentés ; posologie individuelle selon l'indication, le protocole, l'état général, la fonction des organes et les résultats biologiques. Habituellement en association : 1,5 à 3 g/m²/jour par cycles courts de 3 à 5 jours toutes les 3 à 4 semaines (dose totale recherchée de 5 à 10 g/m² par cycle) ; en perfusion continue de 24 heures, 5 à 8 g/m²/jour au maximum toutes les 3 à 4 semaines ; en perfusions répétées sur 5 jours, 3,2 g/m²/jour au maximum. Toujours associer le mesna (uroprotecteur) et une hydratation abondante pour forcer la diurèse ; augmenter la dose de mesna en cas d'hyperhydratation pour cisplatine. Perfusion intraveineuse de 30 minutes à 8 heures en doses fractionnées sur plusieurs jours (concentration de 4 % au maximum) ; voie intra-artérielle possible. Insuffisance rénale : toxicité accrue (dialysable, espacer administration et dialyse) ; insuffisance hépatique : activation et efficacité possiblement diminuées. Interrompre immédiatement en cas d'extravasation. Préparation réservée à un personnel formé (cytotoxique).
Contre-indications
Hypersensibilité à l'ifosfamide ou à l'un des excipients ; insuffisance rénale sévère ; infection urinaire aiguë, non contrôlée ou datant de plus de 48 heures, cystite hémorragique préexistante, atonie vésicale, obstruction bilatérale des voies excrétrices urinaires ; allaitement ; insuffisance médullaire sévère ; vaccin vivant atténué pendant le traitement et au moins 6 mois après l'arrêt.
Mises en garde et précautions
Myélosuppression et immunosuppression parfois mortelles (infections graves, réactivations) : hémogramme avant chaque administration et régulièrement après (nadir au cours de la 2e semaine) ; ne pas administrer si leucocytes inférieurs à 2 500/µl ou plaquettes inférieures à 100 000/µl, sauf nécessité. Néphrotoxicité et urotoxicité : bilan glomérulaire et tubulaire (créatinine, phosphore, potassium, glycosurie, acidose tubulaire) avant, pendant et à distance du traitement, lésions tubulaires possibles des mois ou années après (surtout chez l'enfant de moins de 3 ans et avec le cisplatine) ; cystite hémorragique prévenue par le mesna et l'hydratation ; syndrome de type SIADH. Encéphalopathie et neurotoxicité (confusion, somnolence, coma, hallucinations, convulsions), parfois mortelles, dans les heures ou jours suivant l'administration : arrêter l'ifosfamide ; facteurs de risque : hypoalbuminémie, atteinte rénale, mauvais état général, maladie pelvienne, cisplatine. Cardiotoxicité, toxicité pulmonaire, maladie veino-occlusive du foie, tumeurs secondaires, réactions anaphylactiques, altération de la cicatrisation. Pas d'antidote ; en cas de surdosage, aplasie d'au moins 4 semaines.
Interactions
Contre-indiqués : vaccins vivants atténués pendant et au moins 6 mois après la chimiothérapie. Déconseillés : olaparib (myélosuppression majorée), phénytoïne et fosphénytoïne (convulsions ou toxicité du cytotoxique), phénobarbital et primidone (neurotoxicité de l'ifosfamide majorée). Précautions d'emploi : antivitamines K (contrôle plus fréquent de l'INR). À prendre en compte : flucytosine (toxicité hématologique), immunosuppresseurs (syndrome lymphoprolifératif), vémurafénib (toxicité majorée), cisplatine (neuro-, hémato- et néphrotoxicité potentialisées : attendre 5 heures après le cisplatine). Néphrotoxicité majorée avec les produits de contraste iodés, aminosides, organoplatines, méthotrexate à forte dose, aciclovir et apparentés, foscarnet, pentamidine, ciclosporine, tacrolimus : renforcer la surveillance rénale.
Grossesse et allaitement
Embryotoxique et tératogène chez l'animal ; risque malformatif non exclu chez l'humain (oligoamnios, retard de croissance, atteintes hématologiques rapportés). Pendant la grossesse, n'utiliser qu'après évaluation du bénéfice pour la mère ; surveillance échographique orientée en cas d'exposition. Test de grossesse avant et pendant le traitement ; contraception efficace pendant le traitement et 1 an après chez la femme, 3 mois après chez l'homme. Allaitement contre-indiqué, reprise envisageable 1 semaine après l'arrêt. Atteinte possible des gamètes (azoospermie, aménorrhée, parfois définitives) : envisager leur préservation.
Effets indésirables
Très fréquents (administration fractionnée de 4 à 12 g/m² par cycle) : leucopénie, thrombopénie, anémie ; nausées et vomissements ; alopécie ; cystite hémorragique, hématurie et macrohématurie ; dysfonction rénale et lésions rénales structurelles. Fréquents : infections, perte d'appétit, hépatotoxicité, phlébite, fièvre neutropénique. Fréquence indéterminée : choc septique, tumeurs secondaires (leucémies, carcinome des voies urinaires), encéphalopathie et troubles neuropsychiques (confusion, délire, convulsions), syndrome de lyse tumorale, acidose métabolique, hypokaliémie, hypophosphatémie, réactions anaphylactiques, troubles cardiaques et pulmonaires.
Mécanisme d'action
Agent alkylant de la famille des moutardes azotées (oxazaphosphorine, code ATC L01AA06), prodrogue activée par le foie : formation de liaisons covalentes avec l'ADN (ponts intra- et interbrins) inhibant la transcription et la réplication et entraînant la mort cellulaire ; action dépendante du cycle cellulaire, épargnant les cellules en G0.
Pharmacocinétique
Prodrogue inactive hydroxylée par le foie : une voie conduit à la moutarde isophosphamide (métabolite actif) et à l'acroléine (métabolite urotoxique), une autre au carboxy-ifosfamide après déchloréthylation (métabolite neurotoxique). Cinétique biphasique, demi-vie d'élimination de 4 à 8 heures selon le mode d'administration. Peu liée aux protéines sous forme inchangée. Passe facilement la barrière hémato-encéphalique. Élimination essentiellement urinaire.
Conservation
Conserver à une température ne dépassant pas 25 °C (5 ans avant reconstitution). Solutions reconstituées ou diluées : 24 heures au réfrigérateur entre 2 et 8 °C.
Source
RCP ANSM/BDPM de HOLOXAN 1000 mg, poudre pour solution injectable (CIS 61848140), texte mis à jour le 21/05/2026, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
HOLOXAN.