Lomustine
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - agent alkylant (chimiothérapie).
Indications
Traitement palliatif ou d'appoint, habituellement en association avec la radiothérapie et/ou la chirurgie dans le cadre d'une polychimiothérapie : tumeurs cérébrales primitives ou métastatiques ; cancer bronchique à petites cellules ; maladie de Hodgkin résistante à la chimiothérapie conventionnelle ; mélanome malin métastatique ; lymphome non hodgkinien.
Posologie
Voie orale ; gélules avalées entières, non ouvertes, de préférence au coucher ou 3 heures après un repas. Adulte et enfant (même posologie), en monochimiothérapie et avec une moelle normale : dose unique de 120 à 130 mg/m² toutes les 6 à 8 semaines (ou fractionnée sur 3 jours, par exemple 40 mg/m²/jour), sans dépasser 130 mg/m² ; insuffisance médullaire : 100 mg/m² toutes les 6 semaines. Réduire la dose en association à d'autres myélosuppresseurs ou en cas de leucocytes inférieurs à 3 000/mm³ ou de plaquettes inférieures à 75 000/mm³. Doses suivantes selon le nadir précédent : 100 % si leucocytes d'au moins 3 000/mm³ et plaquettes d'au moins 75 000/mm³ ; 70 % si leucocytes de 2 000 à 2 999/mm³ ; 50 % si leucocytes inférieurs à 2 000/mm³ ou plaquettes inférieures à 25 000/mm³. Ne pas renouveler avant 6 semaines au minimum et avant le retour à 4 000 leucocytes/mm³ et 100 000 plaquettes/mm³ (toxicité différée et cumulative) ; hémogramme chaque semaine. Dose cumulée maximale : 1 000 mg/m² (fibrose pulmonaire). Insuffisance rénale ou hépatique : non étudiée, contrôles réguliers.
Contre-indications
Hypersensibilité à la lomustine, aux autres nitrosourées ou à l'un des excipients ; tumeur n'ayant pas répondu à une autre nitrosourée ; dépression médullaire sévère ; insuffisance rénale sévère ; grossesse ; allaitement ; allergie au blé ; vaccin contre la fièvre jaune ou autres vaccins vivants chez le patient immunodéprimé.
Mises en garde et précautions
Prise en charge par un médecin expérimenté en cancérologie. Aplasie médullaire différée (thrombopénie vers 4 semaines, leucopénie vers 5 à 6 semaines), cumulative, à l'origine de saignements et d'infections graves : hémogramme avant traitement puis chaque semaine pendant au moins 6 semaines après chaque dose. Informer strictement le patient : une dose unique (ou fractionnée sur 3 jours) à ne pas renouveler avant au moins 6 semaines, sans jamais dépasser la dose prescrite. Toxicité pulmonaire dose-dépendante (infiltrats, pneumopathie, fibrose parfois très tardive) : explorations fonctionnelles respiratoires avant et pendant le traitement ; risque accru si CVF ou DLco inférieures à 70 %. Surveiller régulièrement les fonctions hépatique et rénale. Tumeurs secondaires possibles. Manipuler avec des gants. Vaccins vivants : attendre au moins 3 mois après la fin du traitement. Contient du lactose et de l'amidon de blé. Surdosage, parfois mortel : lavage gastrique, pas d'antidote.
Interactions
Contre-indiqués : vaccin contre la fièvre jaune et autres vaccins vivants chez l'immunodéprimé (maladie vaccinale généralisée mortelle). Théophylline, cimétidine : toxicité médullaire potentiellement augmentée. Antiépileptiques inducteurs (phénobarbital) : élimination accélérée de la lomustine et efficacité réduite. Autres cytostatiques, radiothérapie : dépression médullaire amplifiée.
Grossesse et allaitement
Contre-indiqué pendant la grossesse et l'allaitement. Contraception efficace pendant le traitement et 7 mois après chez la femme ; chez l'homme, contraception et pas de procréation pendant le traitement et 4 mois après. Fertilité : infertilité possiblement irréversible ; consultation génétique et conservation du sperme à proposer avant traitement.
Effets indésirables
Très fréquents : myélosuppression (pancytopénie, thrombopénie, leucopénie, neutropénie, anémie), nausées et vomissements (3 à 6 heures après la prise, moins de 24 heures), perte d'appétit. Fréquents : infections (dont zona), troubles de la coordination, désorientation, léthargie, dysarthrie, ataxie, stomatite, diarrhée, anomalies du bilan hépatique. Peu fréquents : apathie, confusion, troubles de l'élocution, insuffisance ou lésion rénale. Rares : pneumopathie interstitielle, fibrose pulmonaire, ictère cholestatique, alopécie, troubles de la spermatogenèse et de l'ovulation. Très rares : tumeurs secondaires (leucémie aiguë, syndrome myélodysplasique), cécité après association à la radiothérapie. Fréquence indéterminée : infiltrats pulmonaires, azotémie, atrophie rénale, hyperbilirubinémie.
Mécanisme d'action
Nitrosourée (code ATC L01AD02) : agit en partie comme agent alkylant et en partie en inhibant plusieurs étapes de la synthèse des acides nucléiques et la réparation des cassures de l'ADN. Résistance croisée habituelle avec les autres nitrosourées, plus rare avec les alkylants classiques.
Pharmacocinétique
Absorption digestive rapide avec métabolisme de premier passage complet en métabolites hydroxylés actifs (alkylants) ; pic plasmatique en 3 à 4 heures. Demi-vie des métabolites d'environ 2 heures, très variable ; certains produits de dégradation ont une demi-vie de 50 à 72 heures. Passage de la barrière hémato-encéphalique (15 à 30 % des concentrations plasmatiques dans le liquide céphalorachidien). Élimination principalement rénale.
Conservation
À conserver à une température ne dépassant pas 25 °C, dans l'emballage d'origine, à l'abri de la lumière et de l'humidité (durée de conservation de 3 ans).
Source
RCP ANSM/BDPM de LOMUSTINE MEDAC 40 mg, gélule (CIS 66274639), texte mis à jour le 07/04/2026, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
LOMUSTINE MEDAC.