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Lopinavir + Ritonavir

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antirétroviral - inhibiteur de la protéase du VIH (IP).

Indications

Infection par le VIH-1 de l'adulte, de l'adolescent et de l'enfant de plus de 2 ans, en association avec d'autres antirétroviraux. Chez les patients déjà traités par inhibiteurs de protéase, choix guidé par les tests de résistance et l'historique thérapeutique.

Posologie

Voie orale, au cours ou en dehors d'un repas, comprimés avalés entiers sans être mâchés, coupés ni broyés. Adulte et adolescent : 400 mg / 100 mg (deux comprimés à 200 mg / 50 mg) deux fois par jour ; une prise unique de 800 mg / 200 mg par jour possible chez l'adulte ayant moins de 3 mutations aux inhibiteurs de protéase (risque de moindre suppression virologique et de diarrhée accrue). Enfant de 2 ans et plus pesant au moins 40 kg ou de surface corporelle > 1,4 m² : dose adulte deux fois par jour ; jamais de prise unique quotidienne chez l'enfant. Pas d'adaptation en insuffisance rénale ; contre-indiqué en insuffisance hépatique sévère.

Contre-indications

Hypersensibilité aux substances actives ou à l'un des excipients. Insuffisance hépatique sévère. Association aux médicaments très dépendants du CYP3A : alfuzosine, ranolazine, amiodarone, dronédarone, acide fusidique (infections dermatologiques), nératinib, vénétoclax (initiation et titration), colchicine en cas d'insuffisance rénale ou hépatique, astémizole, terfénadine, lurasidone, pimozide, quétiapine, dihydroergotamine, ergonovine, ergotamine, méthylergonovine, cisapride, elbasvir/grazoprévir, lovastatine, simvastatine, lomitapide, avanafil, sildénafil dans l'hypertension artérielle pulmonaire, vardénafil, midazolam oral, triazolam. Millepertuis.

Mises en garde et précautions

Insuffisance hépatique, co-infection VHB/VHC. Saignements chez l'hémophile. Pancréatite, parfois avec hypertriglycéridémie. Léger allongement du PR ; rares blocs auriculo-ventriculaires du 2e ou 3e degré (cardiomyopathie, troubles de conduction, médicaments allongeant le PR comme le vérapamil ou l'atazanavir). Délamanide : allongement du QTc possible. Prudence avec le sildénafil ou le tadalafil dans la dysfonction érectile. Syndrome de restauration immunitaire, ostéonécrose, prise de poids et anomalies métaboliques.

Interactions

Lopinavir et ritonavir inhibent le CYP3A (hausse des substrats) ; Kaletra induit son propre métabolisme et la biotransformation par le CYP2C9, le CYP2C19 et la glucuronoconjugaison (baisse possible de certains médicaments). Contre-indications listées ci-dessus.

Grossesse et allaitement

Grossesse : évalué chez plus de 3 000 femmes, dont plus de 1 000 au premier trimestre, sans augmentation du risque de malformations ; utilisable si nécessaire. Allaitement : passage dans le lait chez le rat ; allaitement déconseillé aux femmes vivant avec le VIH.

Effets indésirables

Les plus fréquents : diarrhée (risque plus élevé en une prise par jour), nausées, vomissements (plutôt en début de traitement), hypertriglycéridémie et hypercholestérolémie (plus tardives).

Mécanisme d'action

Association d'un inhibiteur des protéases du VIH-1 et du VIH-2 (lopinavir), qui empêche le clivage de la polyprotéine gag-pol et conduit à des virions immatures non infectieux, et du ritonavir, qui inhibe le métabolisme du lopinavir par le CYP3A et augmente ses concentrations ; code ATC J05AR10.

Pharmacocinétique

Pas d'effet significatif d'un repas riche en graisses sur l'exposition (comprimé). Liaison du lopinavir aux protéines de 98 à 99 %. Métabolisme par le CYP3A, inhibé par le ritonavir. Demi-vie effective du lopinavir de 5 à 6 heures sur un intervalle de 12 heures.

Conservation

À une température ne dépassant pas 25 °C (2 ans en flacon).

Source

RCP européen (EMA) de KALETRA 200 mg/50 mg, comprimé pelliculé, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 67969992), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

KALETRA, KALETRA (80 mg +, LOPINAVIR/RITONAVIR VIATRIS.