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Melphalan

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - agent alkylant (chimiothérapie).

Indications

Myélome multiple ; adénocarcinome ovarien au stade avancé ; carcinome du sein au stade avancé ou en traitement adjuvant.

Posologie

Voie orale ; dose quotidienne fractionnée en plusieurs prises, de préférence 15 à 30 minutes avant un repas. La posologie dépend du protocole et est adaptée à l'hémogramme. Myélome multiple : 0,15 à 0,25 mg/kg/jour pendant 4 à 7 jours en association avec la prednisone 40 mg/jour, cures reprises toutes les 4 à 6 semaines (pas de bénéfice à prolonger au-delà d'un an chez le répondeur). Adénocarcinome ovarien : 0,2 mg/kg/jour pendant 5 jours, toutes les 4 à 8 semaines selon la numération. Carcinome du sein avancé : 0,15 mg/kg/jour ou 6 mg/m²/jour pendant 4 à 6 jours, toutes les 6 semaines. Insuffisance rénale : clairance diminuée ; une réduction de la dose initiale peut être envisagée par prudence. Absorption orale variable : une augmentation prudente peut être nécessaire jusqu'à l'apparition d'une myélosuppression. En association avec lénalidomide ou thalidomide : thromboprophylaxie pendant au moins les 5 premiers mois. Comprimé à ne pas diviser.

Contre-indications

Hypersensibilité au melphalan ou à l'un des excipients ; vaccins vivants atténués pendant le traitement et les 6 mois suivant l'arrêt ; grossesse ; allaitement.

Mises en garde et précautions

Surveillance étroite de l'hémogramme : la cytopénie peut continuer de s'aggraver après l'arrêt ; interrompre temporairement dès une leucopénie ou une thrombopénie profonde. Insuffisance rénale : clairance réduite et myélosuppression urémique possible, réduction de dose et surveillance étroite ; les fortes doses peuvent provoquer des lésions rénales aiguës. Mutagène et leucémogène : leucémies aiguës et syndromes myélodysplasiques rapportés ; risque accru de seconds cancers en association avec le lénalidomide ou la thalidomide. Événements thromboemboliques veineux en association avec lénalidomide ou thalidomide : thromboprophylaxie, et arrêt avec anticoagulation en cas d'événement. Contraception efficace pendant le traitement et 6 mois après chez la femme, 3 mois après chez l'homme ; contraceptifs oraux combinés déconseillés ; conservation du sperme à proposer avant traitement.

Interactions

Contre-indiqués : vaccins vivants atténués pendant le traitement et les 6 mois suivant l'arrêt. Déconseillés : olaparib (myélosuppression majorée), phénytoïne et fosphénytoïne (convulsions, ou toxicité ou perte d'efficacité du cytotoxique), busulfan chez l'enfant à moins de 24 heures d'intervalle. Précautions d'emploi : antivitamines K (contrôle plus fréquent de l'INR). À prendre en compte : flucytosine (toxicité hématologique majorée) ; ciclosporine et tacrolimus (altération de la fonction rénale, immunodépression excessive avec risque de lymphoprolifération) ; thalidomide et lénalidomide (leucémogénicité, seconds cancers).

Grossesse et allaitement

À éviter pendant la grossesse, en particulier au premier trimestre (potentiellement mutagène et tératogène) : contre-indiqué. Allaitement déconseillé. Fertilité : aménorrhée chez la femme ; stérilité possible chez l'homme.

Effets indésirables

Très fréquents : dépression médullaire (leucopénie, thrombopénie, anémie), nausées, vomissements. Fréquents : altération de la fonction rénale. Rares : anémie hémolytique, réactions allergiques, pneumopathie interstitielle et fibrose pulmonaire. Fréquence indéterminée : leucémie aiguë et syndrome myélodysplasique secondaires, diarrhée, stomatite, troubles hépatiques, alopécie, éruption cutanée, lésion rénale aiguë, azoospermie, aménorrhée, thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire.

Mécanisme d'action

Agent alkylant bifonctionnel (code ATC L01AA03), dérivé des moutardes azotées : alkyle l'azote N7 de la guanine et forme des liaisons croisées entre les brins d'ADN, empêchant la réplication cellulaire.

Pharmacocinétique

Biodisponibilité orale variable, de 56 à 85 % ; pic plasmatique de 87 à 350 ng/ml atteint en 0,5 à 2 heures ; l'alimentation diminue l'exposition de 39 à 54 %. Faible passage de la barrière hémato-encéphalique. Demi-vie d'élimination terminale moyenne d'environ 1,1 à 1,5 heure ; environ 11 % de la dose éliminée dans les urines en 24 heures. Clairance réduite en cas d'insuffisance rénale ; pas de corrélation établie avec l'âge.

Conservation

À conserver au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C ; ne pas congeler (durée de conservation de 3 ans). Si l'enrobage du comprimé est intact, la manipulation ne présente pas de risque ; destruction selon la réglementation des cytotoxiques.

Source

RCP ANSM/BDPM d'ALKERAN 2 mg, comprimé pelliculé (CIS 68262525), texte mis à jour le 06/02/2025, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

ALKERAN.