Mercaptopurine
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - antimétabolite, analogue des purines ou des pyrimidines (chimiothérapie).
Indications
Leucémies aiguës de l'adulte, de l'adolescent et de l'enfant : leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) et leucémies aiguës myéloblastiques (LAM).
Posologie
Voie orale, sous la supervision d'un médecin expérimenté dans la prise en charge des leucémies aiguës. Posologie habituelle chez l'adulte et l'enfant : 2,5 mg/kg/jour ou 50 à 75 mg/m²/jour, adaptée à l'hématotoxicité et au protocole d'association. Chez l'enfant atteint de LAL, la prise le soir réduit le risque de rechute par rapport à la prise du matin. Prendre de façon uniforme, avec ou sans nourriture, mais à distance des produits laitiers (une heure avant ou deux heures après). Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique : envisager une réduction de la dose de départ et surveiller étroitement. Déficit en TPMT ou variant du gène NUDT15 : réduction substantielle de la dose généralement nécessaire (génotypage ou phénotypage possible, sans remplacer la surveillance hématologique). Avec allopurinol, oxypurinol ou thiopurinol : n'administrer que 25 % de la dose habituelle ; éviter le fébuxostat. Comprimés et suspension buvable non bioéquivalents : renforcer la surveillance hématologique lors d'un changement de forme.
Contre-indications
Hypersensibilité à la mercaptopurine ou à l'un des excipients ; association au vaccin contre la fièvre jaune. Ne pas utiliser en cas d'intolérance au galactose, de déficit total en lactase ou de malabsorption du glucose et du galactose (contient du lactose).
Mises en garde et précautions
Agent cytotoxique fortement myélosuppresseur : numération formule sanguine quotidienne pendant l'induction de la rémission puis surveillance étroite ; les leucocytes et les plaquettes continuent de baisser après l'arrêt, interrompre dès une chute anormale. Déficit en TPMT et variants NUDT15 : risque de toxicité sévère, aggravé par les aminosalicylés (olsalazine, mésalazine, sulfasalazine). Hépatotoxique : bilan hépatique hebdomadaire, arrêt immédiat en cas d'ictère. Pendant l'induction, surveiller l'uricémie et l'uricosurie (néphropathie urique), hydratation et alcalinisation des urines. Risque accru de syndromes lymphoprolifératifs, de cancers cutanés, de sarcomes et de cancer du col in situ ; lymphome T hépatosplénique rapporté dans les maladies inflammatoires de l'intestin (hors indication). Infections sévères ou atypiques (dépistage du virus varicelle-zona avant traitement). Syndrome d'activation macrophagique, pellagre (carence en niacine), photosensibilisation (limiter l'exposition solaire, écran à indice élevé). Vaccins vivants déconseillés. Inefficace dans le syndrome de Lesch-Nyhan. Surdosage : pas d'antidote, surveillance de l'hémogramme et traitement symptomatique.
Interactions
Contre-indiqué : vaccin contre la fièvre jaune (maladie vaccinale généralisée mortelle) ; autres vaccins vivants déconseillés. Allopurinol, oxypurinol, thiopurinol : réduire la mercaptopurine à 25 % de la dose (insuffisance médullaire grave) ; fébuxostat déconseillé. Ribavirine : déconseillée (myélosuppression sévère, perte d'efficacité). Aminosalicylés (mésalazine, olsalazine, sulfasalazine) : myélosuppression majorée par inhibition de la TPMT. Méthotrexate : augmente l'exposition à la mercaptopurine (de 31 % à 20 mg/m² oral jusqu'à 93 % à 5 g/m² IV), ajustement de dose à forte dose. Warfarine : effet anticoagulant diminué, surveiller l'INR. Phénytoïne et autres antiépileptiques : absorption ou taux modifiés, surveiller. Infliximab : variations transitoires des métabolites et des leucocytes décrites avec l'azathioprine. Autres myélosuppresseurs : réduction de dose possible. Lait et produits laitiers : diminution des concentrations (xanthine oxydase).
Grossesse et allaitement
Contraception efficace chez l'homme et la femme pendant le traitement et au moins 3 mois après la dernière dose. Grossesse : uniquement après évaluation minutieuse du rapport bénéfice/risque (passage transplacentaire ; prématurité, faible poids de naissance, anomalies congénitales et avortements rapportés, notamment en association) ; surveiller la mère et le nouveau-né (troubles hématologiques et immunitaires). Allaitement : ne pas allaiter. Fertilité : effet inconnu ; oligospermie profonde transitoire rapportée avec les corticoïdes.
Effets indésirables
Très fréquents : myélosuppression, leucopénie, thrombopénie, anémie, pancytopénie. Fréquents : nausées, vomissements, diarrhée, stase biliaire, hépatotoxicité, anorexie. Peu fréquents : infections bactériennes et virales, réactions d'hypersensibilité (arthralgies, éruption, fièvre), nécrose hépatique. Rares : néoplasmes (syndromes lymphoprolifératifs, cancers cutanés, sarcomes), ulcération buccale, pancréatite, œdème du visage, alopécie, oligospermie transitoire. Très rares : leucémie secondaire et myélodysplasie, ulcération intestinale. Fréquence indéterminée : stomatite, chéilite, photosensibilité, érythème noueux, hypoglycémie (enfant), pellagre, inflammation des muqueuses, diminution des facteurs de coagulation.
Mécanisme d'action
Antimétabolite, analogue de la purine (code ATC L01BB02). Prodrogue inactive transformée dans la cellule en nucléotides thioguaniques : ses métabolites inhibent la synthèse de novo des purines et les interconversions des nucléotides puriques ; les nucléotides thioguaniques incorporés dans les acides nucléiques contribuent à la cytotoxicité. Résistance croisée habituelle avec la 6-thioguanine.
Pharmacocinétique
Biodisponibilité orale très variable (moyenne de 16 %, de 5 à 37 % chez l'enfant), liée à un métabolisme de premier passage ; pic plasmatique en 2,2 heures en moyenne (0,5 à 4 heures). Alimentation sans effet significatif, mais éviter les produits laitiers. Passage faible dans le liquide céphalorachidien. Métabolisme important par la TPMT (polymorphe), la xanthine oxydase, l'IMPDH et l'HPRT. Demi-vie d'environ 0,9 heure après perfusion IV ; environ 20 % de la dose excrétée inchangée dans les urines.
Conservation
À conserver à une température ne dépassant pas 25 °C, à l'abri de la lumière et de l'humidité (durée de conservation de 3 ans).
Source
RCP ANSM/BDPM de PURINETHOL 50 mg, comprimé (CIS 63377491), texte mis à jour le 31/12/2024, rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
PURINETHOL, XALUPRINE.