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Mitotane

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - autre mécanisme (rétinoïde, adrénolytique).

Indications

Traitement symptomatique du carcinome corticosurrénalien évolué (non opérable, métastatique ou récidivant). Efficacité non établie sur le carcinome non fonctionnel.

Posologie

Voie orale, en 2 ou 3 prises par jour avec un verre d'eau au cours de repas riches en graisses ; manipulation des comprimés avec des gants jetables. Adulte : 2 à 3 g par jour au départ, augmentés progressivement (par exemple toutes les 2 semaines) jusqu'à une concentration plasmatique de mitotane de 14 à 20 mg/l ; 4 à 6 g par jour au départ si un syndrome de Cushing doit être contrôlé en urgence (pas plus de 6 g par jour au départ). Dosages plasmatiques réguliers ; ne pas dépasser 20 mg/l (toxicité neurologique). Atteinte hépatique ou rénale légère à modérée : prudence et surveillance des concentrations ; données insuffisantes en cas d'atteinte sévère.

Contre-indications

Hypersensibilité au mitotane ou à l'un des excipients. Allaitement. Association à la spironolactone.

Mises en garde et précautions

Exérèse chirurgicale la plus large possible avant le traitement (risque d'infarctus ou d'hémorragie tumorale). Insuffisance surrénale fréquente : substitution en glucocorticoïdes (voire minéralocorticoïdes), ajustée sur le cortisol libre et l'ACTH. Interrompre temporairement en cas de choc, de traumatisme sévère ou d'infection grave et administrer des glucocorticoïdes ; informer le patient de consulter immédiatement. Surveillance des concentrations plasmatiques. Hépatotoxicité.

Interactions

Contre-indiquée : spironolactone (bloque l'action du mitotane). Warfarine et anticoagulants coumariniques : métabolisme accéléré, adapter les doses. Inducteur du cytochrome P450, notamment du CYP3A4 : prudence avec les substances métabolisées par ces voies (anticonvulsivants, rifabutine, rifampicine, griséofulvine, millepertuis, sunitinib, étoposide, midazolam) ; l'induction peut persister après l'arrêt.

Grossesse et allaitement

Grossesse : non recommandé (anomalies surrénaliennes fœtales rapportées). Contraception efficace pendant le traitement et tant que le mitotane reste détectable dans le plasma, ce qui peut prendre plusieurs mois. Allaitement : contre-indiqué.

Effets indésirables

Au moins un effet indésirable chez plus de 80 % des patients. Rapportés : insuffisance surrénale, troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée, inflammation des muqueuses, diminution de l'appétit), élévation des enzymes hépatiques, hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, troubles neurologiques (ataxie, vertiges, somnolence, confusion, paresthésies), leucopénie, allongement du temps de saignement, éruption cutanée, gynécomastie possible, dysthyroïdie, hypogonadisme masculin, troubles visuels.

Mécanisme d'action

Agent cytotoxique surrénalien (code ATC L01XX23), pouvant aussi inhiber la surrénale sans destruction cellulaire apparente ; mécanisme biochimique inconnu ; il modifie le métabolisme périphérique des stéroïdes et bloque directement la sécrétion du cortex surrénalien.

Pharmacocinétique

Métabolite circulant principal : o,p'-DDA. Stockage dans les graisses, relargage lent à l'arrêt, d'où une demi-vie terminale de 18 à 159 jours.

Conservation

Dans l'emballage d'origine (durée de conservation de 3 ans ; 1 an après ouverture).

Source

RCP européen (EMA) de LYSODREN 500 mg, comprimé, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 66435544), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

LYSODREN.