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Nivolumab

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - anticorps monoclonal anti-PD-1, inhibiteur de point de contrôle immunitaire (immunothérapie).

Indications

Mélanome : traitement adjuvant après résection complète (stade IIB ou IIC, atteinte ganglionnaire ou métastatique), en monothérapie ; mélanome avancé, en monothérapie ou avec l'ipilimumab (adultes et adolescents de 12 ans et plus). Cancer bronchique non à petites cellules : néoadjuvant avec une chimiothérapie à base de platine (tumeur résécable à haut risque, PD-L1 ≥ 1 %), éventuellement suivi d'un traitement adjuvant ; métastatique sans mutation de l'EGFR ni translocation ALK, en première ligne avec l'ipilimumab et 2 cycles de chimiothérapie ; après une chimiothérapie, en monothérapie. Mésothéliome pleural malin non résécable, en première ligne avec l'ipilimumab. Carcinome à cellules rénales avancé : en première ligne avec l'ipilimumab (pronostic intermédiaire ou défavorable) ou avec le cabozantinib ; après un traitement antérieur, en monothérapie. Lymphome de Hodgkin classique : stade III ou IV non traité, avec l'AVD ; en rechute ou réfractaire, avec le brentuximab vedotin (de 5 à 30 ans) ou en monothérapie après autogreffe et brentuximab vedotin. Cancer épidermoïde de la tête et du cou en rechute ou métastatique, en progression après un sel de platine. Carcinome urothélial : adjuvant (infiltrant le muscle, haut risque, PD-L1 ≥ 1 %) ; non résécable ou métastatique en première ligne avec cisplatine et gemcitabine ; après échec d'un sel de platine. Cancer colorectal dMMR ou MSI-H, avec l'ipilimumab. Carcinome épidermoïde de l'œsophage avancé (avec l'ipilimumab ou une chimiothérapie si PD-L1 ≥ 1 %, ou en monothérapie après chimiothérapie). Cancer de l'œsophage ou de la jonction œso-gastrique en adjuvant après radiochimiothérapie néoadjuvante. Adénocarcinome gastrique, de la jonction œso-gastrique ou de l'œsophage avancé HER2 négatif (CPS ≥ 5), avec une chimiothérapie. Carcinome hépatocellulaire non résécable ou avancé, en première ligne avec l'ipilimumab.

Posologie

Perfusion intraveineuse de 30 ou 60 minutes avec filtre en ligne (0,2 à 1,2 µm), jamais en bolus ; traitement instauré et surveillé par un médecin expérimenté en cancérologie ; test PD-L1 ou MSI/MMR validé lorsque l'indication le précise. Monothérapie : 240 mg toutes les 2 semaines ou 480 mg toutes les 4 semaines selon l'indication (adolescent de moins de 50 kg : 3 mg/kg toutes les 2 semaines ou 6 mg/kg toutes les 4 semaines) ; en adjuvant, durée maximale de 12 mois. En association (ipilimumab, chimiothérapie, cabozantinib, brentuximab vedotin, AVD) : dose et rythme propres à chaque indication (par exemple dans le mélanome 1 mg/kg avec l'ipilimumab 3 mg/kg toutes les 3 semaines pendant 4 cycles, puis monothérapie ; dans le mésothéliome 360 mg toutes les 3 semaines avec l'ipilimumab 1 mg/kg toutes les 6 semaines) ; le nivolumab est perfusé en premier, sauf avec l'AVD. Aucune réduction de dose recommandée : suspension ou arrêt définitif selon le type et le grade des effets indésirables d'origine immunologique ; arrêt définitif en cas d'effet de grade 4 ou de grade 3 récidivant, ou de grade 2 ou 3 persistant malgré la prise en charge. Pas d'adaptation chez le sujet âgé ni en cas d'insuffisance rénale ou hépatique légère à modérée ; prudence en cas d'insuffisance hépatique sévère. Sécurité non établie avant 18 ans en dehors des indications pédiatriques citées. Remettre la carte patient.

Contre-indications

Hypersensibilité au nivolumab ou à l'un des excipients.

Mises en garde et précautions

Effets indésirables d'origine immunologique, plus fréquents en association avec l'ipilimumab, pouvant survenir pendant ou après le traitement (surveillance au moins 5 mois après la dernière perfusion) : pneumopathie, colite, hépatite, néphrite, endocrinopathies (hypothyroïdie, hyperthyroïdie, hypophysite, insuffisance surrénalienne, diabète), atteintes cutanées sévères (syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique : arrêt définitif), myocardite, myosite, rhabdomyolyse, encéphalite, syndrome de Guillain-Barré, pancréatite, uvéite. Prise en charge : suspension, corticoïdes puis décroissance sur au moins un mois, immunosuppresseurs si échec ; ne pas reprendre tant que le patient reçoit des doses immunosuppressives de corticoïdes ; prophylaxie anti-infectieuse si immunosuppression. Maladie auto-immune préexistante : risque accru et poussées. Rejet de greffe d'organe solide. Lymphohistiocytose hémophagocytaire. Réactions à la perfusion parfois sévères. Greffe allogénique de cellules souches : réaction du greffon contre l'hôte sévère et mortalité accrue, avant ou après le nivolumab. Avec l'AVD : neutropénies de grade 3 et 4 plus fréquentes (numération avant chaque cycle). Effets cardiaques et pulmonaires, troubles électrolytiques et déshydratation en association. Contient du sodium et du polysorbate 80. Surdosage : surveillance et traitement symptomatique. Traçabilité : enregistrer le nom et le numéro de lot.

Interactions

Anticorps monoclonal non métabolisé par les cytochromes : pas d'interaction pharmacocinétique attendue. Éviter les corticoïdes systémiques et autres immunosuppresseurs avant de débuter le traitement (interférence possible avec son activité) ; ils peuvent être utilisés après l'initiation pour traiter les effets indésirables d'origine immunologique.

Grossesse et allaitement

Grossesse : non recommandé, sauf si le bénéfice l'emporte (toxicité embryofœtale chez l'animal ; les IgG4 traversent le placenta) ; contraception efficace pendant le traitement et 5 mois après la dernière perfusion. Allaitement : choisir entre l'arrêt de l'allaitement et l'arrêt du traitement. Fertilité : effet inconnu.

Effets indésirables

En monothérapie, très fréquents : fatigue, douleurs musculosquelettiques, diarrhée, éruption cutanée, toux, nausées, prurit, diminution de l'appétit, arthralgies, constipation, dyspnée, douleurs abdominales, infections des voies aériennes supérieures, fièvre, céphalées, vomissements, anémie, lymphopénie, leucopénie, neutropénie, thrombopénie, hyperglycémie, anomalies biologiques (transaminases, créatinine, lipase, amylase, électrolytes). Fréquents : pneumonie, bronchite, réactions liées à la perfusion, hypersensibilité, hypothyroïdie, hyperthyroïdie, thyroïdite, déshydratation, neuropathie périphérique, vision trouble, tachycardie, fibrillation auriculaire, hypertension, pneumopathie inflammatoire, épanchement pleural, colite, stomatite, vitiligo, alopécie, arthrite, insuffisance rénale, œdèmes. Peu fréquents : insuffisance surrénalienne, hypophysite, diabète, uvéite, myocardite, péricardite, pancréatite, hépatite, psoriasis, pseudopolyarthrite rhizomélique. Rares : acidocétose diabétique, syndrome de Guillain-Barré, encéphalite, méningite aseptique, vascularite, nécrolyse épidermique toxique, syndrome de Stevens-Johnson, myosite, rhabdomyolyse, néphrite tubulo-interstitielle. Fréquence indéterminée : lymphohistiocytose hémophagocytaire, rejet de greffe d'organe solide, syndrome de lyse tumorale, myélite. La majorité des effets est de grade 1 ou 2.

Mécanisme d'action

Anticorps monoclonal humain de type IgG4 (code ATC L01FF01), inhibiteur de point de contrôle immunitaire : il se lie au récepteur PD-1 des lymphocytes T et bloque son interaction avec PD-L1 et PD-L2, levant l'inhibition de la prolifération des lymphocytes T et potentialisant la réponse immunitaire antitumorale ; effet synergique avec l'anti-CTLA-4 ipilimumab.

Pharmacocinétique

Pharmacocinétique linéaire de 0,1 à 10 mg/kg. Clairance d'environ 7,9 ml/h et demi-vie terminale d'environ 25 jours. Dégradation en peptides et acides aminés par catabolisme, comme les IgG endogènes. Âge, sexe, type de tumeur et insuffisance hépatique légère sans effet cliniquement significatif sur la clairance.

Conservation

Flacon non ouvert : au réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C), sans congeler, dans l'emballage d'origine à l'abri de la lumière (durée de conservation de 3 ans) ; tolère jusqu'à 48 heures à 25 °C au maximum. Solution préparée : voir le RCP pour la durée de stabilité.

Source

RCP européen (EMA) d'OPDIVO 10 mg/ml, solution a diluer pour perfusion, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 66367812), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

OPDIVO.