Palbociclib
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - inhibiteur des kinases CDK4/6 (thérapie ciblée).
Indications
Cancer du sein localement avancé ou métastatique, positif aux récepteurs hormonaux et HER2 négatif : en association avec un inhibiteur de l'aromatase, ou avec le fulvestrant chez les femmes traitées antérieurement par hormonothérapie. Chez la femme en pré- ou périménopause, l'hormonothérapie est associée à un agoniste de la LH-RH.
Posologie
Voie orale : 125 mg une fois par jour pendant 21 jours consécutifs, suivis de 7 jours sans traitement (cycle de 28 jours), tant qu'un bénéfice est observé ; à heure fixe, avec de la nourriture (de préférence au cours d'un repas), gélules avalées entières, sans pamplemousse. Traitement instauré par un médecin expérimenté en cancérologie. Avec le fulvestrant : 500 mg en intramusculaire aux jours 1, 15 et 29, puis une fois par mois. Dose vomie ou oubliée : ne pas la reprendre. Réductions selon la tolérance : 100 mg puis 75 mg par jour (arrêt si une dose inférieure est nécessaire). Numération avant le traitement, au début de chaque cycle et au jour 15 des 2 premiers cycles ; neutrophiles ≥ 1 000/mm³ et plaquettes ≥ 50 000/mm³ requis. Toxicité hématologique de grade 3 : suspendre jusqu'au grade ≤ 2 ; neutropénie de grade 3 fébrile ou infectée, ou grade 4 : suspendre puis reprendre à la dose inférieure ; toxicité non hématologique de grade ≥ 3 persistante : suspendre puis dose inférieure. Arrêt définitif en cas de pneumopathie interstitielle sévère. Insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) : 75 mg par jour ; pas d'adaptation si légère ou modérée, ni en cas d'insuffisance rénale avec clairance ≥ 15 ml/min, ni chez le sujet âgé. Inhibiteur puissant du CYP3A inévitable : 75 mg par jour. Pas d'utilisation chez l'enfant.
Contre-indications
Hypersensibilité au palbociclib ou à l'un des excipients. Préparations à base de millepertuis.
Mises en garde et précautions
Femme en pré- ou périménopause : suppression ovarienne obligatoire par agoniste de la LH-RH avec un inhibiteur de l'aromatase. Efficacité non étudiée en cas de maladie viscérale grave. Neutropénie de grade 3 ou 4 : interruption, réduction de dose ou report des cycles, surveillance adaptée. Pneumopathie interstitielle ou inflammatoire, parfois mortelle : interrompre devant des symptômes respiratoires nouveaux ou aggravés, arrêt définitif si sévère. Infections favorisées par la myélosuppression : signaler toute fièvre. Thromboembolies veineuses. Prudence en cas d'insuffisance hépatique ou rénale modérée à sévère. Éviter les inhibiteurs puissants du CYP3A (sinon 75 mg par jour) et les inducteurs puissants. Contraception hautement efficace. Contient du lactose. Surdosage : toxicité digestive et hématologique, traitement symptomatique.
Interactions
Métabolisme par le CYP3A et la SULT2A1. Inhibiteurs puissants du CYP3A (itraconazole : exposition + 87 % ; clarithromycine, kétoconazole, posaconazole, voriconazole, inhibiteurs de protéase, néfazodone, télithromycine) et pamplemousse : à éviter, sinon 75 mg par jour ; inhibiteurs légers ou modérés : pas d'adaptation. Inducteurs puissants (rifampicine : exposition - 85 % ; carbamazépine, enzalutamide, phénytoïne) : à éviter ; millepertuis contre-indiqué ; inducteurs modérés (modafinil) : pas d'adaptation. Inhibiteurs de la pompe à protons : exposition fortement réduite à jeun, d'où la prise au cours d'un repas. Faible inhibiteur du CYP3A (midazolam + 61 %) : réduire si besoin la dose des substrats à marge étroite (alfentanil, ciclosporine, dihydroergotamine, ergotamine, évérolimus, fentanyl, pimozide, quinidine, sirolimus, tacrolimus). Substrats de la P-gp (digoxine, dabigatran, colchicine), de la BCRP (statines, sulfasalazine) et de l'OCT1 (metformine) : effets possiblement accrus. Statines (simvastatine, atorvastatine) : rhabdomyolyses parfois mortelles rapportées. Pas d'interaction notable avec le létrozole, le tamoxifène ou le fulvestrant.
Grossesse et allaitement
Contraception appropriée (par exemple double barrière) pendant le traitement et au moins 3 semaines après chez la femme, 14 semaines après chez l'homme. Grossesse : non recommandé (toxicité sur la reproduction chez l'animal). Allaitement : ne pas allaiter. Fertilité masculine possiblement altérée : conservation du sperme à envisager avant le traitement.
Effets indésirables
Très fréquents : infections (59 %), neutropénie (82 %, grade 3 ou 4 chez 68 %), leucopénie, anémie, thrombopénie, diminution de l'appétit, stomatite, nausées, diarrhée, vomissements, éruption cutanée, alopécie, sécheresse cutanée, fatigue, asthénie, fièvre, élévation des transaminases. Fréquents : neutropénie fébrile, dysgueusie, vision trouble, larmoiement, sécheresse oculaire, thromboembolie veineuse, épistaxis, pneumopathie interstitielle ou inflammatoire, syndrome main-pied, augmentation de la créatinine. Peu fréquents : lupus érythémateux cutané, érythème polymorphe.
Mécanisme d'action
Inhibiteur hautement sélectif et réversible des kinases dépendantes des cyclines CDK4 et CDK6 (code ATC L01EF01) : il bloque la progression du cycle cellulaire de la phase G1 à la phase S et réduit la prolifération, notamment des cancers du sein de type luminal sensibles aux œstrogènes.
Pharmacocinétique
Pic plasmatique en 6 à 12 heures ; biodisponibilité absolue d'environ 46 %, exposition plus régulière lorsqu'il est pris avec un repas. Liaison aux protéines d'environ 85 %. Métabolisme hépatique important par le CYP3A et la SULT2A1. Demi-vie d'élimination d'environ 28,8 heures. Élimination surtout fécale (74 %), 17 % urinaire, principalement sous forme de métabolites.
Conservation
Pas de précaution particulière de conservation (durée de conservation de 4 ans).
Source
RCP européen (EMA) d'IBRANCE 100 mg, gélule, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 68016146), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
IBRANCE.