Régorafénib
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - inhibiteur de tyrosine kinase des récepteurs du VEGF, antiangiogénique (thérapie ciblée).
Indications
Adulte, en monothérapie : cancer colorectal métastatique déjà traité (ou non éligible) par les traitements disponibles (fluoropyrimidine, anti-VEGF, anti-EGFR) ; tumeurs stromales gastro-intestinales non résécables ou métastatiques en progression ou intolérantes à l'imatinib et au sunitinib ; carcinome hépatocellulaire déjà traité par sorafénib.
Posologie
Voie orale, à heure fixe, comprimés avalés entiers avec de l'eau après un repas léger (moins de 30 % de lipides). 160 mg (4 comprimés de 40 mg) une fois par jour pendant 3 semaines, puis 1 semaine de pause (cycle de 4 semaines), tant qu'un bénéfice est observé ou jusqu'à toxicité inacceptable. Ajustements par paliers de 40 mg (dose minimale 80 mg, maximale 160 mg par jour). Dose oubliée : la prendre le jour même ; pas de dose double. Pas d'adaptation en cas d'insuffisance rénale ni d'insuffisance hépatique légère ; non recommandé en cas d'insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C).
Contre-indications
Hypersensibilité au régorafénib ou à l'un des excipients.
Mises en garde et précautions
Hépatotoxicité, parfois sévère : bilan hépatique avant le traitement, au moins toutes les 2 semaines pendant 2 mois puis au moins mensuel. Infections, parfois mortelles. Hémorragies, parfois mortelles. Perforations et fistules digestives. Ischémie et infarctus du myocarde. Encéphalopathie hyperammoniémique. Syndrome d'encéphalopathie postérieure réversible. Hypertension artérielle. Anévrismes et dissections artérielles. Microangiopathie thrombotique. Complications de la cicatrisation : interruption avant une chirurgie. Syndrome main-pied et éruptions cutanées. Anomalies biochimiques et métaboliques.
Interactions
Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (clarithromycine, itraconazole, kétoconazole, posaconazole, voriconazole, pamplemousse) : à éviter. Inhibiteurs puissants de l'UGT1A9 (acide méfénamique, diflunisal, acide niflumique) : à éviter. Inducteurs puissants du CYP3A4 (rifampicine, phénytoïne, carbamazépine, phénobarbital, millepertuis) : à éviter. Inhibe l'UGT1A1 et l'UGT1A9 (irinotécan : exposition au SN-38 augmentée) et la BCRP (rosuvastatine, méthotrexate, fluvastatine, atorvastatine : surveillance).
Grossesse et allaitement
Contraception efficace chez la femme et chez l'homme pendant le traitement et jusqu'à 8 semaines après. Grossesse : à ne pas utiliser sauf nécessité absolue. Allaitement : à interrompre.
Effets indésirables
Les plus fréquents (≥ 30 %) : douleur, syndrome main-pied, asthénie/fatigue, diarrhée, diminution de l'appétit et de l'alimentation, hypertension, infections. Les plus graves : atteintes hépatiques sévères, hémorragies, perforations gastro-intestinales, infections.
Mécanisme d'action
Inhibiteur oral de multiples protéines kinases (code ATC L01EX05) impliquées dans l'angiogenèse (VEGFR1, 2, 3, TIE2), l'oncogenèse (KIT, RET, RAF-1, BRAF, BRAF V600E), les métastases (VEGFR3, PDGFR, FGFR) et l'immunité tumorale (CSF1R).
Pharmacocinétique
Exposition maximale après un repas léger. Liaison aux protéines de 99,5 %. Métabolisme par le CYP3A4 et l'UGT1A9 en métabolites actifs M-2 et M-5. Demi-vie du régorafénib et du M-2 de 20 à 30 heures.
Conservation
Dans l'emballage d'origine, flacon soigneusement fermé à l'abri de l'humidité (durée de conservation de 3 ans) ; stable 7 semaines après ouverture du flacon.
Source
RCP européen (EMA) de STIVARGA 40 mg, comprimé pelliculé, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 69548508), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
STIVARGA.