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Trastuzumab

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - anticorps monoclonal anti-HER2 (biothérapie).

Indications

Chez l'adulte, uniquement si la tumeur surexprime HER2 ou présente une amplification du gène HER2 (méthode validée). Cancer du sein métastatique HER2 positif : en monothérapie après au moins deux chimiothérapies (incluant une anthracycline et un taxane) ; avec le paclitaxel si les anthracyclines ne peuvent être envisagées ; avec le docétaxel en l'absence de chimiothérapie antérieure pour la maladie métastatique ; avec un inhibiteur de l'aromatase chez la femme ménopausée à récepteurs hormonaux positifs. Cancer du sein précoce HER2 positif : après chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie ; après doxorubicine et cyclophosphamide, avec le paclitaxel ou le docétaxel ; avec le docétaxel et le carboplatine ; en néoadjuvant avec la chimiothérapie puis en adjuvant pour une maladie localement avancée, inflammatoire ou une tumeur de plus de 2 cm. Adénocarcinome métastatique de l'estomac ou de la jonction œsogastrique HER2 positif (IHC 3+, ou IHC 2+ confirmé par FISH ou SISH), avec la capécitabine ou le 5-fluoro-uracile et le cisplatine, sans traitement antérieur de la maladie métastatique.

Posologie

Test HER2 obligatoire avant traitement ; instauration par un médecin expérimenté en chimiothérapie cytotoxique. Perfusion intraveineuse uniquement (vérifier qu'il s'agit bien de la forme intraveineuse et non d'une autre spécialité de trastuzumab, comme le trastuzumab emtansine ou deruxtécan) ; dose de charge en 90 minutes, jamais en bolus. Toutes les 3 semaines : dose de charge de 8 mg/kg, puis 6 mg/kg toutes les 3 semaines à partir de la 3e semaine (sein métastatique, sein précoce, estomac). Hebdomadaire : dose de charge de 4 mg/kg, puis 2 mg/kg par semaine (sein métastatique ; sein précoce avec le paclitaxel après AC). Durée : jusqu'à progression dans les formes métastatiques ; 1 an ou jusqu'à rechute dans le cancer du sein précoce (pas au-delà). Pas de réduction de dose ; si la FEVG baisse d'au moins 10 points et passe sous 50 %, suspendre et réévaluer en 3 semaines environ. Oubli de dose : si le retard est d'une semaine au plus, donner la dose d'entretien dès que possible ; au-delà, refaire une dose de charge. Surveillance pendant au moins 6 heures après le début de la première perfusion et 2 heures pour les suivantes. Pas d'utilisation justifiée chez l'enfant.

Contre-indications

Hypersensibilité au trastuzumab, aux protéines murines ou à l'un des excipients ; dyspnée de repos sévère due aux complications d'une maladie avancée ou nécessitant une oxygénothérapie.

Mises en garde et précautions

Médicament biologique : enregistrer le nom et le numéro de lot. Dysfonctionnement cardiaque et insuffisance cardiaque congestive, parfois mortels, surtout après anthracyclines : bilan cardiaque initial (examen, ECG, échocardiographie ou scintigraphie) puis tous les 3 mois pendant le traitement et tous les 6 mois jusqu'à 24 mois après la dernière dose (annuellement jusqu'à 5 ans après anthracyclines) ; ne pas associer aux anthracyclines en situation métastatique ou adjuvante ; éviter si possible les anthracyclines dans les 7 mois suivant l'arrêt. Réactions graves liées à la perfusion (dyspnée, hypotension, bronchospasme, anaphylaxie, angio-œdème), surtout lors de la première perfusion, parfois retardées : interrompre ou ralentir la perfusion ; kit d'urgence disponible. Événements pulmonaires sévères (pneumopathie interstitielle, détresse respiratoire), favorisés par les taxanes, la gemcitabine, la vinorelbine et la radiothérapie. Contient du polysorbate 20 (réactions allergiques possibles).

Interactions

Aucune étude d'interaction spécifique ; pas d'interaction cliniquement significative observée dans les essais. Pas de modification de l'exposition au paclitaxel, à la doxorubicine, au docétaxel, au cisplatine ou au carboplatine ; concentrations de capécitabine plus élevées en association. Risque cardiaque accru avec les anthracyclines, y compris dans les 7 mois suivant l'arrêt du trastuzumab.

Grossesse et allaitement

Contraception efficace pendant le traitement et 7 mois après l'arrêt. Grossesse : à éviter sauf si le bénéfice pour la mère l'emporte ; oligohydramnios, atteinte rénale fœtale et hypoplasie pulmonaire mortelle rapportés ; surveillance multidisciplinaire en cas de grossesse pendant le traitement ou dans les 7 mois suivants. Allaitement : ne pas allaiter pendant le traitement et les 7 mois suivant la dernière dose. Fertilité : pas de données.

Effets indésirables

Très fréquents : infection, rhinopharyngite, neutropénie fébrile, anémie, neutropénie, leucopénie, thrombopénie, perte de poids, anorexie, insomnie, tremblements, étourdissements, céphalées, paresthésies, dysgueusie, conjonctivite, larmoiement, variations de la tension artérielle, rythme cardiaque irrégulier, baisse de la fraction d'éjection, bouffées de chaleur, dyspnée, toux, épistaxis, diarrhée, vomissements, nausées, douleurs abdominales, stomatite, érythème, éruption, alopécie, troubles unguéaux, syndrome main-pied, arthralgies, myalgies, asthénie, douleur thoracique, frissons, fatigue, syndrome pseudo-grippal. Fréquents : neutropénie avec sepsis, hypersensibilité, insuffisance cardiaque congestive, cardiomyopathie, tachyarythmie supraventriculaire, hypotension, pneumonie, épanchement pleural, hépatite, atteinte rénale, mastite. Peu fréquents : surdité, épanchement péricardique, pneumopathie. Rares : réaction et choc anaphylactiques, ictère. Fréquence indéterminée : choc cardiogénique, fibrose pulmonaire, pneumopathie interstitielle, syndrome de détresse respiratoire aiguë, syndrome de lyse tumorale, thrombopénie immune, glomérulonéphrite, insuffisance rénale ; oligohydramnios et hypoplasie pulmonaire ou rénale fœtales.

Mécanisme d'action

Anticorps monoclonal humanisé recombinant de type IgG1 (code ATC L01FD01) dirigé contre le sous-domaine IV du domaine extracellulaire du récepteur HER2 : inhibe la signalisation HER2 indépendante du ligand, empêche le clivage du domaine extracellulaire et inhibe la prolifération des cellules tumorales surexprimant HER2 ; puissant médiateur de la cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps (ADCC).

Pharmacocinétique

Modèle à deux compartiments avec élimination linéaire et non linéaire : la clairance augmente quand la concentration baisse, si bien qu'aucune demi-vie constante ne peut être définie. Clairance linéaire d'environ 0,11 à 0,18 l/jour ; volume du compartiment central de 2,6 à 3,6 l. Pas d'effet de l'âge ni de l'insuffisance rénale sur l'élimination selon l'analyse de population. Après l'arrêt, au moins 95 % des patients atteignent des concentrations inférieures à 1 µg/ml dans les 7 mois.

Conservation

Flacon : au réfrigérateur entre 2 et 8 °C (4 ans) ; ne pas congeler la solution reconstituée. Solution reconstituée : stable 48 heures entre 2 et 8 °C ; solution diluée dans du chlorure de sodium à 0,9 % : stable 30 jours entre 2 et 8 °C et 24 heures à 30 °C au plus.

Source

RCP européen (EMA) de HERCEPTIN 150 mg, poudre pour solution à diluer pour perfusion, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 61276045), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.

Noms commerciaux en France

HERCEPTIN, KANJINTI, OGIVRI, TRAZIMERA, ZERCEPAC.