Trastuzumab déruxtécan
Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antinéoplasique - anticorps conjugué à un cytotoxique (biothérapie).
Indications
Adulte, en monothérapie : cancer du sein HER2-positif non résécable ou métastatique après au moins une ligne anti-HER2 ; cancer du sein RH+ HER2-faible ou HER2-ultrafaible après au moins une hormonothérapie au stade métastatique et non éligible à une hormonothérapie suivante ; cancer du sein HER2-faible après une chimiothérapie au stade métastatique (ou récidive pendant ou dans les 6 mois suivant une chimiothérapie adjuvante) ; cancer bronchique non à petites cellules avancé avec mutation activatrice HER2 après chimiothérapie à base de platine ; adénocarcinome gastrique ou de la jonction œsogastrique HER2-positif avancé après une ligne comportant le trastuzumab ; autres tumeurs solides HER2-positives (IHC 3+) sans option satisfaisante.
Posologie
Perfusion intraveineuse (jamais en bolus) : première perfusion de 90 minutes, puis 30 minutes si bien tolérée. Vérifier l'étiquette : ne pas confondre ni substituer avec le trastuzumab ou le trastuzumab emtansine. Statut HER2 déterminé par un test validé. 5,4 mg/kg toutes les 3 semaines ; cancer de l'estomac : 6,4 mg/kg toutes les 3 semaines ; jusqu'à progression ou toxicité inacceptable. Prémédication antiémétique (deux ou trois médicaments) recommandée. Pas d'adaptation en cas d'insuffisance rénale légère à modérée ni si bilirubine ≤ 1,5 × LSN.
Contre-indications
Hypersensibilité au trastuzumab déruxtécan ou à l'un des excipients.
Mises en garde et précautions
Pneumopathie interstitielle diffuse, parfois mortelle : signaler toux, dyspnée ou fièvre ; investigations rapides. Neutropénie, y compris fébrile mortelle : hémogramme avant chaque dose. Dysfonctionnement ventriculaire gauche : fraction d'éjection avant et pendant le traitement. Toxicité embryo-fœtale (oligohydramnios avec le trastuzumab). Prudence en cas d'insuffisance hépatique modérée. Traçabilité : enregistrer le nom et le numéro de lot.
Interactions
Ritonavir ou itraconazole : augmentation non cliniquement significative de l'exposition (10 à 20 %) ; pas d'adaptation avec les inhibiteurs du CYP3A, de l'OATP1B ou de la P-gp.
Grossesse et allaitement
Vérifier l'absence de grossesse avant le traitement ; contraception efficace chez la femme pendant le traitement et au moins 7 mois après ; chez l'homme pendant le traitement et au moins 4 mois après. Allaitement : ne pas allaiter pendant le traitement et 7 mois après la fin.
Effets indésirables
Les plus fréquents (5,4 mg/kg) : nausées (70,3 %), fatigue (56,9 %), vomissements (36,5 %), neutropénie (35,9 %), anémie (35,4 %), alopécie (34,4 %), constipation, diarrhée, diminution de l'appétit, élévation des transaminases, douleurs musculo-squelettiques, thrombopénie, leucopénie ; grade 3–4 : neutropénie (18,5 %), anémie, fatigue.
Mécanisme d'action
Anticorps conjugué ciblant HER2 (code ATC L01FD04) : IgG1 anti-HER2 humanisée couplée par un agent de liaison clivable au déruxtécan (DXd), inhibiteur de la topoisomérase I ; après internalisation et clivage lysosomal, le DXd provoque des lésions de l'ADN et la mort cellulaire par apoptose.
Pharmacocinétique
Volume de distribution central d'environ 2,8 l (conjugué). DXd lié à environ 97 % aux protéines, métabolisé principalement par le CYP3A4. Demi-vie apparente d'environ 7 jours (conjugué et DXd).
Conservation
Au réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C), sans congeler, dans l'emballage d'origine à l'abri de la lumière (flacon non ouvert : 4 ans) ; solution reconstituée stable jusqu'à 48 heures entre 2 °C et 8 °C selon le RCP.
Source
RCP européen (EMA) d'ENHERTU 100 mg, poudre pour solution à diluer pour perfusion, spécialité commercialisée en France (BDPM, CIS 63648081), rubriques 4.1 à 4.9, 5.1, 5.2, 6.3 et 6.4.
Noms commerciaux en France
ENHERTU.