Score CHA2DS2-VASc
Population : Patients ayant une fibrillation atriale non valvulaire
Estimer le risque d'événement thromboembolique (accident vasculaire cérébral, embolie artérielle) chez un patient en fibrillation atriale non valvulaire, à partir de sept critères : insuffisance cardiaque, hypertension, âge, diabète, antécédent d'AVC/AIT/thromboembolie, maladie vasculaire et sexe féminin.
Critères du calcul
- C — Insuffisance cardiaque
- H — Hypertension artérielle
- A — Âge
- D — Diabète
- S2 — Antécédent d'AVC, d'accident ischémique transitoire ou de thromboembolie
- V — Maladie vasculaire
- Sc — Sexe
Limites d'emploi
- Le texte intégral de la publication d'origine (Lip 2010, Chest) n'est pas en accès libre et n'a pas pu être lu pour cette fiche : seul son résumé l'a été. Les points de chaque critère sont donc relevés dans deux études de validation qui les décrivent (Olesen 2011, dont Lip est co-auteur, et Abraham 2013) ; ils concordent entre elles (1 point pour l'insuffisance cardiaque, l'hypertension, le diabète, la maladie vasculaire, l'âge de 65 à 74 ans et le sexe féminin ; 2 points pour l'âge de 75 ans ou plus et pour un antécédent d'AVC, d'AIT ou de thromboembolie ; total de 0 à 9).
- Les trois niveaux de risque (0 = faible, 1 = intermédiaire, 2 ou plus = élevé) sont ceux utilisés par l'étude danoise de validation (Olesen 2011) ; les taux par niveau viennent de cette étude et ne se substituent pas à ceux d'une autre population.
- Les taux de l'étude danoise sont des taux pour 100 personnes-années, chez des patients hospitalisés pour fibrillation atriale non valvulaire au Danemark (1997-2006) et non traités par antivitamine K ni héparine ; l'événement comprend l'embolie pulmonaire (environ 7,7 % des événements). Les auteurs signalent que les facteurs de risque (hypertension, diabète, insuffisance cardiaque) étaient repérés par les ordonnances, ce qui laisse de côté les patients traités sans médicament, et que l'étude ne tenait compte ni du tabac, ni des antécédents familiaux, ni de l'indice de masse corporelle.
- Dans la même étude, les auteurs notent que le risque associé à un score donné dépend des facteurs qui le composent, et que le score sous-estime le risque lié à une thromboembolie antérieure.
- L'étude de validation chez des femmes ménopausées américaines (Abraham 2013) ne porte que sur des femmes (score minimal de 1), avec une fibrillation atriale et des facteurs de risque le plus souvent déclarés par les patientes elles-mêmes ; les taux annuels y sont bien plus bas (0,20 à 2,02 %), les auteurs l'attribuant en partie à l'état de santé relativement bon de la cohorte. L'insuffisance cardiaque n'y prédisait pas l'AVC en analyse multivariée. Les données sur la plaque aortique et la thromboembolie systémique n'y étaient pas disponibles.
- Les trois études ne mesurent pas la même chose (thromboembolisme avec embolie pulmonaire, AVC ou AIT annualisé, thromboembolisme dans une cohorte européenne de 1 084 patients) : leurs taux sont donnés côte à côte et ne sont pas additionnés.
- Dans la cohorte suédoise de 182 678 patients (Friberg 2012, résumé lu), les statistiques C du critère composite d'événement thromboembolique étaient de 0,66 pour le CHADS2 et de 0,67 pour le CHA2DS2-VASc : la capacité de discrimination individuelle reste modeste. Dans l'étude de Lip 2010, les statistiques C de tous les schémas comparés étaient décrites comme modestes.
- Les conduites rapportées sont les recommandations européennes telles que les décrit Abraham en 2013, et les propos des auteurs de l'étude danoise de 2011 : elles datent de ces années et peuvent avoir changé depuis. Aucune recommandation plus récente n'a été lue pour cette fiche ; le risque hémorragique, qui entre dans la décision d'anticoaguler, n'est pas évalué par ce score.
- Aucune validation en Afrique centrale n'a été lue pour cette fiche. Le score est une aide à la réflexion : il ne remplace ni l'examen clinique ni le jugement du médecin.
Ce score est une aide à la réflexion : il ne remplace ni l'examen clinique ni le jugement du médecin.