Critères SIRS (Systemic Inflammatory Response Syndrome)
Population : Adultes hospitalisés (réanimation et services d'hospitalisation) ; dans l'étude de Rangel-Frausto, patients de 3 unités de réanimation et 3 services de médecine/chirurgie d'un hôpital universitaire
Compter, au chevet du patient, combien de signes d'une réponse inflammatoire générale sont présents parmi quatre : température, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire (ou PaCO2) et leucocytes. Le consensus de 1992 parle de SIRS quand au moins 2 critères sont présents. Ce n'est pas un score de gravité : un SIRS peut avoir une cause non infectieuse.
Critères du calcul
- Température > 38 °C ou < 36 °C
- Fréquence cardiaque > 90/min
- Fréquence respiratoire > 20/min ou PaCO2 < 32 mm Hg
- Leucocytes > 12 000/mm³ ou < 4 000/mm³, ou > 10 % de formes immatures
Limites d'emploi
- Les textes intégraux de Bone 1992 (Chest), de Rangel-Frausto 1995 (JAMA) et de Kaukonen 2015 (NEJM) sont payants : seuls leurs résumés PubMed ont été lus. Le résumé de Bone ne donne pas les seuils des quatre critères ; ils viennent d'un article en accès libre (Ota 2016, source s5) qui les rapporte à propos des définitions ACCP/SCCM. À vérifier contre le texte de Bone 1992 avant publication définitive.
- Le consensus de 1992 propose des définitions larges du sepsis et du SIRS, avec des paramètres physiologiques détaillés (Bone 1992, résumé). Le SIRS n'est pas propre à l'infection : dans l'étude de Rangel-Frausto, 68 % des patients admis (2527 sur 3708) remplissaient les critères.
- Dans l'étude de Rangel-Frausto (un seul hôpital universitaire, 3 unités de réanimation et 3 services de médecine/chirurgie), le délai entre SIRS et sepsis était d'autant plus court que le patient remplissait plus de critères (2, 3 ou 4). La mortalité selon le nombre exact de critères (0 à 4) n'a pas été relevée dans le résumé : aucun taux n'est donné par palier de 0, 1, 2, 3 ou 4 points, et aucun taux pour le niveau « moins de 2 critères ».
- La mortalité de 7 % est celle du stade SIRS dans une hiérarchie d'étapes (SIRS 7 %, sepsis 16 %, sepsis sévère 20 %, choc septique 46 %) ; ce n'est pas la mortalité d'un patient qui a exactement 2, 3 ou 4 critères. Les patients de cette étude avaient tous au moins 2 critères à l'inclusion.
- Kaukonen 2015 (172 unités de réanimation d'Australie et de Nouvelle-Zélande, 2000-2013) : sur 109 663 patients avec infection et défaillance d'organe, 96 385 (87,9 %) avaient au moins 2 critères SIRS et 13 278 (12,1 %) moins de 2. Exiger au moins 2 critères SIRS excluait donc un patient sur huit, et la mortalité augmentait de façon linéaire avec chaque critère supplémentaire (rapport de cotes ajusté 1,13 par critère ; IC 95 % 1,11 à 1,15), sans seuil net à 2 critères.
- Seymour 2016 (JAMA, Pennsylvanie) : chez les patients avec infection suspectée, la validité prédictive du SIRS pour la mortalité hospitalière était inférieure à celle du SOFA en réanimation (aire sous la courbe 0,64 contre 0,74) et inférieure à celle du qSOFA hors réanimation (0,76 contre 0,81). Hors réanimation, 64 % des patients décédés avaient au moins 2 critères SIRS et 65 % des survivants moins de 2 : le SIRS discrimine mal. En réanimation, 91 % des décédés avaient au moins 2 critères.
- Selon Seymour 2016, le groupe de travail Sepsis-3 a recommandé un score SOFA d'au moins 2 points (et non le SIRS) comme critère de sepsis chez les patients infectés ; le SIRS reste décrit ici comme critère historique de 1992.
- Les valeurs de l'enfant, de la femme enceinte et du nouveau-né ne sont pas traitées : les seuils ci-dessus concernent l'adulte, et aucune source lue ici ne donne de seuils pédiatriques.
- Aucune validation en Afrique centrale n'a été lue pour cette fiche. Le score est une aide à la réflexion : il ne remplace ni l'examen clinique ni le jugement du médecin.
Ce score est une aide à la réflexion : il ne remplace ni l'examen clinique ni le jugement du médecin.