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Infection par le virus Zika

Infection due au virus Zika, transmis surtout par les moustiques Aedes. Elle est le plus souvent sans symptôme ou bénigne (fièvre, éruption, yeux rouges, douleurs articulaires), mais pendant la grossesse elle peut provoquer des malformations graves chez l'enfant, dont la microcéphalie. Il n'existe ni traitement antiviral ni vaccin : la prévention repose sur la protection contre les moustiques et les rapports protégés.

Autres noms : Maladie à virus Zika, Fièvre Zika, Zika. En anglais : Zika virus disease, Zika fever. CIM-10 : A92.5. Système : Maladies infectieuses et parasitaires, Grossesse et accouchement.

Définition

L'infection par le virus Zika (ZIKV) est une maladie virale transmise principalement par des moustiques du genre Aedes. Le virus appartient au genre Flavivirus (famille des Flaviviridae, groupe Spondweni) ; deux lignées, africaine et asiatique, sont décrites [9].

La plupart des infections passent inaperçues ou restent bénignes : environ 80 % des infections sont asymptomatiques selon l'ECDC [9]. Lorsqu'elle donne des signes, la maladie est une fièvre éruptive brève, généralement bénigne [2,9].

Sa gravité tient à l'infection pendant la grossesse, qui peut provoquer des malformations graves chez l'enfant (syndrome congénital de Zika), et à un lien avec le syndrome de Guillain-Barré [1,5,9].

Causes et mécanisme

L'agent est le virus Zika, un virus à ARN du genre Flavivirus [6,9]. Il est identifié pour la première fois en Ouganda en 1947 chez un singe rhésus [1].

Chez le fœtus, le virus peut atteindre le système nerveux en développement ; le mécanisme exact du passage de la mère à l'enfant n'est pas élucidé, la voie transplacentaire étant la plus étudiée (modèles animaux et échantillons humains) [8]. L'atteinte du fœtus comprend notamment un développement insuffisant du cortex cérébral et une atrophie ou hypoplasie du cervelet [8].

Transmission et facteurs de risque

Piqûre de moustique. Le virus est transmis par des moustiques Aedes, principalement Aedes aegypti et aussi Aedes albopictus [1,9]. Ces moustiques se reproduisent dans de petites collections d'eau autour des habitations [1].

Le virus peut aussi se transmettre [1,9] :

  • de la mère au fœtus pendant la grossesse, et lors de l'accouchement [1,9] ;
  • par contact sexuel [1,2,9] ;
  • par transfusion de sang ou de produits sanguins, et possiblement par transplantation d'organes [1,9] ;
  • par exposition en laboratoire [1].

Après la piqûre, l'incubation est de 3 à 14 jours selon l'OMS [1] (probablement 3 à 12 jours selon l'ECDC [9]).

Épidémiologie

Monde. Le virus a été identifié en Ouganda en 1947 ; des infections humaines ont été rapportées en Afrique et en Asie, puis des flambées sont survenues depuis 2007 en Afrique, dans les Amériques, en Asie et dans le Pacifique, dont une grande épidémie au Brésil en 2015 [1]. Au total, 92 pays et territoires ont signalé une transmission par moustiques [1]. Les cas ont diminué à l'échelle mondiale depuis 2017, mais la transmission persiste à bas niveau dans plusieurs pays des Amériques, d'Asie et d'Afrique, avec des flambées sporadiques [1].

Afrique. Les enquêtes sérologiques en Afrique indiquent surtout une circulation silencieuse du virus, et quelques flambées ont été documentées en Afrique tropicale [9].

République du Congo. Dans une étude sur 386 sérums de donneurs de sang volontaires prélevés en 2011 en zones urbaine et rurale, la séropositivité au virus Zika (test ELISA anti-NS1 puis neutralisation) était de 1,8 % (1,7 % en zone urbaine, 3,6 % en zone rurale) ; la majorité de la population était donc sans immunité contre ce virus, avec une transmission présumée péri-sylvatique [6]. Cette étude ne mesure pas l'incidence actuelle de la maladie [6].

République démocratique du Congo (pays voisin). Chez des enfants de 6 mois à 5 ans (enquête démographique et de santé 2013-2014), la séroprévalence d'anticorps neutralisants contre le virus Zika était de 0,1 % (IC95 % 0,0-0,5 %) ; 34 des 978 sérums (3,5 %) réagissaient au test ELISA, mais un seul des 31 sérums testés par neutralisation était confirmé, ce qui montre la prudence nécessaire devant les tests sérologiques [7].

Signes cliniques

Les symptômes, quand ils existent, débutent 3 à 14 jours après l'infection et durent 2 à 7 jours [1].

  • éruption cutanée faite de petites taches et papules, parfois avec démangeaisons [9] ;
  • fièvre, souvent légère, ou absence de fièvre [9] ;
  • rougeur des yeux sans pus (conjonctivite non purulente) [9] ;
  • douleurs articulaires et musculaires, fatigue, maux de tête [9] ;
  • plus rarement, douleur derrière les yeux et signes digestifs [9].

Ces signes ne permettent pas à eux seuls de reconnaître la maladie : la dengue et le chikungunya donnent des tableaux voisins et peuvent coexister avec elle [9,10].

Signes de gravité

Pendant la grossesse. L'infection peut provoquer un syndrome congénital de Zika : tête plus petite que la normale (microcéphalie), anomalies du développement du cerveau, troubles de l'alimentation et de la déglutition, perte de l'audition, atteintes de la vue, convulsions, contractures articulaires et raideur musculaire [5]. Elle peut aussi entraîner des pertes fœtales [9].

Certains nourrissons n'ont pas de microcéphalie à la naissance, ou paraissent sains, mais développent des problèmes plus tard ; les malformations peuvent survenir que la mère ait eu des symptômes ou non [5].

Fréquence. L'OMS estime que 5 à 15 % des enfants nés de mères infectées pendant la grossesse présentent des complications liées au virus [1]. Dans les registres des États et territoires des États-Unis, des malformations associées au virus sont survenues chez environ 5 % des bébés de femmes ayant une infection confirmée ou possible pendant la grossesse [5].

Complications neurologiques. Le syndrome de Guillain-Barré, une neuropathie et une myélite ont été rapportés chez l'adulte et l'enfant [1].

Diagnostic

Diagnostic clinique

Le diagnostic ne peut pas reposer sur les signes cliniques seuls, car ils ressemblent à ceux de la dengue et du chikungunya, et une co-infection est possible [9]. Toute personne chez qui un Zika est suspecté doit aussi être évaluée pour la dengue ou le chikungunya, en raison d'une répartition géographique et de symptômes similaires [10].

L'interrogatoire recherche le lieu de résidence ou de voyage, les piqûres de moustiques, une grossesse et une exposition sexuelle à risque (voir transmission) [1,2].

Examens biologiques

Test d'amplification des acides nucléiques (NAAT, dont la RT-PCR). Il détecte l'ARN du virus ; il doit être réalisé sur du sérum prélevé au plus 7 jours après le début des symptômes, et un résultat positif indique en général une infection aiguë [3]. Un résultat négatif n'exclut pas une infection récente, car l'ARN du virus est présent peu de temps et en faible quantité dans le sérum ; des faux positifs ont aussi été rapportés [3]. Le virus peut aussi être recherché dans d'autres liquides (urine, salive, liquide céphalo-rachidien, liquide amniotique, sperme, lait maternel) [9].

Recherche d'anticorps IgM. Elle est réalisée sur les sérums négatifs au NAAT et sur ceux prélevés plus de 7 jours après le début des symptômes [3]. Les IgM apparaissent dès la première semaine et persistent des mois à des années ; les réactions croisées avec d'autres flavivirus compliquent l'interprétation et les faux positifs sont plus fréquents qu'avec le NAAT [3].

Test de neutralisation par réduction des plages (PRNT). Il peut corriger un résultat IgM faussement positif et aider à identifier le virus en cause, mais il ne distingue pas toujours les flavivirus, surtout après une seconde infection par un flavivirus [3].

Femme enceinte symptomatique. Les prélèvements sont faits dès que possible, jusqu'à 12 semaines après le début des symptômes, avec un NAAT du virus Zika sur l'urine [3]. La dengue est recherchée en même temps [3].

Surveillance du fœtus. Après une infection confirmée ou possible, une échographie fœtale peut être répétée toutes les 3 à 4 semaines ; sa sensibilité dépend du moment de l'infection, de la gravité de l'anomalie, de l'équipement et de l'expertise [4]. L'amniocentèse n'a pas de rôle établi : elle est envisagée au cas par cas, pas avant 15 semaines de grossesse, et un résultat négatif n'exclut pas une infection congénitale [4].

Diagnostic différentiel

Les maladies à éliminer en priorité sont celles qui ont la même répartition géographique et des symptômes proches [10] :

  • la dengue, qui doit être écartée avant d'utiliser aspirine ou anti-inflammatoires, en raison du risque d'hémorragie [10] ;
  • le chikungunya, dont le diagnostic différentiel clinique reste difficile, avec possibilité de co-infection [9,10].

Évolution, complications et pronostic

Quand elle est symptomatique, la maladie dure en général 2 à 7 jours [1].

Les complications possibles sont neurologiques (syndrome de Guillain-Barré, neuropathie, myélite) [1] et, en cas d'infection pendant la grossesse, fœtales : perte fœtale et syndrome congénital de Zika [5,9].

Traitement

Il n'existe ni médicament antiviral, ni vaccin contre l'infection par le virus Zika [1,10]. La prise en charge est de soutien : repos, boissons abondantes et traitement de la douleur et de la fièvre par des antalgiques ou antipyrétiques [1,10].

L'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont à éviter tant que la dengue n'est pas écartée, pour réduire le risque d'hémorragie [10].

Pendant les premiers jours de la maladie, la personne infectée doit éviter les piqûres de moustiques, afin que d'autres moustiques ne s'infectent pas et ne transmettent pas le virus [10].

Prévention

Contre les moustiques. Porter des vêtements couvrant le plus possible le corps, poser des moustiquaires aux fenêtres et fermer les portes, utiliser des répulsifs (DEET, IR3535, icaridine) selon les instructions de l'étiquette, et dormir ou se reposer sous moustiquaire, de préférence imprégnée d'insecticide [1,9]. Il faut aussi éliminer les gîtes larvaires (petites collections d'eau) autour des habitations [1].

Par voie sexuelle. L'abstinence ou l'usage de préservatifs réduit le risque de transmission sexuelle [2,10]. L'OMS recommande que les femmes enceintes pratiquent des rapports protégés ou s'abstiennent pendant toute la grossesse, et que leurs partenaires sexuels fassent de même s'ils vivent ou reviennent d'une zone de transmission [1].

Au retour d'une zone de transmission. Dans les régions sans transmission, l'OMS conseille des rapports protégés ou l'abstinence pendant trois mois pour les hommes et deux mois pour les femmes [1]. L'OMS recommande aussi d'informer les personnes sexuellement actives et de leur proposer l'éventail complet des méthodes contraceptives [1].

Il n'existe pas de vaccin [1,2].

Quand consulter en urgence

Consultez un médecin en cas de fièvre avec éruption, rougeur des yeux ou douleurs articulaires, surtout après un séjour en zone de moustiques : la dengue et le chikungunya donnent des signes semblables [2,10].

Une femme enceinte exposée au virus ou ayant ces symptômes doit consulter sans attendre, même si les signes sont légers, car l'infection peut être sans symptôme et atteindre le fœtus [4,5].

Évitez l'aspirine et les anti-inflammatoires tant que la dengue n'est pas écartée [10]. Un médecin doit aussi être consulté en cas de faiblesse musculaire ou d'autres signes neurologiques, qui peuvent traduire un syndrome de Guillain-Barré [1].

Maladies associées

Sources et mise à jour

  1. OMS · Organisation mondiale de la Santé. Virus Zika (aide-mémoire). 2025. Version du 6 novembre 2025.
  2. Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention (CDC). About Zika Virus. 2026. Page mise à jour le 21 juillet 2026.
  3. Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Clinical Testing and Diagnosis for Zika Virus Disease. 2025. Page mise à jour le 19 novembre 2025.
  4. Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Clinical Considerations for Pregnant Women with Possible Zika Virus Infection. 2025. Page mise à jour le 31 janvier 2025.
  5. Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Congenital Zika Syndrome and Other Birth Defects. 2025. Page mise à jour le 31 janvier 2025.
  6. Revue à comité de lecture · Nurtop E, Moyen N, Dzia-Lepfoundzou A, et al. A Report of Zika Virus Seroprevalence in Republic of the Congo. Vector-Borne and Zoonotic Diseases. 2020;20(1):40-42. 2020. DOI 10.1089/vbz.2019.2466 ; PMID 31448988.
  7. Revue à comité de lecture · Willcox AC, Collins MH, Jadi R, et al. Seroepidemiology of Dengue, Zika, and Yellow Fever Viruses among Children in the Democratic Republic of the Congo. The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene. 2018;99(3):756-763. 2018. DOI 10.4269/ajtmh.18-0156 ; PMID 29988000.
  8. Revue à comité de lecture · Liang B, Guida JP, Costa ML, Mysorekar IU. Host and viral mechanisms of congenital Zika syndrome. Virulence. 2019;10(1):768-775. 2019. DOI 10.1080/21505594.2019.1656503 ; PMID 31451049.
  9. Référence professionnelle · European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). Factsheet about Zika virus disease. 2021. Fiche mise à jour le 31 mai 2021.
  10. Référence professionnelle · Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Treatment and Prevention of Zika Virus Disease. 2025. Page mise à jour le 31 janvier 2025.

Fiche mise à jour le 11 octobre 2026. Prochaine révision au plus tard le 11 octobre 2028.