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Artemether + Luméfantrine

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antipaludéen, schizonticide sanguin (ATC P01BF01).

Indications

Traitement du paludisme non compliqué à Plasmodium falciparum chez l'adulte, l'enfant et le nourrisson à partir de 5kg.

Posologie

Schéma en 6 prises sur 60h : première dose au diagnostic, puis à H8, H24, H36, H48, H60. Nombre de comprimés selon le poids (1cp de 5 à <15kg, 2 de 15 à <25kg, 3 de 25 à <35kg, 4cp ≥35kg). À prendre systématiquement avec un aliment gras ou une boisson lactée (absorption <10% de la dose à jeun). En cas de vomissement dans l'heure suivant la prise, redonner une dose complète. Pas de recommandation en dessous de 5kg.

Contre-indications

Hypersensibilité connue. Paludisme sévère selon la définition OMS. Prise concomitante de médicaments métabolisés par le CYP2D6 (métoprolol, imipramine, amitriptyline, clomipramine). Antécédents familiaux de mort subite ou de QT long congénital. Prise de médicaments allongeant le QTc. Arythmies cardiaques symptomatiques, bradycardie significative, insuffisance cardiaque congestive. Troubles électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésémie). Prise d'inducteurs puissants du CYP3A4 (rifampicine, carbamazépine, phénytoïne, millepertuis).

Mises en garde et précautions

Non recommandé au 1er trimestre de grossesse si une alternative efficace existe. Non évalué pour le paludisme sévère (neuropaludisme, œdème pulmonaire, insuffisance rénale) — changer de traitement sans délai si aggravation, avec surveillance ECG. Ne pas associer à un autre antipaludéen sauf absence d'alternative. Prudence en cas d'insuffisance hépatique ou rénale sévère (surveillance ECG et kaliémie). Ne pas dépasser deux cures. Respecter un délai d'au moins un mois après une cure d'halofantrine.

Interactions

Contre-indiquées : substrats du CYP2D6, inducteurs puissants du CYP3A4 (rifampicine réduit l'exposition à l'artéméther de 89%), médicaments allongeant le QT. À utiliser avec prudence : antirétroviraux (efavirenz et névirapine réduisent significativement l'exposition — risque d'échec thérapeutique), kétoconazole et autres inhibiteurs du CYP3A4, quinine et méfloquine en traitement séquentiel. Jus de pamplemousse : double l'exposition à l'artéméther. Contraceptifs hormonaux : efficacité possiblement réduite — contraception non hormonale complémentaire recommandée environ un mois.

Grossesse et allaitement

Données rassurantes sur plus de 1700 grossesses exposées (2e/3e trimestre) sans excès de malformation ; données plus limitées au 1er trimestre où le traitement n'est pas recommandé si une alternative existe, mais ne pas refuser en urgence vitale sans autre option. Allaitement à éviter pendant le traitement et au moins une semaine après la dernière dose (demi-vie longue de la luméfantrine, 2-6 jours), sauf si le bénéfice l'emporte clairement.

Effets indésirables

Très fréquents : perte d'appétit, céphalées, vertiges, palpitations, vomissements, douleurs abdominales, arthralgies, myalgies, asthénie, fatigue. Fréquents : troubles du sommeil, allongement du QT à l'ECG, toux, diarrhée, éruption cutanée, élévation des enzymes hépatiques. Rare : anémie hémolytique retardée (jusqu'à plusieurs semaines après l'arrêt).

Mécanisme d'action

Association fixe (ratio 1:6) agissant sur la vacuole digestive du parasite en perturbant la détoxification de l'hème. L'artéméther génère des métabolites réactifs toxiques via son pont peroxyde ; la luméfantrine interfère avec la polymérisation de l'hémozoïne. Bonne activité gamétocytocide. Résistance émergente en Asie du Sud-Est (clairance parasitaire retardée), non clairement établie en Afrique à ce jour.

Pharmacocinétique

Absorption augmentée jusqu'à 16x pour la luméfantrine avec un repas gras (composé très lipophile). Pic plasmatique à 2h (artéméther/DHA), 6-8h (luméfantrine). Forte liaison protéique (>95%). Métabolisme hépatique via CYP3A4 (effet de premier passage marqué pour l'artéméther, converti en dihydroartémisinine, métabolite actif). Élimination : demi-vie courte pour l'artéméther/DHA (~2h), très longue pour la luméfantrine (2-6 jours) — biliaire/fécale principalement.

Conservation

Température ambiante, ne pas dépasser 30°C

Source

RCP AFMPS/Pharma.be, RIAMET 20mg/120mg comprimés (Novartis), mise à jour 05/2026.

Noms commerciaux au Congo

Luméfantrine + Artemether

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antipaludéen - association à base d'artémisinine (ACT).

Indications

Traitement de l'accès palustre non compliqué à Plasmodium falciparum chez l'adulte, l'enfant et le nourrisson de plus de 5 kg. Non évalué dans le paludisme sévère (neuropaludisme, œdème pulmonaire, insuffisance rénale) ni dans le paludisme à P. vivax, P. malariae ou P. ovale. Non indiqué en prophylaxie.

Posologie

Comprimé à 20 mg d'artéméther/120 mg de luméfantrine. Cure de 6 prises sur 60 heures : première prise au diagnostic, puis 8, 24, 36, 48 et 60 heures après. Nombre de comprimés par prise selon le poids : 5 à < 15 kg, 1 comprimé ; 15 à < 25 kg, 2 comprimés ; 25 à < 35 kg, 3 comprimés ; ≥ 35 kg et ≥ 12 ans, 4 comprimés (24 comprimés au total). Nourrisson < 5 kg : aucune recommandation de dose. À prendre au cours d'un repas ou avec une boisson lactée (absorption très faible à jeun) ; reprendre l'alimentation normale dès qu'elle est tolérée. Vomissement dans l'heure suivant la prise : réadministrer une dose complète. Comprimés pouvant être écrasés chez le jeune enfant et le nourrisson. Sujet âgé, insuffisance rénale, insuffisance hépatique légère à modérée : pas d'adaptation ; prudence en cas d'insuffisance rénale ou hépatique sévère. Une seconde cure s'est montrée efficace en cas de réinfestation.

Contre-indications

Hypersensibilité aux substances actives ou à l'un des excipients. Traitement concomitant par un médicament métabolisé par le CYP2D6 (métoprolol, imipramine, amitriptyline, clomipramine, neuroleptiques). Traitement concomitant par un médicament allongeant l'intervalle QTc : antiarythmiques de classes IA et III, neuroleptiques, antidépresseurs, macrolides, fluoroquinolones, antifongiques imidazolés et triazolés, terfénadine, astémizole, cisapride, flécaïnide. Antécédents de troubles du rythme symptomatiques, bradycardie cliniquement significative, insuffisance cardiaque congestive avec baisse de la fraction d'éjection. Hypokaliémie ou hypomagnésémie. Traitement concomitant par un inducteur puissant du CYP3A4 (rifampicine, carbamazépine, phénytoïne, millepertuis).

Mises en garde et précautions

Allongement de l'intervalle QT possible, comme avec d'autres antipaludiques (halofantrine, quinine, quinidine) : respecter les contre-indications cardiaques et électrolytiques. Non évalué dans le paludisme grave : ne pas utiliser dans ce cas. Éviter l'association à un autre antipaludique (surveillance ECG si indispensable). Patients sous antirétroviraux ou inducteurs modérés du CYP3A4 : risque de perte d'efficacité antipaludique. Contraception hormonale : ajouter une méthode non hormonale pendant environ un mois. Prise indispensable avec des aliments ou une boisson lactée pour garantir l'absorption. Insuffisance hépatique ou rénale sévère : prudence. Contient moins de 1 mmol de sodium par comprimé.

Interactions

Contre-indiqués : médicaments métabolisés par le CYP2D6 (inhibé par la luméfantrine) ; médicaments allongeant le QTc ; inducteurs puissants du CYP3A4 (rifampicine : exposition à l'artéméther −89 %, à la DHA −85 %, à la luméfantrine −68 %). Autres antipaludiques : association déconseillée sauf absence d'alternative (surveillance ECG, correction électrolytique) ; quinine IV après Riamet : allongement du QTc majoré, surveiller l'ECG et tenir compte de la longue demi-vie de la luméfantrine ; après méfloquine : absorption de la luméfantrine diminuée, prendre au cours d'un repas. Inhibiteurs du CYP3A4 (kétoconazole…) : prudence (hausse de la luméfantrine, risque d'allongement du QT). Antirétroviraux : prudence — lopinavir/ritonavir (artéméther et DHA −40 %, luméfantrine × 2 à 3), névirapine (artéméther −72 % en ASC), éfavirenz (artéméther −50 %, DHA −45 %, luméfantrine −20 %) : risque de perte d'efficacité ou d'allongement du QT. Contraceptifs hormonaux systémiques : efficacité possiblement diminuée, ajouter une contraception non hormonale pendant environ un mois. Substrats du CYP3A4 : concentrations possiblement diminuées. Jus de pamplemousse : prudence (exposition à l'artéméther doublée).

Grossesse et allaitement

1er trimestre : utilisation non recommandée lorsque d'autres antipaludiques adaptés et efficaces sont disponibles (risque de grossesse pathologique non exclu ; effet embryotoxique de l'artéméther chez l'animal). 2e et 3e trimestres : données chez plus de 1 200 femmes sans augmentation des grossesses pathologiques ni effet tératogène ; traitement envisageable si le bénéfice pour la mère dépasse le risque potentiel pour le fœtus. Allaitement : ne pas allaiter pendant le traitement (passage dans le lait suggéré chez l'animal).

Effets indésirables

Adulte et adolescent — très fréquents : perte d'appétit, troubles du sommeil, céphalées, étourdissements, palpitations, vomissements, douleurs abdominales, nausées, myalgies, asthénie, fatigue ; fréquents : insomnie, paresthésies, mouvements cloniques, allongement du QT, toux, diarrhées, rash, prurit, troubles de la marche. Enfant — très fréquents : toux (22,7 %), vomissements (20,2 %), céphalées (17,1 %), perte d'appétit (16,8 %), douleurs abdominales (12,1 %) ; fréquents : fatigue, diarrhées, nausées, troubles du sommeil, étourdissements, allongement du QT (5,3 %), anomalies du bilan hépatique, rash. Peu fréquents : ataxie, hypoesthésie, somnolence, urticaire, anomalies du bilan hépatique (adulte). Réactions d'hypersensibilité : rares chez l'enfant, fréquence indéterminée chez l'adulte.

Mécanisme d'action

Schizonticide sanguin (code ATC P01BF01), association fixe artéméther/luméfantrine dans un rapport 1/6. Les deux principes actifs agissent dans la vacuole digestive du parasite en perturbant la transformation de l'hème toxique en hémozoïne : l'artéméther, dérivé de l'artémisinine, par des radicaux libres issus du clivage de son pont endoperoxyde par le fer de l'hème ; la luméfantrine en interférant avec la polymérisation de l'hème. Ils inhibent ensuite la synthèse des acides nucléiques et des protéines du parasite. Activité puissante sur l'élimination des gamétocytes.

Pharmacocinétique

Artéméther rapidement absorbé et métabolisé (premier passage, CYP3A4/5) en dihydroartémisinine (DHA) active ; pic d'environ 2 heures pour les deux ; demi-vie d'environ 2 heures. Luméfantrine très lipophile : absorption débutant dans les 2 heures, pic en 6 à 8 heures, métabolisée par le CYP3A4 ; élimination très lente (demi-vie de 2 à 6 jours), principalement fécale. Absorption fortement augmentée par un repas gras (artéméther × 2, luméfantrine × 16 chez le volontaire sain ; × 2 chez le patient impaludé) : moins de 10 % de la luméfantrine absorbée à jeun. Liaison aux protéines : 95,4 % (artéméther), 99,7 % (luméfantrine). Excrétion urinaire négligeable. Grande variabilité inter- et intra-individuelle.

Conservation

À conserver à une température ne dépassant pas 30 °C.

Source

RCP ANSM/BDPM, RIAMET 20 mg/120 mg, comprimé (CIS 65574434), rubriques 4.1 à 4.8, 5.1, 5.2 et 6.4.