Africa Medical DataUne plateforme de santé pour tous

Nom commercial : GENTOVIR 300MG CP B/30 (CIP 1256271). Principe actif : Tenofovir disoproxil fumarate.

Tenofovir disoproxil fumarate

Fiche sourcée à partir du RCP officiel. Classe : Antirétroviral - inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse.

Indications

Infection par le VIH-1 : en association à d'autres antirétroviraux chez l'adulte, et chez l'adolescent de 12 à moins de 18 ans en cas de résistance ou de toxicité empêchant l'utilisation des traitements de première ligne (choix guidé par les tests de résistance et l'historique thérapeutique chez les patients prétraités). Hépatite B chronique : chez l'adulte avec maladie hépatique compensée (réplication virale active, ALAT élevées, inflammation ou fibrose histologique), avec VHB résistant à la lamivudine ou avec maladie hépatique décompensée ; chez l'adolescent de 12 à moins de 18 ans avec maladie compensée et hépatite immunoactive.

Posologie

Traitement instauré par un médecin expérimenté dans la prise en charge du VIH et/ou de l'hépatite B. Adulte, et adolescent de 12 à moins de 18 ans pesant au moins 35 kg : 245 mg (un comprimé) une fois par jour, par voie orale, avec de la nourriture ; exceptionnellement, comprimé dispersé dans au moins 100 mL d'eau, de jus d'orange ou de raisin. Hépatite B : durée optimale inconnue ; chez l'AgHBe positif sans cirrhose, poursuivre au moins 12 mois après la séroconversion HBe confirmée ; chez l'AgHBe négatif sans cirrhose, au moins jusqu'à la séroconversion HBs ou la perte d'efficacité (arrêt envisageable après au moins 3 ans de suppression virale stable, avec surveillance) ; ne pas arrêter en cas de cirrhose ou de maladie décompensée. Oubli de moins de 12 heures : prendre la dose dès que possible avec de la nourriture ; au-delà, sauter la dose. Vomissement dans l'heure : reprendre un comprimé. Insuffisance rénale : clairance 50-80 mL/min, 245 mg/jour ; 30-49 mL/min, 245 mg toutes les 48 heures (surveillance étroite) ; < 30 mL/min et hémodialyse, non recommandé (à défaut d'alternative : toutes les 72-96 heures, ou tous les 7 jours après dialyse) ; pas de recommandation si clairance < 10 mL/min sans dialyse. Insuffisance hépatique : pas d'adaptation. Comprimé à 245 mg non adapté à l'enfant de 2 à moins de 12 ans ; efficacité non établie avant 2 ans.

Contre-indications

Hypersensibilité au ténofovir disoproxil ou à l'un des excipients.

Mises en garde et précautions

Proposer un dépistage du VIH à tout patient infecté par le VHB avant traitement. Le traitement ne prévient pas la transmission du VHB (précautions à maintenir). Fonction rénale : calculer la clairance avant traitement, puis contrôler clairance et phosphatémie à 2-4 semaines, à 3 mois, puis tous les 3 à 6 mois (plus souvent en cas de risque rénal) ; réévaluer sous une semaine si phosphatémie < 0,48 mmol/L ou clairance < 50 mL/min, et envisager l'interruption si clairance < 50 mL/min ou phosphatémie < 0,32 mmol/L. Tubulopathie parfois incomplètement réversible, surtout en cas de facteurs de risque rénaux ou de VIH avancé. Poussées d'hépatite après l'arrêt du traitement chez les patients infectés par le VHB : surveillance clinique et biologique étroite. Surveillance hépatique périodique. Acidose lactique (maladie hépatique décompensée). Sujet âgé : prudence (fonction rénale). Non recommandé chez l'enfant insuffisant rénal.

Interactions

Ne pas associer à d'autres médicaments contenant du ténofovir disoproxil ou du ténofovir alafénamide, ni à l'adéfovir dipivoxil ; didanosine non recommandée. Médicaments néphrotoxiques (aminosides, amphotéricine B, foscarnet, ganciclovir, pentamidine, vancomycine, cidofovir, interleukine-2) : éviter l'association ou une utilisation récente ; médicaments réduisant la fonction rénale ou en compétition pour la sécrétion tubulaire : concentrations augmentées ; tacrolimus : surveillance étroite. Atazanavir/ritonavir : atazanavir diminué, ténofovir augmenté (+37 %) ; lopinavir/ritonavir : ténofovir augmenté (+32 %). Faible risque d'interaction via le CYP450. Trithérapies de nucléosides/nucléotides (avec lamivudine et abacavir ou lamivudine et didanosine en une prise par jour) : échecs virologiques précoces fréquents.

Grossesse et allaitement

Grossesse : plus de 1 000 grossesses exposées sans malformation ni toxicité fœtale ou néonatale ; utilisation envisageable si nécessaire. Au 3e trimestre, associé à l'immunoglobuline et au vaccin anti-hépatite B chez le nouveau-né, il réduit la transmission du VHB de la mère à l'enfant. Allaitement : passage très faible dans le lait ; les mères infectées par le VHB traitées peuvent allaiter si le nouveau-né a bénéficié de la prévention de l'hépatite B à la naissance ; pour éviter la transmission du VIH, il est recommandé que les femmes vivant avec le VIH n'allaitent pas.

Effets indésirables

VIH : environ un tiers des patients présentent des effets indésirables, surtout digestifs légers à modérés. Hépatite B : environ un quart des patients, le plus souvent légers ; nausées (5,4 %) les plus fréquentes. Fréquents : asthénie, fatigue. Peu fréquente : tubulopathie rénale proximale (dont syndrome de Fanconi), pouvant entraîner des anomalies osseuses et rarement des fractures. Rares : insuffisance rénale, altération de la fonction rénale. Également rapportés : hypophosphatémie, élévation de la créatinine, acidose lactique parfois mortelle (surtout en cas de maladie hépatique décompensée ou de médicaments favorisants), ostéonécrose, syndrome de restauration immunitaire, prise de poids et élévation des lipides et de la glycémie sous traitement antirétroviral, poussées d'hépatite (ALAT > 10 fois la normale chez 2,6 % des patients sous traitement, et après l'arrêt), diminution de la densité minérale osseuse chez l'enfant et l'adolescent.

Mécanisme d'action

Antiviral inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse (code ATC J05AF07). Prodrogue transformée en ténofovir puis, dans les cellules, en ténofovir diphosphate, qui inhibe la transcriptase inverse du VIH-1 et la polymérase du VHB par compétition avec le substrat naturel puis arrêt de l'élongation de l'ADN ; faible inhibiteur des polymérases cellulaires, sans effet sur l'ADN mitochondrial in vitro.

Pharmacocinétique

Prodrogue ester rapidement absorbée et transformée en ténofovir. Biodisponibilité d'environ 25 % à jeun, augmentée d'environ 40 % (ASC) par un repas riche en graisses ; pic en 1 heure à jeun, 2 heures avec un repas. Pas d'interaction significative attendue via le CYP450. Élimination rénale (filtration et sécrétion tubulaire active) ; demi-vie terminale de 12 à 18 heures ; exposition augmentée en cas d'insuffisance rénale. Demi-vie intracellulaire du ténofovir diphosphate de 10 à 50 heures.

Conservation

Pas de précautions particulières de conservation.

Source

RCP européen (EMA), Tenofovir Disoproxil Viatris 245 mg, comprimés pelliculés (EMEA/H/C/004049), rubriques 4.1, 4.2, 4.4, 4.5, 4.6 et 4.8 ; compléments des RCP britanniques Viread (eMC 2895 : 5.1, 5.2, 6.4) et Tenofovir disoproxil 245 mg (eMC 8138 : 4.8, 5.2) ; traduction française.

Noms commerciaux au Congo

Noms commerciaux en France

TENOFOVIR DISOPROXIL ARROW, TENOFOVIR DISOPROXIL BIOGARAN, TENOFOVIR DISOPROXIL EG, TENOFOVIR DISOPROXIL SANDOZ, TENOFOVIR DISOPROXIL TEVA, TENOFOVIR DISOPROXIL VIATRIS, TENOFOVIR DISOPROXIL ZENTIVA LAB, TENOFOVIR DISOPROXIL ZYDUS, VIREAD.